3 min de lecture

Pacs amical, congé pour un ami, héritage : les propositions surprises de Clémence Guetté pour revaloriser l'amitié

Dans un livre à paraître le jeudi 27 août, la députée insoumise Clémence Guetté propose de créer plusieurs mesures visant à donner un cadre légal et professionnel à l'amitié.

Clémence Guetté à l'Assemblée nationale, le 13 janvier 2026

Crédit : Ludovic MARIN / AFP

Pacs amical, congé pour un ami, héritage : les propositions surprises de Clémence Guetté pour revaloriser l'amitié

00:05:21

Marie-Pierre Haddad

Je m'abonne à la newsletter « Politique »

Mettre RTL en favori sur Google

Faut-il une politique de l'amitié au même titre qu'il existe une politique de la famille ? C'est la question soulevée, ce mercredi 26 août, par Clémence Guetté. La députée la France insoumise du Val-de-Marne publie, jeudi 27 août, son premier livre intitulé Pour une politique de l'amitié dans lequel elle propose la création d'un cadre légal à ceux qui se sentent "étouffés" dans le cadre familial dit traditionnel. Un projet qu'elle qualifie de "féministe" et "progressiste".

Pacs amical, congé deuil ou naissance, héritage... Clémence Guetté propose différentes mesures. Invitée à l'antenne de RTL, l'élue insoumise estime que le système du couple et de la famille traditionnelle "s'érode". "Beaucoup de gens s'y reconnaissent, mais beaucoup de gens aussi complètent leur existence par d'autres liens affectifs, et notamment leurs amitiés, qui ont une place très importante dans leur vie", indique-t-elle. 

Une nouvelle version du pacs ?

Elle en appelle ainsi à "renouveler le pacs". Comment ? "En faisant sauter le critère de la cohabitation" et en ouvrant "cette solidarité à des amis. Concrètement, cela permettrait de proposer "des obligations de solidarité matérielle".

Autre proposition formulée dans le livre Pour une politique de l'amitié : un congé pour deuil amical qui s'appliquerait par exemple dans le cadre du décès d'un ami très proche. Actuellement, la loi permet à un salarié dans le privé de prendre un congé en cas de mort de membres de sa famille (enfant, mari, femme, partenaire de Pacs, concubin ou parent). La durée du congé varie selon le lien de parenté avec la personne décédée.

Des mesures à destination des familles monoparentales

Parmi les propositions évoquées dans son livre, la vice-présidente de l'Assemblée nationale souhaite augmenter le congé maladie pour les familles monoparentales. "Un quart des familles françaises sont des familles monoparentales", souligne l'élue qui rappelle qu'il s'agit en grande majorité de femmes seules. 

À écouter aussi

"Ces mamans solos ont cinq jours de congé pour un enfant malade par an dans leur entreprise quand elles travaillent dans le privé. Du fait qu'elles ne sont pas en couple, elles n'ont pas les dix jours (que peuvent avoir les familles "traditionnelles", ndlr)", poursuit-elle sur RTL. Cette proche de Jean-Luc Mélenchon propose de" doubler le nombre de jours auxquels elles auraient droit vu qu'elles sont seules". "Je propose aussi qu'elles puissent les transférer à un ou une amie avec qui elles peuvent élever cet enfant", ajoute-t-elle. 

Clémence Guetté précise que ces propositions n'impliquent pas de changements des règles actuelles, mais plutôt un ajout. "On ne retire rien à personne en donnant des droits nouveaux", plaide-t-elle. 

Des amis qui deviennent une famille

Faut-il mettre sur le même plan les relations amicales et les liens familiaux ? "C'est primordial", selon Sylvie vivant à Saint-Philbert de Grand Lieu, près de Nantes. "Je pense que les valeurs sont en train de changer. Mes amis sont là depuis très longtemps et ils ont l'histoire de ma vie", confie-t-elle.

Guillaume témoigne en rappelant le rôle de certaines amitiés et partage son expérience. "Mon meilleur a mi a perdu sa grand-mère, c'était plus que ses propres parents et il n'a pas de famille. Il était content que ses amis soient là (pour l'enterrement) ce jour-là", partage-t-il. "La famille, ça ne fait pas tout", poursuit-il. 

Mais faut-il aller jusqu'à légiférer ? Pour Thérèse, avec ses propositions la députée insoumise s'immisce dans la vie privée des Français. "Tous ces braves gens payés avec nos impôts doivent arrêter de nous dire comment nous devons vivre, penser, élever nos enfants. On a encore la liberté de mener sa vie comme on l'entend", assure-t-elle. 

Des propositions perçues comme "intrusives"

Nicolas, lui, évoque "le droit de choisir" notamment "choisir sa famille affective plutôt que biologique". "Pendant longtemps, n'ayant pas d'enfant, pas d'héritier direct, je me suis souvent posé la question de qui va hériter quand je ne serais plus là. Je trouve ça logiquement que ce soit une personne qui nous entoure au quotidien, plutôt qu'un vague cousin que je n'ai pas vu depuis trente ans", explique-t-il au micro de RTL.

Françoise, elle, s'interroge sur la priorité et l'urgence de ce type de mesures. "J'attends que les partis politiques soient sur des débats concernant le pouvoir d'achat", plutôt que "des débats sur l'amour et l'amitié, explique-t-elle. C'est intrusif, on nous dit comment vivre. On nous préconise des faits de sociétés, mais j'estime que l'on a notre libre arbitre", ajoute-t-elle.

La rédaction vous recommande
À lire aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée