3 min de lecture Attentats à Paris

Attentats du 13 novembre : un jihadiste algérien au cœur de l'enquête

"Le Monde" retrace le parcours d'un individu au centre des investigations sur les attentats du Thalys et du 13 novembre 2015.

Un policier lors de l'intervention à Saint-Denis suite aux attentats du 13 novembre à Paris
Un policier lors de l'intervention à Saint-Denis suite aux attentats du 13 novembre à Paris
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Clarisse Martin

Il était le maillon manquant de la longue chaîne que constitue l'enquête sur l'attentat manqué du Thalys et ceux du 13 novembre 2015. Dans son édition du samedi 11 novembre, Le Monde retrace le parcours de "Hamza le sniper", un Algérien qui a rejoint les rangs de Daesh après avoir croisé la route d'Abdelhamid Abaaoud, coordinateur présumé des attentats du 13 novembre.

Bilal Chatra est né le 18 mai 1996, à quelques centaines de kilomètres au sud d'Alger. Son père, considéré comme un "terroriste algérien" par les services de renseignement français, meurt quelques mois avant sa naissance. Il voulait venir en Europe, "déjà enfant", déclare le jeune Algérien aux enquêteurs, au cours de ses auditions. Une ambition qui ne le quittera pas malgré les années.

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Bilal Chatra mettra son entreprise à exécution en octobre 2014. Le début d'un long périple pour gagner la vieille Europe. Sa première étape sera Istanbul, qu'il rejoindra en avion. En Turquie, il travaille quelques temps comme passeur pour les migrants marocains et algériens. À la fin de l'année, il rencontre Abaaoud, qui est justement à la recherche d'un passeur pour l'Europe. Des liens forts se tissent entre les deux individus.

Une radicalisation au contact d'Abaaoud

Aux enquêteurs, Ayoub El-Khazzani, l'assaillant du Thalys, déclarera que "Bilal était comme un fils qu'il (Abaaoud) avait guidé dans le droit chemin. Il avait de l'affection pour lui". L'Algérien commence à cohabiter avec Abaaoud et plusieurs de ses proches, qui deviendront des acteurs des attentats à venir. Selon les dires du jeune homme, c'est à leur contact qu'il intègre la pensée salafiste jihadiste.

Bilal Chatra continue à endosser son rôle de passeur aux côtés de ces hommes. Le 15 janvier 2015, un vaste coup de filet antiterroriste est réalisé à Verviers, près de Liège (Belgique). Deux jihadistes sont tués lors de l'assaut. Ils s'étaient infiltrés en Europe avec le concours de Bilal Chatra, qui a rejoint la Syrie fin 2014. Dans les rangs du groupe État islamique, il devient "Hamza le sniper" et est appelé au front au début de l'année 2015.

Passeur de terroristes

La suite est racontée aux enquêteurs par Chatra lui-même. L'homme aurait demandé à Daesh de quitter la Syrie, ce qui lui aurait valu un séjour de plusieurs semaines dans les geôles de l'organisation jihadiste. Abaaoud aurait intercédé en sa faveur pour obtenir sa libération. À sa libération, Chatra est aux côtés de son mentor. Dans le même temps, la crise des migrants frappe de plein fouet l'Europe. La Macédoine délivre des laissez-passer temporaires pour permettre aux réfugiés venant de Grèce de rejoindre la Hongrie en traversant le pays.

"Hamza le sniper" s'engouffre dans la brèche migratoire, et parvient à monter à bord d'un Zodiac transportant des migrants. Il transite par la Macédoine et la Serbie puis passe quelques semaines en centre de rétention pour migrants en Hongrie. Pendant ce temps, Abaaoud suit le même chemin que son protégé et parvient à rejoindre Budapest. Les deux hommes, avec le futur assaillant du Thalys, se rejoignent à Bruxelles en août. 

Caché derrière des délits de droit commun

Peu de temps après, le couperet tombe. Une consigne venue de Syrie ordonne à Chatra et El-Khazzani d'agir. Comprendre, frapper l'Europe. El-Khazzani sera empêché in extremis d'agir à bord du Thalys grâce à l'intervention de trois Américains. À la réception de cet ordre, "Hamza le sniper" prend peur et fuit en Allemagne, où il sera interpellé et incarcéré à plusieurs reprises pour des faits de droit commun comme du vol à l'étalage ou de l'escroquerie.

Les enquêteurs allemands ne feront le lien qu'au printemps 2016, plusieurs mois après les attentats du 13 novembre, où 130 personnes seront tuées à Paris. Outre-Rhin, la police met alors au jour le rôle véritablement joué par celui qu'ils prenaient pour un petit délinquant.

En prison, Chatra fera une tentative de suicide. Malgré sa fuite, il refuse de trahir ses anciens compagnons de route. Remis à la justice française en avril 2017, il est mis en examen depuis pour "complicité de tentatives d'assassinat terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle" dans le volet de l'attentat du Thalys.

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Attentats du 13 novembre : un jihadiste algérien au cœur de l'enquête
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"Le Monde" retrace le parcours d'un individu au centre des investigations sur les attentats du Thalys et du 13 novembre 2015.
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2017-11-11 19:16:00
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