2 min de lecture Euthanasie

Procès Bonnemaison : "Mon père voulait être euthanasié", assure la fille d'un patient

La fille d'un patient de Nicolas Bonnemaison a déclaré qu'elle avait ouvertement demandé au docteur de mettre fin à la vie de son père.

Nicolas Bonnemaison à la sortie de sa comparution devant la cour d'appel de Pau, le 6 septembre 2011
Nicolas Bonnemaison à la sortie de sa comparution devant la cour d'appel de Pau, le 6 septembre 2011 Crédit : AFP / PIERRE ANDRIEU
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

"Il ne l'a pas tué, il l'a aidé à partir dignement". La fille d'un patient de Nicolas Bonnemaison a assuré vendredi 13 juin qu'elle avait demandé ouvertement au docteur de mettre un terme à la fin de son père, âgé de 66 ans et atteint de cinq cancers. 

Nicolas Bonnemaison, 53 ans, poursuivi pour "empoisonnement sur personnes particulièrement vulnérables" est accusé d'avoir administré à sept patients en fin de vie des médicaments hors du protocole de soins et sans avis d'autres médecins. Aucune famille de victime n'a porté plainte. Seuls des proches de deux victimes se sont portés parties civiles.

J'ai informé le Dr Bonnemaison que mon père voulait être euthanasié

Isabelle Dhooge, fille d'un patient
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Isabelle Dhooge, 40 ans, a raconté par visio-conférence les dernières heures de son père, Fernand Dhooge, plongé dans le coma et hospitalisé dans l'unité du docteur Bonnemaison. "Il était recroquevillé, dans un état végétatif", a-t-elle expliqué, indiquant qu'elle savait qu'il ne restait à son père "plus beaucoup de temps à vivre". Malade depuis 1995, il était décédé le 30 mars 2010, au lendemain de son admission à l'hôpital de Bayonne.

"J'ai informé le docteur Bonnemaison de vive voix que mon père voulait partir dans la dignité, qu'il ne voulait pas d'acharnement thérapeutique. Il a dit que la décision avait été comprise", a-t-elle indiqué, avant de répéter: "J'ai informé le docteur Bonnemaison que mon père voulait être euthanasié".

On a eu le temps de lui dire au revoir

Isabelle Dhooge, fille d'un patient
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La jeune femme a également raconté avoir demandé que le médecin n'utilise pas de "chlorure de potassium", mais quelque chose de "plus doux". Elle a ensuite relaté comment, son père ayant reçu l'extrême-onction, elle avait donné son accord "par un signe de tête" pour une injection, à laquelle elle a dit toutefois ne pas avoir directement assisté. Elle a précisé qu'il s'agissait, selon elle, de morphine et qu'aucune mention d'utilisation de curare ne lui avait été signifiée.

Selon elle, le décès est intervenu "5 à 10 minutes" plus tard. "On a eu le temps de lui dire au revoir", a-t-elle poursuivi, avant d'ajouter: "Une vie ne suffirait pas pour remercier le Dr Bonnemaison." "Il ne l'a pas tué, il l'a aidé à partir dignement"." Merci! Grâce à vous cela a été moins difficile", a lancé à sa suite, en pleurs, Patricia Dhooge, deuxième épouse de M. Dhooge à l'adresse de l'urgentiste. "C'est pas possible de dire des mots à ce moment-là", a-t-elle plaidé.

Isabelle Dhooge s'est dite choquée qu'elle et ses deux frères n'aient pas été interrogés par la justice sur le cas de leur père. "C'est comme si nous n'avions pas existé", a-t-elle déploré.

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