3 min de lecture Mars

Mission ExoMars : le propulseur européen s'est écrasé à la surface de la planète

Le propulseur européen Schiaparelli devait se poser à la surface de la planète rouge, et préparer l'arrivée d'autres robots européens.

Une photo de la planète Mars, prise par la Nasa le 12 mai 2016 (illustration)
Une photo de la planète Mars, prise par la Nasa le 12 mai 2016 (illustration) Crédit : AP/SIPA
Nicolas Marischaël avec sa famille dans son atelier-boutique
La rédaction numérique de RTL
et AFP

Coup dur pour l'Europe spatiale. Celle-ci a essuyé un revers dans sa conquête de Mars, vendredi 21 octobre. Le module Schiaparelli s'est écrasé sur la Planète rouge après avoir rencontré un problème peu avant de toucher le sol, a annoncé l'Agence spatiale européenne qui a localisé l'engin ce vendredi. C'est la deuxième fois que l'Europe spatiale échoue à faire atterrir en douceur un engin sur Mars, treize ans après les mésaventures de l'atterrisseur britannique Beagle 2. Pour le moment, seuls les Américains ont réussi à poser sur Mars des engins qui sont parvenus à fonctionner.
                   
Schiaparelli s'était séparé dimanche 16 octobre de la sonde européano-russe TGO (Trace Gas Orbiter). Cinq jours plus tard, il est entré dans la fine atmosphère de Mars, six minutes avant l'atterrissage. Tout s'est grippé environ quelques dizaines de secondes avant l'impact. Son grand parachute de 12 mètres de diamètre semble avoir été éjecté trop tôt. Les rétrofusées, qui devaient le freiner, se sont activées très brièvement mais "elles ont été coupées prématurément par le système de contrôle" et n'ont pas eu le temps de consommer leur carburant, selon Michel Denis, directeur des opérations en vol de la mission ExoMars

Un "test" pour la mission européano-russe

TGO et Schiaparelli forment le premier volet d'ExoMars, mission scientifique européano-russe, qui vise à rechercher des indices d'une vie actuelle et passée sur Mars. Elle doit se dérouler en deux temps (2016 et 2020). L'atterrisseur était "un test", selon le directeur général de l'ESA, Jan Woerner. "Nous avons fait tout cela pour avoir des données sur la façon d'atterrir sur Mars avec la technologie européenne", a-t-il affirmé. "Les données que nous allons récupérer (...) nous serviront pour comprendre comment" préparer l'atterrissage d'un robot mobile sur Mars en 2020. Cette année-là, l'Europe et la Russie prévoient d'envoyer sur Mars un gros rover. Il effectuera des forages pour tenter de retrouver des traces d'une vie bactérienne passée. 

Le problème de Schiaparelli "ne va pas remettre en cause" ExoMars 2020, a assuré Michel Denis. "Nous avons toutes les informations nécessaires pour faire des rectifications et rendre le système d'atterrissage du rover plus robuste", a-t-il dit. Un groupe de travail a été mis en place "pour tirer les leçons" de cet épisode et "corriger" ce qui n'a pas fonctionné. En 2020, c'est la Russie qui fournira la plateforme d'atterrissage qui amènera le robot mobile sur Mars mais les Européens fournissent plusieurs équipements importants notamment l'ordinateur de bord et un radar. Les mésaventures de Schiaparelli ne vont pas faciliter la tâche de l'ESA qui est à la recherche d'un financement complémentaire de 300 millions d'euros pour ExoMars. Le coût budgété des deux missions est actuellement de 1,5 milliard d'euros mais cela n'est pas suffisant.

L'ESA, qui était sans nouvelles du module depuis deux jours, a été fixée sur son sort grâce à une photo prise par la sonde américaine MRO en orbite autour de la planète rouge. Le cliché, reproduit ci-dessous, montre l'apparition d'un petit cratère après le crash du module. Schiaparelli "est arrivé à une vitesse beaucoup plus rapide que prévu à la surface de Mars", a expliqué Thierry Blancquaert depuis les locaux de l'ESA à Darmstadt. 

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L'Europe et la Russie spatiales, associées au sein de la mission ExoMars, n'auront donc pas réussi à faire atterrir sur Mars le premier atterrisseur européen de l'histoire. Un défi technologique de taille pour l'Agence spatiale européenne : jusqu'à présent, seuls les Américains ont réussi à poser sur Mars des engins qui sont parvenus à fonctionner ensuite, les rovers Curiosity en 2012 et Opportunity deux ans plus tard. Pour le reste, neuf échecs pour vingt tentatives ont été enregistrés jusqu'à présent.

Schiaparelli faisait partie de la mission ExoMars, qui devait préparer l'arrivée de l'Agence spatiale européenne sur Mars, et notamment d'autres robots afin d'étudier la planète. Une partie de la mission est néanmoins une réussite. Au centre de contrôle de l'ESA, les ingénieurs de la mission ont eu la confirmation mercredi que la sonde TGO était bien en orbite de Mars. Il y a désormais deux satellites européens autour de Mars : Mars Express depuis 2003 et TGO depuis mercredi.

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