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Trains Intercités : la commission rejette le scénario de réduction drastique proposé par la SNCF

Présidée par le député PS Philippe Duron, la commission chargée de plancher sur les trains Intercités insiste sur "l'urgence d'agir", en préconisant notamment le renforcement de certaine lignes et la suppression d'autres.

Une voiture d'une rame "relookée" des trains interrégionaux Corails Intercités est à quai, le 10 octobre 2007 gare Saint-Lazare à Paris
Une voiture d'une rame "relookée" des trains interrégionaux Corails Intercités est à quai, le 10 octobre 2007 gare Saint-Lazare à Paris
Crédit : JEAN AYISSI / AFP
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La rédaction numérique de RTL

Quelles solutions pour parer à la vétusté des trains Intercités, vieux et mal entretenus et surtout en déficit de 400 millions d'euros ? La commission chargée de plancher sur le sujet préconise de renforcer certaines lignes, mais de reporter vers l'autocar ou de supprimer celles qui chevauchent des lignes régionales.

Présidée par le députée socialiste Philippe Duron, la commission rejette par ailleurs la réduction drastique suggérée par la SNCF et insiste sur "l'urgence d'agir" pour redresser la barre et faire des vieux trains Corail "une solution d'excellence entre les TGV et les TER" (trains express régionaux).

Supression d'Intercités sur conq tronçons

Ainsi, elle préconise de supprimer les Intercités, ou trains d'équilibre du territoire (TET) sur cinq tronçons de lignes, sur lesquelles il existe des dessertes TGV ou TER. Les Toulouse-Cerbère, Quimper-Nantes, Bordeaux-Toulouse, Marseille-Nice et Saint–Quentin-Cambrai sont concernés.

Les lignes Toulouse-Hendaye et Clermont-Ferrand-Béziers devraient être transférées sur des autocars, selon la commission, qui constate que ces liaisons sont également assurées par des TER. Ainsi, ces derniers conserveraient les liaisons de cabotage, reliant les petites gares, tandis que les déplacements plus directs entre grandes agglomérations se feraient sur route, grâce à la présence dans ces deux cas d'une "infrastructure autoroutière de très bonne qualité".

Quatre lignes de nuit

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Elle recommande également de ne conserver que quatre lignes de trains Intercités de nuit - au départ de Paris et à destination de Briançon, Rodez, Toulouse et Latour-de-Carol - soulignant que ces liaisons sont coûteuses et peuvent être substituées par des offres alternatives et parfois plus rapides (train ou avion le jour, ou autocar la nuit).

À l'inverse, elle préconise "un renforcement de l'offre ferroviaire (...) associé à une meilleure utilisation du matériel roulant", sur "les lignes dont le résultat économique est aujourd'hui en-deçà de leur potentiel réel". Les lignes Paris-Clermont-Ferrand, Paris-Amiens, Nantes-Lyon, Paris-Limoges, Paris-Caen ou encore Bordeaux-Marseille, entres autres seront ainsi renforcées. Par ailleurs, les lignes pendulaires entre l'Île-de-France et les régions limitrophes pourraient être transférées aux régions, dans le cadre d'un accord avec l'État.

Les réductions drastiques de la SNCF rejetées

La commission a en revanche repoussé les scénarios préconisant une large réduction de la voilure, et notamment celui de la SNCF, estimant que "l'adaptation de l'offre aux besoins de mobilité ne saurait se concevoir que de manière négative, alors qu'au contraire une vision positive de développement de l'offre ferroviaire, répondant aux besoins de mobilité, peut produire des effets vertueux".

Les experts et élus de différentes sensibilités politiques, membres de cette commission, préconisent également d'expérimenter l'ouverture à la concurrence en délégation de service public, d'abord sur les lignes de nuit puis sur certaines lignes de jour. Ils jugent encore nécessaire une amélioration de la productivité de la SNCF.

Redresser le déficit à 270 millions d'euros à partir de 2023

Ils affirment également la nécessité de poursuivre les investissements pour renouveler le parc de trains Intercités, et offrir des services conformes aux attentes des voyageurs. Dans son rapport, la commission souligne que "la question environnementale doit être au cœur des réflexions sur l'offre de transport, ce qui justifie qu'un objectif de report modal vers le ferroviaire soit poursuivi", et met en avant "l'importance du 'droit à la mobilité'".

La commission estime que ses propositions permettent "de redresser la trajectoire économique des TET à moyen terme", avec une stabilisation du déficit "à hauteur de 350 millions d'euros environ entre 2017 et 2019", puis "à environ 270 millions d'euros à partir de 2023".

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