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Real-Atlético de Madrid : ce qui a changé depuis la finale de Ligue des champions 2014

DÉCRYPTAGE - Comme le 24 mai 2014 à Lisbonne, les deux clubs de la capitale espagnole se retrouvent samedi 28 mai à Milan pour la 61e finale de la plus prestigieuse des coupes européennes.

Le trophée de la Ligue des champions exposé à Milan le 26 mai 2016
Le trophée de la Ligue des champions exposé à Milan le 26 mai 2016 Crédit : Luca Bruno/AP/SIPA
Selena Mihoub et Gregory Fortune

Pour la deuxième fois de son histoire, la finale de la Ligue des champions oppose samedi 28 mai à Milan deux clubs d'une même ville. Et comme il y a deux ans à l'Estadio da Luz de Lisbonne, il s'agit des résidents de la capitale espagnole, Madrid, avec le Real et l'Atlético.

Le 24 mai, devant un peu plus de 65.000 personnes, le premier s'était imposé 4-1 après prolongation... après avoir répondu au but de Diego Godin en première période (36e minute) dans le temps additionnel par Sergio Ramos (93e). Gareth Bale (110e), Marcelo (118e) et Cristiano Ronaldo (120e sur penalty) enfoncèrent le clou pour offrir aux Madrilènes leur 10e sacre dans l'épreuve, record amélioré.

Deux saisons et un sacre du FC Barcelone plus tard (3-1 face à la Juventus Turin à Berlin le 6 juin 2015), dans quelle mesure les deux équipes ont évolué ?
Comment ont-elles réussi à retrouver simultanément, si vite, la possibilité de décrocher une 11e étoile pour le Real, une première pour l'Atlético ? Éléments de réponse.

Sergio Ramos avait égalisé au bout su temps additionnel le 24 mai 2014, avant le 10e sacre du Real
Sergio Ramos avait égalisé au bout su temps additionnel le 24 mai 2014, avant le 10e sacre du Real Crédit : Joe Toth/BPI/REX/REX/SIPA

Une identité intacte et des troupes renouvelées à l'Atlético

Sur les 18 joueurs présents sur la feuille de match ce soir-là du coté des "Colchoneros" (Matelassiers en Français), 12 ne font plus partie de l'effectif madrilène. Après Sergio Agüero en 2011 ou Radamel Falcao en 2013, l'Atlético n'a pas hésité à revendre au prix fort Diego Costa en 2014, puis Mario Mandzukic en 2015. 

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Mais le charismatique entraîneur argentin Diego Simeone sait comment intégrer les nouvelles recrues, notamment par un travail acharné en début de saison. Ceux qui n'adhèrent pas au discours collectif sont rapidement exfiltrés, comme le Colombien Jackson Martinez, acheté à l'été 2015 et revendu six mois plus tard.

Selon le technicien argentin, "notre style, c'est de savoir nous renouveler. C'est un style différent des autres". "Renouveler plus de dix joueurs de l'effectif d'une finale à l'autre, alors que le club n'a joué que trois finales (de C1) en 113 ans d'histoire, c'est fantastique".

Les cadres transmettent l'esprit de jeu

Parmi les anciens qui sont toujours là, il y a le capitaine Gabi (32 ans), formé au club, qui a connu les années de vaches maigres dans la décennie 2000-2010 et sait mieux que n'importe qui d'où vient "l'Atléti". Ensuite, il y a les infatigables Juanfran, Koke et Filipe Luis, qui ne comptent pas leurs efforts et sont les garants de l'esprit combatif voulu par "El Cholo". 

Enfin il y a les sages, comme le milieu portugais Tiago (35 ans), qui vient de signer pour une saison supplémentaire, ou le défenseur central uruguayen Diego Godin (30 ans), pilier de la meilleure arrière-garde d'Europe. La relation entre l'exigeant technicien et ses cadres semble par ailleurs très forte. "Travailler sous les ordres de Simeone est la meilleure chose qui me soit arrivée dans ma carrière", a raconté Godin. 

Antoine Griezmann, la star de Vicente Caldéron

Au maintien de ces cadres, s'est ajouté un recrutement réussi. Le plus fructueux est sans doute celui d'Antoine Griezmann à l'été 2014. Le Français est devenu la star offensive de l'Atlético et suscite désormais l'intérêt des plus grands clubs. Avec 25 buts inscrits en 2014-2015 puis 32 buts cette saison, on oublierait presque que les débuts du Français au stade Vicente Caldéron avaient été compliqués. 
Peinant à digérer le travail physique qu'on lui imposait, "Grizou" avait été rapidement rattrapé par Simeone, qui lui avait alors fait savoir qu'il devait devenir "un homme et un joueur important". Le voilà aujourd'hui devenu "l'un des trois meilleurs joueurs du monde", selon son entraîneur.

Antoine Griezmann à la lutte avec Philipp Lahm le 27 avril 2016
Antoine Griezmann à la lutte avec Philipp Lahm le 27 avril 2016 Crédit : Paul White/AP/SIPA

Du sang neuf pour cette édition 2016 de la C1

Outre le Mâconais de 25 ans, plusieurs nouveaux jeunes éléments se sont rajoutés à l'effectif. En défense, citons l'Uruguayen José Maria Gimenez (21 ans) et le Français Lucas Hernandez (20 ans), couvés par Godin. Dans les buts, le Slovène Jan Oblak (23 ans) a rapidement fait oublier le Belge Thibaut Courtois, parti à Chelsea. 

Au milieu, l'Argentin Augusto Fernandez, ancien de Saint-Étienne et du Celta Vigo, est arrivé en janvier et s'est aussitôt imposé. Il a sans doute été aidé par la forte influence sud-américaine qui constitue la majorité de l'effectif madrilène.

Enfin, devant, le retour réussi du "Niño" Fernando Torres, icône du club, s'est accompagné de l'éclosion d'attaquants très techniques : Griezmann, bien sûr, mais aussi le Belge Yannick Ferreira Carrasco et les Argentins Angel Correa et Luciano Vietto ont changé la manière d'attaquer de l'équipe "rojiblanca". Mais l'état d'esprit, lui, est resté le même.

Zidane enfin en première ligne au Real

Et du côté du Real ? Quels sont les principaux changements par rapport à il y a deux ans ? Il y en a deux, principalement : le gardien et l'entraîneur. Adjoint de l'Italien Carlo Ancelotti à Lisbonne, un certain Zinédine Zidane a pris les commandes d'une équipe première pour la première fois de sa jeune carrière de coach en janvier dernier. Moins de six mois plus tard, le successeur de Rafael Benitez a remis Cristiano Ronaldo & co. sur les rails du succès.

La proximité du Français avec ses joueurs, comme l'a fait savoir la star portugaise à maintes reprises, a permis de développer une complicité qui se ressent beaucoup plus sur le terrain. Ramener la "undecima" pourrait compenser la deuxième place de la Liga des madrilènes. Et offrir au Ballon d'Or 1998 une légitimité sans faille dans son nouveau rôle.

Zinédine Zidane mardi 12 avril 2016
Zinédine Zidane mardi 12 avril 2016 Crédit : Paul White/AP/SIPA

Un effectif peu changé

Quant au gardien, il s'agit de Keylor Navas. Le Costaricien a eu la lourde tâche de succéder à l'emblématique Iker Casillas, parti au FC Porto. La mission est pour le moment bien accomplie. En défense, Pepe a retrouvé une place de titulaire dans l’axe aux côtés de Sergio Ramos (Raphaël Varane était titulaire lors de la finale 2014).

Au milieu, l'Allemand Toni Kroos et le Colombien James Rodriguez sont arrivés à l’été 2014, compensant les départs de l'Allemand Sami Khedira pour la Juventus Turin et de l'Argentin Angel Di Maria au PSG. Fabio Coentrao et Alvaro Morata ont, eux, rejoints Monaco et la Juve.

Un autre joueur a beaucoup apporté au Real ces derniers mois, et c'est Diego Simeone qui le dit : le milieu brésilien Casemiro, prêté au FC Porto en 2014-2015. "Est-il le joueur le plus important du Real ?", a-t-il été demandé au technicien argentin avant la finale. "Pour l'équilibre de l'équipe, oui, certainement". Et de saluer Zidane pour ce choix a priori audacieux.  

Cristiano Ronaldo, l'arme fatale

Un élément, en tout cas, n'a pas changé au Real : Cristiano Ronaldo empile toujours autant de buts. Avec 93 en 126 matchs de Ligue des champions, soit 0,74 buts par matchs, le Portugais devance désormais largement Lionel Messi (83 buts) et Raul (71 buts).

Depuis son arrivé au Real, le triple Ballon d'Or a marqué 78 buts en 74 rencontres de C1, soit un ratio extraordinaire de 1,1 buts par matchs. Lui qui aime battre tous les records pourrait tenter d'améliorer le sien, datant de 2014, avec 17 buts marqués en 11 matchs. Il en est actuellement à 16. Et lors de ses deux sacres, en 2008 (avec Manchester United face à Chelsea) et en 2014, "CR7" a toujours marqué en finale.

Cristiano Ronaldo mercredi 5 mai 2016
Cristiano Ronaldo mercredi 5 mai 2016 Crédit : GERARD JULIEN / AFP

Les équipes de la finale de 2014

Real : Casillas (cap) - Carvajal, Ramos, Varane, Coentrao (Marcelo 59e) - Modric, Khedira (Isco 59e), Di Maria, Bale, Benzema (Morata 79e), Ronaldo 
Entrâineur : Carlo Ancelotti

Atlético : Courtois - Juanfran, Miranda, Godin, Filipe Luis (Alderweireld 83e) - Raul Garcia (Sosa 66e), Tiago, Gabi, Koke - Diego Costa (A. Lopez 9e), Villa
Entraîneur : Diego Simeone

Les deux dernières équipes alignés en Ligue des champions

Real : Navas - Carvajal, Pepe, Ramos, Marcelo - Modric (Kovacic 88e), Kroos, Isco (Rodriguez 67e) - Jese (Vasquez 56e), Ronaldo, Bale

Atlético : Oblak - Juanfran, Gimenez, Godin, Felipe Luis - Gabi, Fernandez (Carrasco 46e), Niguez, Koke (Savic 90e) - Torres, Griezmann (Partey 82e)

Ligue des champions : présentation de la finale 2016
Ligue des champions : présentation de la finale 2016 Crédit : AFP
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2016-05-31 09:26:29
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