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Les colonies d'abeilles décimées, la production de miel en chute libre

Selon un spécialiste, "2014 a été la pire des années dans l'Histoire récente de l'apiculture française".

Les colonies d'abeilles connaissent des taux de mortalité inédits, causés en partie par l'usage d'insecticide et de parasite. (Illustration)
Les colonies d'abeilles connaissent des taux de mortalité inédits, causés en partie par l'usage d'insecticide et de parasite. (Illustration) Crédit : JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

Malgré un regain d'intérêt pour l'apiculture et une demande forte, la France n'a jamais si peu produit de miel depuis 20 ans. En cause ? Les taux de mortalité inédits des colonies d'abeilles, victime en partie des insecticides et parasites. "2014 a été la pire des années dans l'Histoire récente de l'apiculture française qui voit sa production baisser constamment depuis 20 ans", a déclaré ce jeudi 19 mars lors d'une conférence de presse Henri Clément, le porte-parole de l'Union nationale des apiculteurs français (Unaf).

"Avec seulement 10.000 tonnes l'an passé, cela correspond à une production divisée par trois depuis 1995", a ajouté cet apiculteur des Cévennes, en soulignant une demande soutenue qui se traduit par des importations en hausse (environ 30.000 tonnes). Lors de leur bilan annuel, les responsables de l'Unaf ont de nouveau mis en cause "la surmortalité des colonies", ainsi que des "conditions météorologiques catastrophiques pour les abeilles", comme beaucoup de vent.

Le taux de mortablité des abeilles a atteint 50% à 80%

Selon des données recueillies dans une vingtaine de départements, la mortalité des abeilles, a atteint 50 à 80% dans de nombreuses zones des grandes régions de production comme Provence-Alpes Côte d'Azur, Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. "Avant l'arrivée de certains pesticides dans les années 90, comme les néonicotinoïdes, la mortalité était d'environ 5%", a souligné Gilles Lanio, le président de l'Unaf. "Sur l'île d'Ouessant, elle est de 1 à 3%", a-t-il ajouté.

Face à la baisse continue et spectaculaire des récoltes, l'Unaf dénonce "le double langage du gouvernement qui dit défendre l'agro-écologie mais qui ne se donne pas les moyens de vraiment aider les apiculteurs". En cause, la frilosité de l'État français pour demander une interdiction plus large des néonicotinoïdes dans l'Union européenne. Seules trois molécules sont prohibées à ce jour, et seulement sur certaines cultures. "C'était une avancée, mais c'est très insuffisant car les substances en question restent dans le sol des années et si entre temps l'agriculteur sème une céréale d'hiver, il pourra les utiliser", explique Henri Clément. Les céréales à paille semées en hiver, les betteraves et les traitements en forêt ne sont concernés par l'interdiction.

Les députés pour une interdiction de tous les néonicotinoïdes à partir de 2016

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De nombreuses études ne cessent de montrer la nocivité des néonicotinoïdes sur les abeilles mellifères, mais aussi sur les pollinisateurs sauvages dont l'action est indispensable pour de nombreuses cultures. Une étude publiée ce jeudi par la Commission européenne démontre que près de 10% des quelque 2.000 espèces sauvages d'abeilles européennes sont ainsi menacées d'extinction, et 5% supplémentaires le seront dans un futur proche si rien n'est fait.

Jeudi, dans le cadre du projet de loi sur la biodiversité, les députés français sont allés dans le sens des apiculteurs en votant en première lecture, et contre l'avis du gouvernement, une interdiction de tous les néonicotinoïdes à partir de 2016. Une mesure saluée la Fondation Hulot ou Générations futures. "Cela redonne de l'espoir aux apiculteurs, mais il faut que la France défende cette position au niveau européen car il y a suffisamment d'études qui prouvent maintenant que supprimer les néonicotinoïdes ne met pas en danger la production agricole comme les fabricants d'insecticides le prédisaient", a réagi Henri Clément.

Des moyens réclamés contre le frelon

Les apiculteurs jugent également insuffisante la lutte contre le frelon asiatique, présent désormais dans 3/4 du territoire français. "le ministre de l'Agriculture (Stéphane Le Foll, ndr) nous a promis que le frelon serait classé en danger sanitaire de classe 1", or "nous attendons depuis des mois", souligne Gilles Lanio.Les professionnels s'inquiètent aussi de l'arrivée sur le sol français d'un autre parasite, le Cynips du châtaignier, venu de Chine et de plus en plus répandu.

Enfin, "le double langage concerne aussi les OGM en plein champ", avance Jean-Marie Sirvins, vice-président de l'Unaf : "partout où les OGM se développement, l'apiculture recule, car la monoculture intensive est néfaste pour les abeilles".

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