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Les violences policières au cœur d'un procès pour diffamation

Une femme est jugée pour diffamation ce lundi. Elle avait accusé les policiers de "commettre des violences en toute impunité" après la mort de son petit-frère.

Noisy-le-Sec le 5 mai 2012. Amal Bentounsi (à droite) dans une manifestation contre les violences policières.
Noisy-le-Sec le 5 mai 2012. Amal Bentounsi (à droite) dans une manifestation contre les violences policières. Crédit : AFP / MEHDI FEDOUACH
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

Les violences policières sont au cœur d'un procès pour diffamation ce lundi 7 avril. Amal Bentounsi, soeur d'Amine Bentounsi, tué d'une balle dans le dos le 21 avril 2012 à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis), est poursuivie pour "diffamation publique envers une administration publique". Elle avait déclaré dans une vidéo publiée sur son site : "Vous voulez commettre des violences, crimes, en toute impunité sans être inquiété ? La police recrute".

Très émue, cette mère de famille a raconté comment "tout a basculé" à la mort de son petit frère. Cette commerçante s'est retrouvée alors au "bord de la route", "victime collatérale" du drame. "Pour moi, ça a été trop fort, trop lourd. (...) Il fallait que je crie, il fallait que ça sorte. C'est pour ça que j'ai créé ce site et que par un soir dramatique, j'ai monté ce clip", s'est-elle expliquée. Dans la salle d'audience, de nombreux amis et militants associatifs étaient venus la soutenir.

Le policier mis en examen pour homicide volontaire

Amal Bentounsi a reconnu le "courage" le magistrat qui a mis en examen pour homicide volontaire le policier en cause, qui a argué de la légitime défense. Mais elle a  toutefois regretté que ce dernier "continue à percevoir son salaire en attendant son procès et pour l'instant, il n'est pas en détention provisoire". "Est-ce qu'un justiciable policier a plus de droits qu'un justiciable ouvrier?" s'est-elle interrogée.

Quatre témoins ont décrit les violences policières qu'ils combattent et exprimé le sentiment d'impunité des policiers ressenti dans certains quartiers. "Amal est une victime. Nous sommes des victimes et nous sommes traités comme des agresseurs", a déploré Farid El-Yamni, frère de Wissam El-Yamni, décédé à 30 ans, après avoir été interpellé dans des conditions controversées la nuit de la Saint-Sylvestre 2011 à Clermont-Ferrand. Deux policiers ont été mis en examen dans cette affaire.

S'exprimer sur un blog n'est pas un "bon vecteur"

"Je ne suis pas certaine" que le blog soit le "bon vecteur" pour la "thérapie personnelle" de la prévenue, ni pour faire "avancer son dossier" ou faire "avancer le débat citoyen", a commenté la procureure Aurore Chauvelot. "Est-ce que pour autant les propos de Mme Bentounsi dépassent les limites admissibles de la liberté d'expression dans une société démocratique ? Je ne le crois pas", a-t-elle poursuivi. La décision sera rendue le 28 mai. 

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Une femme est jugée pour diffamation ce lundi. Elle avait accusé les policiers de "commettre des violences en toute impunité" après la mort de son petit-frère.
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2014-04-07 13:54:26
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