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Procès Merah : pourquoi la photo de "Paris Match" fait polémique

REPLAY - Le magazine a publié une photo d'Abdelkader Merah, lors de son procès, ce qui est interdit par la loi du 29 juillet 1881.

Amandine Begot La Revue de Presse La rédaction de RTL
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Procès Merah : pourquoi la photo de "Paris Match" fait polémique Crédit Image : Benoit PEYRUCQ / AFP | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Cette photo a déclenché une vaste polémique. Elle est à découvrir cette semaine dans Paris Match : un cliché d'Abdelkader Merah, assis dans le box des accusés, lunettes sur le nez, entouré de ses avocats et de policiers. C'était la semaine dernière, cinq minutes avant le verdict. "Dans cinq minutes, écrit l'hebdomadaire, il sera fixé sur son sort, il sourit encore. Tout dans ce procès aura été hors norme."

Le cliché a provoqué un tollé de l’association de la Presse judiciaire, qui condamne fermement la publication de cette photo et dénonce l’irresponsabilité de Paris Match. La loi du 29 juillet 1881 interdit en effet, lors d'un procès, l'emploi de tout appareil permettant d'enregistrer, de fixer ou de transmettre la parole ou l'image. Tollé également des avocats, à l'image d'Éric Morain, avocat au barreau de paris, spécialiste notamment du droit de la presse.

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"Ce qui est bien, écrit il sur Twitter, c'est qu'après on ne pourra plus s'indigner que les journalistes ne puissent plus utiliser des ordinateurs et des tablettes pour faire des live-tweets d'audiences. Le degré 0 de l'information pour une vraie atteinte à l'information future."

La réponse de Paris Match est à lire ce matin dans 20 Minutes. "Nous assumons, c'est un choix", délibéré explique Régis Le Sommier, le directeur adjoint rédaction, qui précise que ce ne sont pas des journalistes de Paris Match qui ont pris ces photos, qu'elles n'ont pas non plus été achetées et que la rédaction a souhaité attendre la fin du procès pour les publier.

"Dans un monde où l'on montre de moins en moins, nous estimons, ajoute-t-il, que ces images, et le regard dans le vide de Merah avant l'annonce du verdict pouvait permettre d'aller au-delà de ce procès historique."

Artistide Barraud, rescapé des attentats de Paris

Le magazine Pelerin publie un très bel entretien avec Aristide Barraud. Ce rugbyman, grièvement blessé à la jambe et au thorax le 13 novembre 2015, alors qu'il était devant le restaurant le Petit Cambodge, raconte sa renaissance dans un livre, Mais ne sombre pas, lui qui a du faire une croix sur sa carrière sportive après les attentats.

"La première fois que ma grand-mère m'a vu, le Noël après les attentats, en fauteuil roulant, avec 13kg de moins, le corps criblé de blessures de guerre, elle a eu, raconte-t-il, l'impression de revenir arrière". Car "son père avait combattu en 1914-1918, et est revenu grand invalide de guerre", écrit Aristide Barraud. "Elle m'a dit : 'Cent ans après, des jeunes tuent d'autres jeunes. Pour rien. Comme si l'histoire était un recommencement.", se souvient l'auteur.

Agressions, rackets, viols... le quotidien des femmes SDF

 Un autre témoignage très fort, à lire dans Libération cette fois, celui d'Anne, 48 ans, dont 17 dans la rue. Elle raconte le racket, les agressions, les viols dont sont victimes les femmes SDF, y compris dans les centres d'accueil. Son combat aussi, c'est quand elle a eu son premier enfant, "réussir à le garder a été [son] combat de tous les jours". "La Ddass, dit elle, voulait me le prendre". Et d'ajouter : "quand vous êtes une femme SDF, vous n'avez pas le droit d’être mère."

"Alors, elles ne font pas de papiers à leurs enfants, ce qui donne des accouchements sauvages. Elles ne peuvent pas non plus les inscrire à l'école, c'est un cercle vicieux", continue Anne. Les femmes, d'après le Samu Social de Paris représenteraient 22% des SDF de la capitale, mais pour Anne elles seraient bien plus. "Plutôt 40%", selon elle. "Les gens ne se doutent pas que les femmes sans-abri sont si nombreuses car ils ne les voient pas... elles ont peur, alors elles se cachent", détaille Anne.

Le fait d'être en couple ne protège plus de la pauvreté

Bernard Thibaud, secrétaire général du Secours catholique
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Dans La Croix, le Secours Catholique publie son rapport annuel sur la pauvreté justement. En 2016, l'association a accueilli quelque 1,5 million de personnes, dont près de la moitié sont des enfants (700.000). "Les enfants sont désormais majoritaires dans nos accueils", souligne le secrétaire général du Secours catholique. 

"La majorité de ces enfants (55%) vivent au sein de familles monoparentales, rapporte le journal. Mais les enfants vivant avec leurs deux parents ne sont plus épargnés : en 2016, les couples avec enfants ont représenté 24,2% des ménages accueillis, c'est deux points plus en cinq ans." Et Bernard Thibaud de conclure : "le fait d'être en couple ne protège plus autant de la pauvreté que par le passé."

Twitter en 280 caractères

Petite révolution sur Twitter : depuis hier, finis les 140 signes, on a désormais le droit à deux fois plus, 280 maximum. Une révolution qui est loin, loin de faire n'unanimité. Le Huffington Post, notamment s'est amusé à relever ces centaines et centaines de messages de protestation. Des twittos purs et durs qui se sont même regroupés autour du mot dièse 140forlife, 140 à vie.

Et parmi eux, un certain nombre de personnalités : Bernard Pivot qu'on a entendu sur RTL, dénonce une "réaction déviationniste" de Twitter. "280 charactere ? Fuck that !" s'insurge le célèbre écrivain américain Stephen King. Dans un registre plus soutenu, J.K. Rowling, la maman d'Harry Potter. "Twitter, écrit elle, a détruit sa raison d’être. Le but selon moi était de voir à quel point les gens pouvaient être inventifs sur cette plateforme concise."

Alors, que les puristes se rassurent. Le site américain Slate, c'est ce que raconte la version française, a mis au point une solution miracle. Une extension téléchargeable qui vous permet d'amputer de leur surplus tous les tweets de votre fil qui excédent l'ancienne limite, les fameux 140 caractères. S'affranchir des règles, encore, on y revient.

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2017-11-09 12:11:00
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