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Le monte-charge ayant servi pour le cambriolage du Louvre
Crédit : Dimitar DILKOFF / AFP
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En quelques minutes seulement, quatre voleurs ont signé ce qui reste comme le casse le plus spectaculaire du XXIe siècle : le braquage des bijoux de la Couronne au Louvre. Dans le livre Main basse sur le Louvre, publié chez Flammarion, Jean-Michel Décugis, grand reporter au Parisien, Nicolas-Charles Torrent, rédacteur en chef à Paris Match, et Jérémy Fœli, journaliste au Monde, retracent ce casse survenu le 19 octobre 2025 et l’enquête qui a suivi. Un récit minutieux, nourri de détails mais aussi d’interrogations qui demeurent encore sans réponses.
Invités sur RTL, jeudi 28 mai, Jean-Michel Décugis et Nicolas-Charles Torrent racontent d’abord la sidération provoquée par ce vol commis en seulement quelques minutes. "Entre le moment où ils arrivent devant le Louvre avec les deux scooters et le camion nacelle, et le moment où ils quittent le Louvre, c’est neuf minutes", rappelle Nicolas-Charles Torrent.
Une opération éclair, menée sans véritable opposition. "Il n’y a pas de résistance parce que les agents d’accueil ne sont pas des agents de sécurité. Donc leur première mission, c’est de mettre le public à l’abri", souligne-t-il.
L'enquête des trois journalistes montre aussi à quel point ce vol frappe par sa portée symbolique. Car au-delà du butin, c’est le Louvre lui-même qui a été atteint. "Ils ont en quelque sorte désacralisé le Louvre", résume Nicolas-Charles Torrent. Selon lui, c’est ce qui distingue cette affaire d’autres vols d’œuvres ou de bijoux dans des musées : "Le Louvre, c’est particulier, c’est une puissance symbolique extraordinaire".
Jean-Michel Décugis insiste, lui, sur l’audace du mode opératoire. "C’est vrai que c’est insensé de passer par une fenêtre pour aller voler ces bijoux qui ont une valeur inestimable", explique-t-il. Pour les enquêteurs, cette méthode spectaculaire a d’abord laissé penser à l’action de "professionnels chevronnés du grand banditisme". Mais très vite, l’enquête révèle aussi des maladresses, notamment des traces ADN laissées sur la nacelle utilisée pour pénétrer dans le musée.
L’un des grands mystères du dossier reste le choix des bijoux volés. Certaines pièces majeures, comme le diamant du Régent, n’ont pas été emportées. "Ça c'est une énigme ? C'est la grande question que se posent les enquêteurs. Ils ont cru qu'il y avait un commanditaire qui avait décidé qu'il ne fallait pas voler le bijou du régent, qui est effectivement évalué à 51 millions d'euros. Ils sont passés à côté. Est-ce qu'ils l'ont raté ? C'est possible aussi. Donc, tout est ouvert", observe Jean-Michel Décugis.
Jean-Michel Décugis rappelle d’ailleurs que, malgré les interpellations rapides, l’affaire reste ouverte. "Il y a deux hypothèses : soit les bijoux sont toujours en France et pas loin d’Aubervilliers, soit les bijoux ont été écoulés", explique-t-il. Une incertitude qui nourrit encore aujourd’hui la fascination autour de ce dossier.
Avec Main basse sur le Louvre, les trois journalistes signent donc bien plus que le récit d’un braquage. Ils racontent une enquête policière hors norme, les failles d’un lieu ultra-symbolique, et le mystère persistant d’un trésor disparu.
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