4 min de lecture Attentats à Paris

Attentat sur les Champs-Élysées : la police une nouvelle fois visée

Les journaux reviennent largement sur l'attentat qui a coûté la vie à un policier, le 20 avril sur la plus belle avenue du monde.

Adeline François La Revue de Presse Adeline François
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Télécharger Attentat sur les Champs-Élysées : la police une nouvelle fois visée Crédit Média : Adeline François | Durée : | Date :
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Adeline François
Journaliste RTL

Rien ne se passe jamais comme prévu. Sans doute les journaux avaient-ils projeté, pour leur ultime une avant le devoir de réserve imposé ce soir à minuit, de parler de mobilisation citoyenne, ou de suspens inédit. Mais rien ne se passe comme prévu dans cette campagne et au dernier moment, les rotatives des imprimeries ont dû mettre un arc de triomphe sur la première page. La plupart des quotidiens consacrent ce matin leur une à l'attentat d'hier soir sur les Champs-Élysées. "Le terrorisme frappe à nouveau en plein Paris", titre en une Le Figaro.

"Un lourd tribut payé par les forces de sécurité depuis 2012", titre aussi le quotidien en pages intérieures. "Attaque sur les Champs-Élysées", titre en une Le Parisien qui souligne également que la police est encore "frappée"."Attentat sur les Champs-Élysées" en une de la Voix du Nord.

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Les autres titres sont plus prudents à l'heure du bouclage et ne parle que d'une fusillade meurtrière, c'est le cas de Sud-Ouest. À la une des journaux étrangers, la même photo : une voiture de police devant l'Arc de triomphe. En première page du Wall Street Journal, du Times à Londres ou du Corriere della serra en Italie, qui titre "terreur sur le vote".

Mais en fait ce qu’il faut lire ce matin, c'est l'article de Nadia Daam sur le site Slate. Elle raconte sa soirée devant la télé et les réseaux sociaux. "Une fusillade, un attentat, un vol à main armée qui a mal tourné"... Elle a tout entendu hier soir. Elle a lu, aussi, des personnes qui s'étonnaient que France 2 n'interrompte pas son émission avec les 11 candidats. "Tout cela dit-elle, doit nous interroger sur notre rapport au temps, et sur nos soifs d'infos brutes, que la télévision s'escrime gaiement à abreuver. Si des Français estiment aujourd'hui, que dix minutes, cinq minutes, après un événement, ils doivent impérativement être alimentés en infos, même les plus anecdotiques, et qu'un débat présidentiel doit être interrompu dès les premières secondes d'une attaque, c'est que l'on a un problème. Il va bien falloir un jour interroger ce petit frisson dégueulasse qui semble parcourir l'échine de beaucoup d'entre nous, citoyens, journalistes, politiques, témoins, à chaque fois que nos téléphones vibrent d'une nouvelle alerte sinistre."

On lui opposera l'initiative des ces internautes relayés ce matin par le parisien.fr qui ont lancé cette nuit sur les réseaux sociaux le hashtag #belleschoses et posté des photos, inspirantes de sérénité et beauté pour détourner des attentats. Photos de couchers de soleil, paysages idylliques, ou de trésors du patrimoine.

Un autre trésor du patrimoine en une

Il y a l'Arc de triomphe ce matin, et puis il a cette carte d'électeur brandie en une de la Croix : "Présidentielle un choix inédit". Le choix entre 11 candidats, le choix d'aller ou non voter. "Ce choix-là est simple, écrit Guillaume Goubert. Sans hésiter il faut y aller : ne pas  participer à un tel scrutin, c'est laisser d'autres personnes disposer de votre droit à exprimer un choix. À moins que vous ne votiez blanc." Et dans les DNA, Dominique Jung choisit ce matin une mise en garde :"vote blanc vote snob".

"Voter blanc est utile dans les dictatures, ou en cas d'impasse au second tour si les deux projets sont pareillement répréhensibles. L'électeur blanc se donne le beau rôle, mais au fond il esquive et se dérobe. Il est plus confortable de se boucher le nez que de mettre les mains dans le cambouis. Comment  justifier le vote blanc dès le premier tour si, comme ce 23 avril, les onze candidats incarnent une palette aussi large ?"
 
Tellement large que "le premier tour qualifiera un duo qui dira tout à coup beaucoup de l'état du pays", écrit Cécile Conudet dans les Échos. "Le Pen-Mélenchon, la France rompt et se replie. Macron-Fillon, la France est libérale. Le Pen-Fillon, elle est à droite. Macron-Mélenchon, elle est à gauche. Le Pen-Macron, c'est le big bang, la fin des partis de gouvernement. Vertige d'une élection qui peut montrer du pays un visage dans lequel la majorité ne se retrouvera peut-être pas (...)".
 
"Vertige d'une élection où les candidats ont tout à perdre et plus encore", comme le titre Libération qui prédit des lendemains difficiles pour les vaincus, et qui s'intéresse par ailleurs à ces idées qui n'ont pas émergé dans la campagne et qui figurent pourtant dans certains programmes. Ainsi, savez-vous que Mélenchon veut interdire les sondages avant les élections ? Que Benoit Hamon veut instaurer un corps d'inspection des discriminations ? Qu'Emmanuel Macron s'engage à reconnaître le droit à l'erreur dans les démarches ? Ou que Marine Le Pen veut bannir les langues étrangères de l'université ?

"Le monde entier nous regarde", rappelle Nicolas Beytout dans l'Opinion. Le projet France ne dépend plus que de la conscience qu'aura chacun dans l'isoloir de tenir entre ses mains des années et des années."

Voilà une bien belle chose, l'isoloir !

C'est le philosophe Roger-Pol Droit qui nous rappelle dans les Échos la beauté de cet endroit qui n'a fait son apparition qu'en 1913. Auparavant, c'est à dire depuis l'instauration du suffrage dit universel en 1848, il fallait donner son bulletin plié en deux au scrutateur qui le déposait ensuite dans l'urne.

"Mais l'isoloir, écrit Roger Pol-Droit, n'est pas qu'un dispositif servant à préserver le secret du vote. Il faut y voir aussi une mise en scène du for intérieur, du tribunal de la conscience, la forteresse de l’âme. Plus d'images, plus de sons, plus de sollicitations extérieures. Un espace clos, confiné, où chacun est supposé se retrouver face à sa propre pensée, radicalement seul."

Mais sans doute son règne est-il en train de s'achever avec l'apparition de selfies d'isoloir. Du coup le moment de l'isoloir est déjà secrètement obsolète et la petite cabine pourrait devenir l'image des élections elles-mêmes, voire de la République. "Tout tient encore, tout fonctionne, mais chacun pressent qu'il s'agit de survivances d'un autre temps, sans qu'on sache clairement quel sera le temps d'après, ni de quoi il sera fait."

C'est à lire dans les Échos qui titre ce matin sur ''La France face au danger des extrêmes", avec la photo d'un trésor de notre patrimoine, ce n'est pas un isoloir, c'est Marianne et sa statue érigée sur la bien nommée place de la République. Une statue de lion en bronze, symbolisant le Suffrage universel, est placée au pied de la statue.

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Les journaux reviennent largement sur l'attentat qui a coûté la vie à un policier, le 20 avril sur la plus belle avenue du monde.
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2017-04-21 10:13:27
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