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Le Groenland freine Donald Trump : pourquoi son rêve de ruée vers le pétrole est loin d’être gagné

Après l'accord signé par Washington, Copenhague et les autorités groenlandaises en septembre, Donald Trump veut pousser l'emprise américaine sur les ressources minières et pétrolières du territoire autonome danois. Il a annoncé une exploration "massive" à venir. Ce que dément formellement le Groenland, où l'exploitation de pétrole est interdite depuis 2021.

Des hommes hissent un drapeau groenlandais près des bureaux de vote à Nuuk, au Groenland, le 24 mars 2026, lors des élections législatives au Danemark.

Crédit : Florent VERGNES / AFP

Quentin Menu

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Donald Trump est obsédé par le Groenland. Après avoir menacé de s'emparer du territoire autonome danois, entraînant un violent bras de fer avec la première ministre du Danemark Mette Frederiksen et ses alliés de l'OTAN, le président américain s'était félicité d'avoir trouvé un accord avec Nuuk et Copenhague pour sécuriser la présence militaire des États-Unis sur cet énorme bout de terre situé dans l'Arctique.

Mais l'accord, signé fin septembre à New York, ne contient que des dispositions militaires et sécuritaires et ne comporte pas de clauses sur l'exploitation des ressources minières et pétrolières du territoire. Sauf que Trump a l'habitude de présenter sa propre lecture des traités. Lui qui cherche à tout prix à faire baisser le prix du pétrole avant les élections de mi-mandat du 3 novembre a donc déclaré sans ambages mercredi sur son réseau social, Truth Social : "L'exploration massive de pétrole, de gaz et de minéraux est sur le point de commencer dans notre nouveau et magnifique Groenland !"

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Cette déclaration fracassante a de suite été relativisée par les autorités groenlandaises. Le ministre de l'Exploitation minière Jørgen Hammeken-Holm a déclaré à CNN qu'il y avait bien une activité d'entreprises américaines, mais qu'il s'agissait en réalité "d'explorations de moindre envergure [qui] pourraient prendre des années avant qu'elles ne deviennent opérationnelles". "Nous sommes encore très loin d’une exploration 'massive'", a-t-il précisé.

"Notre monde a toujours besoin de pétrole"

D'après le service géologique des États-Unis (USGS), le Groenland et son espace maritime abritent des milliards de barils de pétrole encore inexploités – 7,8 milliards de barils rien que dans la zone couvrant l'est du Canada et l'ouest du territoire, selon un rapport de juillet 2025 –, une ressource alléchante en ces temps de flambée mondiale du prix du pétrole. 

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Sauf que Nuuk et le Danemark comptent bien protéger leur souveraineté et freiner le locataire de la Maison blanche dans sa soif de pétrole. D'autant que l'exploration et l'exploitation d'or noir sont tout simplement interdites au Groenland depuis une décision du gouvernement en 2021. 

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En août, les révélations qu'une entreprise américaine, Greenland Energy, avait commencé à acheminer du matériel pour entamer des forages sur des concessions obtenues avant le moratoire avaient soulevé des inquiétudes localement. L'entreprise avait alors décidé d'interrompre ses opérations jusqu'à l'hiver 2027. 

Mercredi, l'annonce de Donald Trump a entraîné une hausse de 76% de l'action du groupe pétrolier, selon Business Insider. Son PDG, Robert Price, répétait sur CNN fin septembre : "Notre monde a toujours besoin de pétrole", indiquant qu'il estimait à 30 milliards de barils la quantité de pétrole exploitable dans ses concessions groenlandaises.

La réplique danoise et groenlandaise

Le gouvernement danois, par la voix du ministère des Affaires étrangères, a rappelé à Washington le droit international, soulignant que l'accord sécuritaire signé en septembre ne concernait pas les ressources du territoire. "L’accord n’accorde aux investisseurs américains aucun traitement préférentiel par rapport aux investisseurs des autres pays de l’OTAN, des pays de l’UE et des partenaires de l’OTAN en ce qui concerne l’accès aux ressources naturelles du Groenland", a indiqué le ministère.

À Nuuk, les parlementaires groenlandais ont aussi répliqué à l'annonce de Donald Trump en proposant une législation interdisant temporairement l'exploitation minière en eaux profondes. Le gouvernement soutient l'initiative et a annoncé qu'il présenterait le texte de loi lors de la prochaine session du Parlement au printemps, rapporte l'agence de presse danoise Ritzau. L'interdiction serait valable jusqu'au 31 décembre 2029, soit quelques mois après le départ du républicain de la Maison Blanche.

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