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Duralex joue sa survie : Carlesimo ou Meston, qui reprendra la célèbre verrerie française ?

Le tribunal de commerce d'Orléans dira mercredi qui, de Carlesimo ou de Cédric Meston, reprendra Duralex. Pour la verrerie emblématique, cette décision pourrait bien être celle de la dernière chance.

L'entreprise Duralex (image d'illustration)

Crédit : Romain Gautier / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

La rédaction numérique de RTL & AFP

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Les quelque 220 salariés de Duralex vont devoir encore patienter: le tribunal de commerce d'Orléans, après avoir longuement examiné lundi les deux offres de reprise, a mis en délibéré à mercredi 14h, sa décision sur le sort de l'emblématique verrerie française, connue dans le monde entier pour sa vaisselle réputée incassable.

L'entreprise est plongée dans l'incertitude depuis son placement en redressement judiciaire, le 1er juin, pour la cinquième fois en une vingtaine d'années, moins de deux ans après sa reprise par les salariés réunis en coopérative.

Pour le représentant syndical CFDT Suliman El Moussaoui, le fait que le tribunal rende sa décision si rapidement est "une bonne chose" qui signifie que l'activité de l'entreprise pourra se poursuivre. Mais "c'est vraiment notre dernière chance, la prochaine fois qu'on se retrouve devant les tribunaux je pense ce sera une liquidation pure et simple".

Avantage Meston sur les plans financier et social

Le tribunal a examiné deux offres de reprise, parmi les trois déposées à la clôture des candidatures: celle du groupe stéphanois Carlesimo et celle de l'entrepreneur français Cédric Meston, via sa holding Tomé, connu notamment comme cofondateur de la start-up HappyVore (substituts végétaux à la viande) et pour avoir repris Tupperware France en 2025.

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"Les deux offres se valent sur le plan industriel mais au niveau financier et social, Meston est le mieux disant", déclare à l'AFP Suliman El Moussaoui, assurant que "l'ensemble des acteurs présents au tribunal étaient en faveur de l'offre de Tomé".

Carlesimo et Tomé proposent de conserver respectivement 129 et 155 emplois, pour un effectif d'environ 220 salariés, contre 243 en début d'année après les départs naturels et les CDD non renouvelés. "Je ne pense pas qu'il y ait de favoris. Ce qui compte, c'est d'avoir le meilleur projet pour les salariés et pour la société et c'est le tribunal qui prend sa décision", a réagi Cédric Meston.

Carlesimo soutenu par Xavier Niel

Le groupe Carlesimo, dont l'offre est d'un niveau financier équivalent selon un observateur, a lui défendu un projet "d'industriels de longue date".

Cédric Meston dit être soutenu dans son projet par le milliardaire Xavier Niel (Free) qui a investi dans Tomé. Il mobiliserait pour la reprise de Duralex au moins 16 millions d'euros, dont une partie en fonds propres, avec des prêts des collectivités locales et des financements de l'État. 

Le président de la région Centre-Val de Loire, François Bonneau, s'est dit "très attentif à la dimension sociale" pour protéger des salariés "qui ont vécu de nombreux traumatismes".

"L'Etat s'est fortement mobilisé, aux côtés des élus locaux, dans la recherche de repreneurs pour préserver l'activité de Duralex et les emplois", a réagi auprès de l'AFP le ministre de l'Industrie Sébastien Martin. 

"Ce n'est jamais la fin de l'histoire, certainement pas pour Duralex" a affirmé sur LCI la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet.


L'actuelle directrice générale de Duralex, Peggy Sadier, assure que la verrerie est parvenue "à redresser la trésorerie" qui a été multipliée par "huit" depuis le changement de direction le 2 avril.

Une enquête menée en parallèle par le parquet d'Orleans

Parallèlement au redressement judiciaire, la société fait l'objet d'une enquête du parquet d'Orléans qui n'a pas précisé les chefs retenus.

Des "opérations judiciaires" ont été menées le 3 septembre, notamment "des perquisitions", dont certaines au siège de la verrerie à La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret), en banlieue d'Orléans, avait annoncé à l'AFP la procureure de la République Emmanuelle Bochenek-Puren.

L'ancien directeur général de la verrerie, François Marciano, figure emblématique de la reprise en société coopérative et participative (Scop), ainsi que son fils Antoine qu'il avait nommé directeur financier, pourraient en particulier être visés par la procédure.

Leur avocat, Me Pierre Lalanne, a affirmé que ses clients "démentent toute implication dans d'éventuelles malversations".

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