Le combat d'une étudiante toulousaine pour les "enfants fantômes"

Samedi 22 octobre, Anne-Laure Tollec va aller au siège des Nations Unies, à New York, pour plaider la cause des enfants sans identité, ceux qui n’ont jamais été déclarés à la naissance.

>
Le combat d'une étudiante toulousaine pour les "enfants fantômes" Crédit Image : SIPA Crédit Média : Rémi Sulmont Télécharger

Anne-Laure Tollec est révoltée par le fait qu'on parle si peu des "enfants fantômes". La lycéenne scolarisée à Toulouse est montée sur scène il y a quelques mois pour exposer le problème devant 1.500 personnes, elle a remporté le concours de plaidoiries pour les Droits de l’homme organisé par le Mémorial de Caen.

"Je vais vous parler d'un enfant, Moussa. Il est élève en classe de CM2 dans l'école de garçons du village malien dans lequel il vit. Ce matin, il pleure. Ce n'est pas parce qu'il doit aller à l'école qu'il est si triste : c'est parce qu'il vient d'apprendre de la voix de son maître qu'il ne pourra se présenter ni à l'examen du certificat d'études primaires, ni au concours d'entrée en Sixième", avait-elle lancé devant l'assistance.

"Mais pourquoi Moussa le petit Malien, premier de sa classe, ne peut-il pas se présenter aux examens ?", s’indigne la lycéenne française. Parce que qu’il n'existe pas aux yeux de la loi. Parce qu’à sa naissance, ses parents ne l'ont pas déclaré. Par ignorance. Ou parce qu’ils n’avaient pas les moyens d’aller à la ville voisine. Pas d’acte de naissance, pas d’identité, pas de diplôme, pas de droit sociaux, pas de droit de vote plus tard, pas de citoyenneté.

"Dispensaires de l’identité"

Ce qu’a découvert Anne-Laure Tollec, c’est que Moussa est loin d’être le seul "enfant fantôme". Aujourd'hui, 40% des enfants qui naissent sur cette planète n’ont pas d’existence légale. La plupart sont en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne. Pour combattre ce fléau, Anne-Laure part donc à l’ONU avec une solution. Une solution "concrète, peut-être un peu utopique", s’excuse la jeune femme de 18 ans, qui est étudiante depuis la rentrée.

>
Voir la plaidoirie d'Anne-Laure Tollec sur les "enfants fantômes"

Il existe des dispensaires médicaux, dans les endroits les plus reculés de la terre. Créons des "dispensaires de l’identité", dit-elle, pour apporter des soins juridiques et faire sortir ces enfants fantômes de l’ombre. "Je ne m'en étais pas rendu compte avant : si je suis là où je suis aujourd'hui, c'est parce que j'ai une identité. J'existe juridiquement", constate-t-elle.

"Je ne peux pas m'imaginer que des gens de mon âge ou des gens plus petits puissent ne pas avoir ces droits, simplement à cause de l'absence d'un papier que j'ai pu obtenir si facilement. C'est cela qui me révolte. Que les gens ne le sachent pas, ça me choque", poursuit-elle.

Leur nombre pourrait doubler d'ici 2050

Vu les chiffres, c’est étonnant qu’on on en parle si peu. Pourtant les grandes organisations internationales s’activent pour enregistrer les naissances. Car ces enfants sans nom, apatrides, sont les premiers à être enrôlés comme enfants soldats. Ils sont les premiers à être à exposés aux abus, au mariage forcé, à l’esclavage, au travail des enfants. Pratique, ils n'ont pas d’âge.

L’Unicef et les gouvernements innovent en enregistrant les enfants grâce à des SMS ou des applications sur mobile. Le taux d'enfants enregistrés d'ailleurs augmente depuis quinze ans. Mais si ces taux restent aussi bas (moins d’un enfant sur deux enregistrés en Afrique subsaharienne, par exemple), le nombre d'"enfants fantômes" dans cette zone, avec la croissance démographique, va doubler d'ici 2050.

La rédaction vous recommande
LoïcFarge42
par Journaliste RTL
Suivez Loïc Farge sur :
VOUS AIMEREZ AUSSI
PLUS DE VIDÉOS
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7785332997
Le combat d'une étudiante toulousaine pour les "enfants fantômes"
Le combat d'une étudiante toulousaine pour les "enfants fantômes"
Samedi 22 octobre, Anne-Laure Tollec va aller au siège des Nations Unies, à New York, pour plaider la cause des enfants sans identité, ceux qui n’ont jamais été déclarés à la naissance.
http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/le-combat-d-une-etudiante-toulousaine-pour-les-enfants-fantomes-7785332997
2016-10-18 14:40:15
http://media.rtl.fr/cache/4PopI0sJ4zOTKb9_i7bwDg/330v220-2/online/image/2016/1018/7785335727_des-enfants-jouant-a-nairobi-au-kenya.jpg