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Le Maroc va autoriser l'avortement en cas de viol et de malformation

Le Palais Royal s'est prononcé en faveur des interruptions de grossesse dans "quelques cas de force majeure", face au fléau des avortements clandestins.

Le roi Mohammed VI, en 2014
Le roi Mohammed VI, en 2014
Crédit : FETHI BELAID / AFP
Christophe Chafcouloff & AFP

Le Maroc va autoriser l'avortement dans de nouveaux cas au terme d'un vif débat sur le fléau des avortements clandestins dans le royaume. Le Palais Royal retient "quelques cas de force majeure", notamment dans les situations de "grossesses (qui) résultent d'un viol ou de l'inceste", ou encore de "graves malformations et maladies incurables que le foetus pourrait contracter", comme l'affirme le communiqué publié au terme d'une audience royale lors de laquelle les ministres de la Justice et des Affaires islamiques ainsi que le  président du Conseil national des droits de l'Homme (CNDH) ont remis leurs avis.

Quelques rares exceptions face à un droit rigoureux

Cette légalisation, qui restera strictement limitée à ces uniques situations, est cependant à relativiser dans la mesure où des consultations ont montré que "l'écrasante majorité penche pour la criminalisation de l'avortement illégal", est-il écrit.

Le roi Mohammed VI a donné ses instructions pour "traduire les conclusions de ces consultations en un projet de dispositions juridiques", dans le but de les inclure dans le code pénal, dont la prochaine refonte est actuellement largement débattue. La loi autorisait jusque-là l'avortement dans les seuls cas où la santé de la femme était en danger, dans un pays de 34 millions d'habitants où les relations hors mariage restent interdites au nom du conservatisme religieux. Dans les autres cas et malgré ces ajustements, les dispositions légales punissent toujours les interruptions volontaires de grossesse (IVG) de peines allant de un à cinq ans de prison ferme.

Détresse sanitaire et fléau des enfants abandonnés

La question sensible et préoccupante des centaines d'avortements clandestins pratiqués chaque jour au Maroc a resurgi dans l'actualité en début d'année, entraînant un profond débat dans l'opinion. Le roi s'était saisi du dossier, réclamant des "consultations élargies". En l'absence de statistiques officielles sur le sujet, des associations estiment qu'entre 600 et 800 avortements clandestins sont pratiqués chaque jour au Maroc, dans des conditions sanitaires parfois désastreuses. Dans le même temps, les grossesses non désirées renforcent le phénomène des "mères célibataires" et l'abandon d'enfants, jusqu'à 150 par jour affirment des ONG. 

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