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Des navires au large de la plage de Suru, à Bandar Abbas, dans le détroit d'Ormuz, le 1er juin 2026.
Crédit : AMIRHOSSEIN KHORGOOEI / ISNA / AFP
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La reprise du trafic maritime reste très difficile dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique où transite 20% des hydrocarbures, malgré la signature d’un protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran la semaine dernière. Donald Trump refuse catégoriquement l’idée d’un péage, que Téhéran entend pourtant instaurer. Le texte prévoit qu’aucune redevance ne sera appliquée pendant les 60 jours de négociations. Mais au-delà de cette période, l’incertitude demeure.
Téhéran répète que la gestion du système de navigation dans ce passage stratégique pour l'économie mondiale, ne sera pas le même après la guerre qu'avant le conflit. Certes, l'Iran ne réclamerait pas un droit de passage à chaque navire, mais plutôt le paiement de services liés à la sécurité de la navigation et à l'environnement, un peu comme la Turquie le fait au Bosphore et au Dardanelles.
Oman, qui partage le détroit avec son voisin iranien, étudie avec Téhéran des coûts qui pourraient être facturés pour des services liés à l'administration du détroit. Le sultan d'Oman sera dimanche et lundi en visite officielle à Paris. Nul doute qu'Emmanuel Macron cherchera lui aussi à en savoir un peu plus.
Même si c'est illégal en droit maritime international, pour l'Iran, c'est une affaire de gros sous. Il faut reconstruire les infrastructures industrielles et de défense qui ont été détruites par la guerre. Le coût de cette reconstruction est estimé entre 300 et 400 milliards de dollars. Or, dans les calculs iraniens, le paiement des droits de passage à Ormuz rapporterait environ 40 milliards par an.
Sur 10 ans, Téhéran financerait ainsi sa reconstruction, sachant que le protocole d'accord américano-iranien reste vague sur la création d'un fonds de 300 milliards pour financer justement cette reconstruction. Quoi qu'il en soit, si le trafic a redémarré Ormuz, l'Iran contrôle toujours étroitement les routes maritimes proches de ses côtes, exigeant des autorisations sélectives.
Les gardiens de la Révolution ont averti, jeudi 25 juin que les navires passant par le couloir romanais, sous surveillance de la marine américaine, ne doivent pas croire à un retour à la normale dans les prochains mois. Jeudi encore, le plan d'évacuation du détroit a été suspendu après l'attaque d'un navire par l'Iran.
Les États-Unis, les pays du Golfe et l'Europe, sont fermement opposés à une telle gestion iranienne du détroit. L'administration américaine craint que la mise en place de péages à Ormuz se propage à d'autres détroits, notamment celui de Malacca.
Avec le nucléaire ce sera un des principaux points en discussion dans les négociations à venir. Officiellement, tout le monde veut tenir bon face à l'Iran, mais il faut rappeler que pendant la guerre, certains armateurs européens ont payé à Téhéran discrètement via une tierce partie, 2 millions de dollars en bitcoin chinois pour que leur bateau passe à Ormuz.
Fort de sa résilience éprouvée pendant la guerre, l'Iran compte bien changer les règles du jeu en matière de sécurité dans le Golfe. Le conflit qui n'en finit pas nous a montré qu'il fallait prendre les menaces de Téhéran au sérieux.
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