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Il filmait ses hôtes de couchsurfing sous la douche : 6 mois ferme pour un ingénieur de 37 ans

Afin de faire durer cette observation, l'ingénieur d'ERDF versait de l'acide chlorhydrique dans le gel douche.

Une femme prenant une douche (illustration)
Une femme prenant une douche (illustration)
Aymeric Parthonnaud & AFP

Un ingénieur de 37 ans a été condamné mardi 2 septembre 2015 à Marseille à deux ans de prison dont 18 mois avec sursis et mise à l'épreuve pour avoir filmé sous leur douche des touristes étrangères qu'il accueillait chez lui via le site couchsurfing.com. Le prévenu, employé chez ERDF, proposait via ce site son canapé à ses victimes. Grâce à un trou aménagé dans un placard de sa chambre, le cadre observait et filmait ses hôtes sous la douche et afin de faire durer cette observation, il versait de l'acide chlorhydrique dans le gel douche. "Je voulais que les filles se douchent plus longtemps, qu'elles y restent davantage et qu'elles se frottent pour éliminer le produit", a-t-il confirmé au  cours de l'enquête, reconnaissant mardi devant le tribunal correctionnel de Marseille se sentir "terriblement honteux".

Tête baissée, visage empourpré, le prévenu a avoué un trouble de voyeurisme ancien, assurant qu'il regardait déjà sous la jupe de sa maîtresse à la maternelle. En 2009, à Bordeaux, il avait été surpris tentant de photographier une femme dans la cabine de douche d'une piscine. L'affaire qui lui a valu de comparaître mardi avait débuté en juillet 2012 avec la plainte d'une jeune touriste berlinoise à laquelle du Lexomil avait été administré sur une tartine de pain beurré. De l'acide avait été ajouté dans son propre gel douche et dans sa culotte, "afin qu'elle reprenne sa douche et qu'elle se frotte intensément au niveau du sexe pendant que je la regardais", avait reconnu l'ingénieur au cours de l'enquête.

Il a administré des médicaments à certaines voyageuses

Depuis 2006, il estime avoir proposé gratuitement son canapé rouge à une quarantaine de voyageurs, principalement des jeunes femmes mais assure n'avoir observé que cinq ou six d'entre elles. L'enquête n'a pas recherché d'autres victimes, bien que le prévenu ait avoué avoir administré du Lexomil à une jeune Tchèque et un médicament à une touriste polonaise. "Ce qui m'intéressait, c'était braver l'interdit, ce n'était pas forcément sexuel. C'était voir sans être vu", a-t-il expliqué.

L'expert psychiatre a conclu à une altération de son discernement en raison d'une "perversion de type voyeuriste de longue date", circonstance dont le tribunal a tenu compte. Les faits ont été commis alors que le prévenu consultait déjà un psychologue auquel il n'a pas jamais avoué ses pratiques de voyeurisme. Aux yeux de Me Laure Chazalet, avocate de la jeune Allemande, "il est quelqu'un de lisse, il n'inspire pas de méfiance. Ce qui le rend dangereux c'est justement qu'il ne paraît pas l'être". Me Géraldine Méjean, qui défendait le prévenu, a souligné l'absence d'une quelconque agression sexuelle chez cet homme "encore immature mais extrêmement intelligent". Le tribunal lui a aussi imposé une obligation de soins.

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