3 min de lecture Cinéma

Cinéma français : ses techniques pour séduire le public américain

DÉCRYPTAGE / INTERVIEW - De "Quai d'Orsay" à "Samba", nombreuses sont les œuvres françaises à s'exporter outre-Atlantique. Entre affiches différentes et mise en avant du patrimoine français, leurs distributeurs font tout pour plaire au public local.

La Tour Eiffel et Julie Gayet ont été rajoutés sur l'affiche américaine de Quai d'Orsay
La Tour Eiffel et Julie Gayet ont été rajoutés sur l'affiche américaine de Quai d'Orsay
Martin Cadoret
Martin Cadoret

Le Festival international du film de Toronto a eu lieu début septembre au Canada. Comme le festival de Cannes, c'est là que les distributeurs américains repèrent les films étrangers qu'ils vont sortir sur leur territoire. Pour les productions françaises, il s'agit d'une vitrine importante. C'est après avoir bénéficié d'une ovation à Toronto que Samba, le film d'Éric Toledano et Oliver Nakache avec Omar Sy, est sorti aux États-Unis au début de l'été 2015. Pourtant, le public américain pourrait ne pas comprendre les références culturelles présentes dans les films français.

Jouer sur le casting et les prix

Comment vendre aux américains un film tel que Samba, qui parle d'immigration à travers un regard français ? "Les distributeurs locaux connaissent parfaitement leur public. S'ils pensent que le film a un potentiel malgré un sujet difficile à appréhender pour les spectateurs locaux, ils jouent sur d'autres leviers : le casting, les prix remportés en festival, les critiques", explique Isabelle Giordano, directrice générale d'Unifrance, l'organisme chargé de promouvoir le cinéma hexagonal. C'est pour cela que l'affiche de Samba met en avant Omar Sy, une tête connue des américains depuis ses rôles dans Jurassic Park et X-Menet fait référence à Intouchables, qui avait cartonné aux États-Unis. Malheureusement, Samba n'a pas obtenu le succès escompté sur le territoire américain.

L'affiche américaine de Samba
L'affiche américaine de Samba

Mettre en valeur le patrimoine français

Quand les Américains pensent France, ils pensent tour Eiffel, drapeau français et baguettes. Pas étonnant que ces symboles se retrouvent sur les affiches américaines de films français comme Quai d'Orsay, rebaptisé The French Minister. "Ce qui nous apparaît comme des clichés sont en fait des repères très utiles pour vendre le cinéma français ou plus généralement pour vendre la France. La tour Eiffel, la mode et la gastronomie restent des accroches fortes pour le public étranger. Cela peut paraître réducteur mais c'est aussi le signe que notre cinématographie est l'une des plus appréciées dans le monde", tempère Isabelle Giordano.

L'affiche américaine de Quai d'Orsay
L'affiche américaine de Quai d'Orsay

Mettre en avant le côté cinéma d'auteur

Elle s'en va, le film d'Emmanuelle Bercot avec Catherine Deneuve datant de 2013, a réussi une belle carrière dans les cinémas américains. Diffusé dans seulement une trentaine de cinémas américains maximum, le film a totalisé plus de 300.000 dollars de recettes. C'est deux fois plus que Samba, qui paraît pourtant bien plus accessible au grand public. "Sur ce territoire, il ne faut pas oublier que ce sont nos films d'auteurs qui sont appréciés", analyse Isabelle Giordano.

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Unifrance organise d'ailleurs souvent des masterclasses avec des cinéastes tels que Claire Denis, Bertrand Tavernier ou Olivier Assayas. Ces dernières rencontrent beaucoup de succès. "Les cinéastes français sont justement appréciés pour cela, pour leur capacité à réfléchir sur leurs œuvres. On nous colle facilement l’étiquette d'intellos du cinéma mondial et c’est plutôt tant mieux", s'amuse Isabelle Giordano. Des qualités qu'avait également vanté l'actrice américaine  Kristen Stewart, césarisée pour Sils Maria réalisé par Olivier Assayas.

Et si rien ne fonctionne ?

Si les distributeurs américains sentent qu'un film ne va pas fonctionner sur le territoire malgré son concept alléchant, ils négocient les droits d'un remake. "Quitte à ce que les films ne voient pas forcément le jour", rajoute la directrice d'Unifrance. C'est ce qui s'est produit pour le succès de 2009, Bienvenue chez les Ch'tis de Dany Boon. Racheté par la société de Will Smith, il devait sortir en 2012 mais a été annulé. D'autres scénarios français ont tout de même réussi à se frayer un chemin sur les écrans américains, comme The Dinner, un remake du Dîner de Cons, un grand classique du cinéma français.

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