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Mondial 2017 de hand : pourquoi les Experts peuvent perdre leur dernière couronne

DÉCRYPTAGE - Dépossédée de ses titres de championne d'Europe et championne olympique en 2016, l'équipe de France défend celui de championne du monde du 11 au 29 janvier, à domicile.

Les Bleus restent sur une défaite en finale des JO de Rio face au Danemark de Mikkel Hansen en compétition officielle
Les Bleus restent sur une défaite en finale des JO de Rio face au Danemark de Mikkel Hansen en compétition officielle
GrégoryFortune77
Gregory Fortune
Journaliste RTL

Le grand public les a quittés sur une défaite en finale des Jeux Olympiques face au Danemark (28-26). Cinq mois plus tard, les Experts du handball français sont de retour sur le devant de la scène, ce mercredi 11 janvier (20h45). Rio ne sera pas loin puisque c'est face au Brésil qu'ils donnent le coup d'envoi à Paris-Bercy de "leur" Championnat du monde.
 
Seize ans après le triomphe des "Costauds", les Bleus ambitionnent de remporter un nouveau Mondial, à domicile. Il s'agirait du 6ème (après 1995, 2001, 2009, 2011 et 2015) pour la nation la plus titrée du hand masculin, qui organise pour la troisième fois le tournoi planétaire (première en 1970). En 2001, les Français n'étaient pas attendus. Cette année, ils partent favoris, tant ils ont habitué leurs supporters à gagner. Huit des 14 derniers trophées internationaux sont tombés dans leur escarcelle. Au Brésil, les Bleus ont disputé leur troisième finale olympique d'affilée.

Le Danemark les a toutefois fait tomber de leur piédestal. Sept mois plus tôt, Nikola Karabatic et sa bande avaient également perdu leur couronne européenne lors d'une compétition marquée par la renaissance de l'Allemagne. Les Bleus ne sont donc plus imbattables. Ils pourraient perdre la dernière de leur couronne.

1. Une concurrence féroce

Décomplexé par sa victoire à Rio, le Danemark a revu ses ambitions à la hausse. Il sera l'adversaire numéro 1 des Bleus, avec toujours pour chef de file son virtuose Mikkel Hansen et son poignet droit élastique. L'arrière au bandeau a accusé le coup au PSG à son retour du Mondial mais il fera tout pour briller à Paris, sa ville "coup de cœur" qui accueillera son groupe du premier tour (le D). Hansen sera épaulé par des partenaires de grande qualité  évoluant dans les meilleurs clubs européens dans sa quête d'offrir un premier titre mondial à son pays. Le Mondial est le seul grand trophée manquant à la sélection scandinave, battue trois fois en finale (1967, 2011, 2013).

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L'autre danger pour les Bleus vient de la "Nationalmannschaft". Le titre européen de 2016, le premier depuis 9 ans, n'était pas une parenthèse enchantée. Sur leur lancée, les Allemands ont confirmé au Brésil en décrochant le bronze. Septième du dernier Mondial au Qatar, la sélection triple championne du monde (1938, 1978, 2007), a fait du chemin grâce à Dagur Sigurdsson, l'architecte du renouveau. Le technicien islandais a redonné confiance à une équipe aux abois, en faisant émerger de nouveaux talents qui gravitent autour de la star Uwe Gensheimer. 

Mondial de hand 2017 : les cinq stars attendues

L'Espagne et la Croatie font, elles, figure d'outsiders. La "Roja", deux fois championne du monde (2005, 2013), sort d'une année décevante. Humiliée en finale de l'Euro-2016 par l'Allemagne (17-24), elle n'avait ensuite pas réussi à se qualifier pour les Jeux de Rio. Depuis, Manolo Cadenas a cédé sa place à Jordi Ribera, qui a hissé le Brésil pour la première fois en quarts de finale d'un tournoi planétaire cet été. Le technicien s'appuie sur des joueurs talentueux et expérimentés qui évoluent pour la plupart au FC Barcelone (Entrerrios, Vargas, Rivera...) ou dans d'autres clubs de top niveau (Aguinagalde à Kielce, Canellas à Skopje). 

Avec la Croatie, on n'est jamais sûr de rien. Médaillée de bronze lors de l'Euro 2016 en revenant de très loin, l'équipe des Balkans a déçu à Rio, où la Pologne l'a surprise dès les quarts. Ce fiasco a donné lieu à un psychodrame. Exit Cupic et Brozovic. Si le capitaine Marko Kopljar est forfait (genou), l'équipe lauréate de l'édition 2003 dispose toujours de joueurs performants autour de la star Domagoj Duvnjak. Ce Mondial doit leur servir de montée en puissance en vue de l'Euro 2018, organisé sur leur sol.

2. Onesta a pris du recul

Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé ? Intronisé à la place de Daniel Costantini après le Mondial 2001, Claude Onesta a mis cinq ans avant de décrocher son premier titre avec les Bleus. Par la suite, la France est devenue un ogre ne laissant que des miettes au reste de la planète handball (7 médailles d'or sur 13 possibles, 5 sur 8 aux JO et Mondiaux, 8 finales sur 9 remportées). 

L'Albigeois de 59 ans se plaît à rappeler à intervalles réguliers que le plus dur dans le sport de haut niveau est de durer au sommet. En dépit du renouvellement des générations, c'est pourtant ce qu'il a fait. Le grand artisan de cette décennie de succès français, c'est bien lui. Humble, écouté, adepte d'un management responsabilisant les joueurs, sa méthode est devenue un modèle.

Claude Onesta en janvier 2014

Or, l'ancien joueur professionnel à Toulouse a décidé de prendre un peu plus de recul après les Jeux. Depuis l'automne 2014, le passage de témoin progressif à Didier Dinart a été initié, Onesta le laissant de plus en plus prendre l'équipe en charge. Le "Roc" (39 ans) est désormais en première ligne, non pas seul mais en binôme avec un autre jeune retraité, Guillaume Gille (40 ans). Aucun des deux ne possède d'expérience d'entraîneur principal.

Onesta, désormais manager, l'a assuré : il suivra le Mondial en retrait, en tribunes, mais loin des vestiaires. Sans son maître tacticien, ses discours inspirés, capables de trouver les mots justes, ceux qui piquent, motivent et mettent en confiance, les Bleus seront-ils toujours aussi forts, en particulier quand la difficulté, la tension, atteignent les sommets ? 

Guillaume Gille et Didier Dinart en janvier 2017

Des cadres vieillissants

Thierry Omeyer 40 ans, Daniel Narcisse 37, Michaël Guigou 34, Nikola Karabatic, Luc Abalo et Cédric Sorhaindo 32... L'essentiel des joueurs-clefs de ces dernières années a désormais largement dépassé la trentaine. Ils restent certes des références à leur poste, si ce n'est LES références dans des clubs de premiers plans. Leur expérience est inestimable et leur âge pas forcément un défaut... à condition qu'à côté, les jeunes assurent, ce qui ne fut pas vraiment le cas à Rio.


Nedim Remili (21 ans), l'une des nouvelles pépites du hand français, avait manqué les JO sur blessure. Passé de Créteil au PSG, où il côtoie les frères Karabatic, Omeyer, Abalo, Narcisse ou William Accambray, il peut être l'un de ceux-là. Les attentes sont fortes aussi sur Ludovic Fabregas (19 ans), le benjamin de l'équipe qui connait une ascension fulgurante, et sur Valentin Porte (26 ans), qui sort de Jeux mi-figue mi-raisin.

4. Pression à domicile

Habitués à maltraiter les pays hôtes - la Croatie en 2009, le Danemark en 2014 ou encore le Qatar en 2015 - les Experts vont cette fois goûter à la ferveur, mais aussi à la pression, d'une compétition à domicile où toutes les équipes rêvent de la faire chuter. Ils devraient jouer partout à guichets fermés. Le match inaugural à Bercy contre le Brésil sera un bon test. Les Bleus devront vite évacuer la tension du début de compétition. La sélection auriverde, en progrès, jouera le coup à fond.
En 25 éditions du Championnat du monde, le pays organisateur ne s'est imposé qu'à cinq reprises. En France, rugbymen (2007), basketteurs (2015) et footballeurs (2016) ont tous récemment échoué dans leur quête de conquête d'un titre à domicile. L'équipe de Coupe Davis reste, elle, sur deux revers lors les deux dernières finales qu'elle a accueillies. Aux handballeurs de briser la série en cours.

Les 16 Français sélectionnés :

Gardiens : Thierry Omeyer (40 ans, PSG), Vincent Gérard (30 ans, Montpellier) 
Arrières gauche : William Accambray (28 ans, PSG), Timothey Nguessan (24 ans, Barcelone/ESP), Olivier Nyokas (30 ans, Nantes) 
Demi-centre : Nikola Karabatic (32 ans, PSG), Daniel Narcisse (37 ans, PSG) 
Arrières droit : Nedim Remili (21 ans, PSG), Valentin Porte (26 ans, Montpellier), Adrien Dipanda (28 ans, Saint-Raphaël) 
Ailiers gauche : Michaël Guigou (34 ans, Montpellier), Kentin Mahé (25 ans, Flensburg/GER) 
Ailier droit : Luc Abalo (32 ans, PSG) 
Pivots : Luka Karabatic (28 ans, PSG), Cédric Sorhaindo (32 ans, Barcelone/ESP), Ludovic Fabregas (20 ans, Montpellier)


Réserviste : Yanis Lenne (20 ans, Sélestat, ailier droit) 

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2017-01-11 15:53:00
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