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L'ENA fête ses 70 ans : "Les universités ne ressemblent pas à la France", dit la directrice

REPLAY - REPLAY/ INVITÉE RTL - Les énarques sont-ils déconnectés de la réalité ? La directrice de l'ENA, Nathalie Loiseau rappelle que la France a besoin "de gens qui servent l'État".

Nathalie Loiseau, directrice de l'École national d'administration (ENA)
Nathalie Loiseau, directrice de l'École national d'administration (ENA)
Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
L'ENA fête ses 70 ans : "Les universités ne ressemblent pas à la France", dit la directrice
09:22
Yves Calvi & Édouard Nguyen

Nathalie Loiseau directrice de l'école nationale de l'administration (ENA) qui forme les grands serviteurs de l'État répond aux questions de Yves Calvi ce matin, jeudi 8 octobre à l'occasion des 70 ans de l'école. En quoi avons-nous encore besoin de l'ENA aujourd’hui ? La directrice de l'école, dont la devise est "servir sans s'asservir" explique : "On a besoin de gens qui servent l'État, l'action publique et qui soient bien recrutés et bien formés. Ça n'a jamais été aussi compliqué, il n'y a jamais eu autant d'enjeux. Ca ne s'improvise pas." 
À la critique récurrente que ces élèves sont déconnectés de la réalité, la directrice rétorque avec amusement: "C'est une ancienne élève qui parle de ses camarades de promotion en disant qu'ils sont inférieurs. C'est tout ce qu'on déteste à l'ENA. C'est vrai qu'on est une école qui sélectionne de très bons élèves, qui ont toujours été premiers de la classe. Et puis le jour où ils arrivent chez nous, on leur dit qu'ils vont être au service des autres et qu'ils ne seront pas tous premiers. Il y en a quelques uns qui ne le prennent pas bien, je pense que c'est sont cas".

Je préfère être une fabrique d'élites qu'une fabrique de crétins

Nathalie Loiseau, directrice de l'ENA

Le concours de l'ENA serait trop difficile. C'est ce que confie un auditeur, Yoni. Selon lui, le problème ce n'est pas la qualité "assez exceptionnelle" de la formation de l'école qui pose problème, mais son accès qui reste trop restreint. "Le vrai problème c'est le profil des gens qui rentrent à l'ENA. Le vrai problème c'est le concours d'entrée. Concrètement, il n'y a que deux profils qui y entrent : les fils et filles d'énarques et ceux qui ont, intellectuellement, un niveau très très très élevé", ajoute l'auditeur.

Par définition, une grande école est sélective, rappelle Yves Calvi. Nathalie Loiseau répond aux critiques : "Je préfère être une fabrique d'élites qu'une fabrique de crétins". Selon elle, aucune grande école ne ressemble à la France, "et même les universités ne ressemblent pas à la France. Si vous regardez la répartition sociologique des gens qui préparent un master, ces étudiants ne ressemblent pas à la société française. Bien sûr que ça m'inquiète, bien sûr que c'est un problème. C'est un problème de système scolaire et universitaire qui n'est plus un ascenseur social. On l'a dit, c'est un entonnoir. Et nous on arrive au bout de l'entonnoir".

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