5 min de lecture Présidentielle 2017

Salon de l'agriculture 2017 : les propositions des candidats aux agriculteurs

ÉCLAIRAGE - La 54e édition du Salon de l'agriculture a ouvert ses portes samedi 25 février. Un rendez-vous clé pour les candidats à la présidentielle.

Le Salon de l'Agriculture 2016 a été inauguré samedi 27 février.
Le Salon de l'Agriculture 2016 a été inauguré samedi 27 février. Crédit : MIGUEL MEDINA / AFP
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Ludovic Galtier
Journaliste RTL

C'est le passage obligé, le rendez-vous incontournable qu'il ne faut pas manquer. La cinquante-quatrième édition du Salon de l'agriculture ouvre ses portes dans un climat de tension, ce samedi 25 février à la porte de Versailles. Dans l'incapacité de vivre décemment de leur production, certains agriculteurs en viennent effectivement au suicide. Cette année, les crises du lait et du porc, ajoutées à la prolifération de la grippe aviaire chez les volailles, n'ont pas épargné la profession, qui crie aux hommes politiques chaque année un peu plus son désarroi.

Que répondent les candidats à la présidentielle à ces crises à répétition ? Quels modèles de développement ont-ils imaginé pour y faire face ? À quelles solutions ont-ils pensé pour assurer un avenir plus serein aux agriculteurs ?

Fillon pour la réduction des charges et des impôts des entreprises

D'emblée, un chiffre interpelle dans le programme de François Fillon. Le candidat de la droite projette de réduire de 40 milliards d'euros les charges et les impôts pesant sur les entreprises françaises, y compris celles du secteur agricole. François Fillon assume l'aspect libéral de son programme, en garantissant aux agriculteurs de "choisir librement une forme juridique unique (SARL, SAS, SA)".

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François Fillon promet "moins de charges sociales et plus de TVA sur les produits (augmentation de 2%), pour que les produits d’importation et les produits français participent de la même façon au financement de notre protection sociale." Ce mécanisme s'accompagnerait de la suppression de la Constitution du principe de précaution, qu'il place dans le camp de l’idéologie, "lorsqu’il empêche tout progrès, toute innovation, toute expérimentation et même toute recherche, lorsqu’il conduit à prendre des décisions fondées sur la peur et sur l’intimidation."

Le candidat de la droite et du centre veut rééquilibrer le rapport de force entre producteurs et distributeurs, en "encadrant par la loi la négociation des contrats, pour que la négociation entre les producteurs et les industriels rééquilibre la négociation entre les industriels et les distributeurs." Pour assurer l'avenir du secteur primaire, François Fillon mise sur la recherche. "Rendre éligibles au crédit impôt recherche (CIR) les exploitations agricoles, pour des projets de recherche ou d’expérimentation labellisés" fait partie de ses priorités. Enfin, François Fillon n'est pas favorable à une préférence nationale "mais une préférence communautaire."

Le Pen pour une "politique agricole française"

Contrairement à François Fillon, Marine Le Pen décline son idée phare de préférence nationale à tous les domaines, avec "l'application du patriotisme économique aux produits agricoles français pour soutenir paysans et pêcheurs, notamment au travers de la commande publique" et le soutien au "fabriqué en France". La présidente du Front national veut interdire "l'importation et la vente des produits provenant de l'étranger qui ne respectent pas les normes imposées aux producteurs français".

Comme Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron, la politique agricole commune (PAC) telle qu'elle existe aujourd'hui, ne convient pas à Marine Le Pen. Avec le FN, la PAC serait transformée en Politique agricole française "avec des critères de subvention fixés par la France." L'objectif ? "Sauver et soutenir le modèle français des exportations familiales", tout en faisant la promotion des exportations agricoles.

Nicolas Dupont-Aignan pour "une agriculture à taille humaine"

Dans une interview au site Campagnes et Environnement, Nicolas Dupont-Aignan précise sa pensée sur le sujet. "Nous soutenons une agriculture "à taille humaine" à la fois moderne et respectueuse du sol et de la Terre." Le patron de Debout la France est pour "la création et la promotion d'un label unique 'Fait en France' pour une vraie traçabilité". "Ce label permettra aux consommateurs, notamment les urbains éloignés des lieux de production, de trouver des produits de leur région ou de leur département, près de leur lieu de résidence ou de travail", conclut celui qui veut soutenir les circuits courts.

Emmanuel Macron, "candidat du prix payé aux agriculteurs"

Après sa démission du gouvernement le 30 août 2016, Emmanuel Macron avait choisi de visiter une exploitation agricole de Châlons-en-Champagne en guise de retour sur le terrain. Le candidat du mouvement "En Marche!", qui a accepté l'alliance offerte par l'ancien agriculteur qu'était François Bayrou le 22 février, a détaillé son programme thématique samedi 25 février.

Contactée par RTL.fr, Audrey Bourolleau, référente sur les questions agriculture auprès d'Emmanuel Macron, explique que son candidat sera celui du "prix payé pour nos agriculteurs". Il entend mener à bien "une montée en gamme" du modèle agricole français, proposera "un programme d'investissement d'avenir agricole" et "protégera, via l'Europe et des outils de régulation et de gestion des risques, les agriculteurs contre la volatilité des prix."

Contrairement à Jean-Luc Mélenchon, pas question pour Emmanuel Macron "d'opposer des entreprises agricoles tournées vers l'export et les circuits courts". Le patron de "En marche!" prévoit en outre un plan de 5 milliards d'euros "pour moderniser les exploitations". Enfin, il promet "moins de charges patronales", le "droit au chômage pour les agriculteurs", d'"aider les organisations de producteurs pour faire poids dans la négociation vis-à-vis de la grande distribution", et de réserver 200 millions d'euros à destination des agriculteurs, pour les services rendus au niveau environnemental.

Hamon veut "engager une conversion" de l'agriculture

Benoît Hamon partage l'essentiel des idées de Jean-Luc Mélenchon en matière d'agriculture. Du côté du Parti socialiste, on ne parle pas d'agriculture paysanne, mais la transition vers un système davantage écologique ne fait aucun doute. "Il faut engager une conversion de notre agriculture", promet-il. Renforcé par l'accord qu'il vient de sceller avec Yannick Jadot, Benoît Hamon dit "stop aux pesticides dangereux et aux perturbateurs endocriniens".Le candidat socialiste promet également de "réserver 400 millions d'euros de la Pac aux agriculteurs adoptant le modèle agro-écologique", de "favoriser systématiquement les projets d’installation et de reprise en agriculture biologique ou agro-écologique", de "favoriser le développement de cultures maraîchères aux abords des villes" et de "lancer un plan d’investissement de 5 milliards d'euros pour soutenir les projets de développement agro-écologique, les circuits courts et les coopératives."

Mélenchon veut tendre vers "une agriculture écologique et paysanne"

Le livret thématique consacré à l'agriculture est le premier à avoir été rédigé par les équipes de Jean-Luc Mélenchon. Le candidat de la France insoumise l'a dit et répété à l'occasion de ses meetings. Il veut tendre vers "une agriculture écologique et paysanne" pour que chaque consommateur ait un accès à "une alimentation de qualité", selon Laurent Lénard, coresponsable agriculture au sein de la France insoumise, contacté par RTL.fr. Qu'est-ce que cela veut dire concrètement ?

En clair, ce projet est présenté comme "une révolution agronomique", en opposition avec la logique productiviste, "qui détruit tout". "Un processus de financiarisation de l’agriculture s’est engagé depuis une dizaine d’années avec la multiplication du nombre d’exploitations sous forme sociétaires et des investissements de holdings financières (...) La majorité des agriculteurs sont victimes de ce modèle." Jean-Luc Mélenchon entend atteindre ce modèle à l'horizon 2027, dans dix ans, avec des étapes intermédiaires. "Par exemple, la restauration collective publique devra servir 100% de produits issus de l'agriculture biologique dans cinq ans", estime Laurent Lénard. 

Le candidat entend créer 300.000 nouveaux emplois à l'horizon de dix ans, "grâce à l'installation de nouveaux paysans et salariés agricoles, issus de tous les milieux." Inciter les carrières en garantissant à la fois "une surface maximale d'exploitation par actif agricole de 80 ha (elle peut varier en fonction des cultures) et "un prix agricole rémunérateur et stable", ajoute le spécialiste, qui fustige la PAC, "un système d'aide aberrant qui accentuent les inégalités de revenus au lieu de les compenser." "En régulant les productions, et en rétablissant les quotas laitiers d'une part, en imposant un prix minimum aux producteurs et en garantissant que le prix payé par le consommateur ne soit pas plus de trois fois supérieur à la rémunération du producteur", conclut-il.

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