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Primaire PS : pourquoi Valls et Cambadélis veulent attirer Macron et Mélenchon

ÉCLAIRAGE - Les appels au rassemblement se multiplient à l'adresse d'Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, qui ne paraissent toutefois pas convaincus par Manuel Valls et Jean-Christophe Cambadélis.

Emmanuel Macron et Manuel Valls à l'Assemblée nationale
Emmanuel Macron et Manuel Valls à l'Assemblée nationale Crédit : CHAMUSSY/SIPA
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Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

La primaire de la gauche, "ce n'est pas open-bar". Jean-Christophe Cambadélis a prévenu. Le premier secrétaire du Parti socialiste a tenu à alerter les candidats potentiels. Désormais, ils sont sept à se présenter : Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Gérard Filoche, Sylvia Pinel, François de Rugy et Jean-Luc Bennahmias. Marie-Noëlle Lienemann, qui était l'une des premières à s'être engagée dans la course, a finalement décidé de se retirer pour préserver l'union de la gauche, comme elle l'annonce dans les colonnes du Monde. Elle a fait l'objet d'un "rappel à l'ordre" émanant du Parti socialiste. 

Trois candidats ont été recalés et ne pourront pas participer à la primaire de la gauche : Paul Larrouturou, Sébastien Nadot et Bastien Faudot. Jean-Christophe Cambadélis souhaite, de son propre aveu, "mettre un peu d'ordre pour permettre à Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon d'y participer". Et d'ajouter : "Nous somme victimes de notre succès, tout le monde veut en être".

Des appels incessants

Jean-Christophe Cambadélis ne cesse de multiplier les appels en direction des deux candidats afin qu'ils se présentent dans le cadre de la primaire de la gauche. Le premier secrétaire du Parti socialiste expliquait, le 15 novembre dernier, que la candidature de l'ancien ministre de l'Économie était "très embêtante, parce que la gauche est dans un rapport aujourd'hui de 60-40 si vous mettez l'extrême droite et la droite vis-à-vis de la gauche. Si on morcelle, si un jour il y a un candidat qui est Macron, un candidat désigné par la primaire (du PS ndlr), un candidat qui est Mélenchon, un candidat du Parti communiste, un candidat des écologistes, je vous donne le résultat : aucun de ceux que je viens de nommer ne seront au deuxième tour de la présidentielle". 

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Se voulant rassurant, le député de Paris lance un appel chaleureux à destination de deux candidats qui refusent de se soumettre au scrutin. Au Grand Jury RTL, Le Figaro, LCI, Jean-Christophe Cambadélis expliquait qu'"Emmanuel Macron a toujours été désigné, il n'a jamais été élu, donc il a un peu peur de ce type de sélection. J'ai envie de dire : 'Emmanuel n'aie pas peur, on ne peut pas devenir président sans débat et sans combat' C'est essentiel que la primaire rassemble la totalité des candidats de gauche (...) de façon à ce qu'il y en ait qu'un si l'on veut être au deuxième tour de la présidentielle".

Même son de cloche à propos de Jean-Luc Mélenchon. "Soit il est sur une position substitutive à la gauche telle qu'elle est aujourd'hui qu'il estime sociale-libérale ou passée du côté de la droite, soit il est sur une position France insoumise, plus proche de Beppe Grillo que de Podemos". Et de conclure, ironique : "S'il est sur une position de gauche même substitutive au Parti socialiste, je lui dis : 'Jean-Luc, viens à la primaire. Avec sa force, sa puissance, avec le peuple qui est derrière lui, il vient dans la primaire et il les plie tous. Pourquoi il ne le fait pas ? Il va gagner."

Une stratégie de culpabilisation ?

Nouveau candidat à la primaire de la gauche, Manuel Valls a décidé d'ajouter son grain de sel au débat. Sur BFMTV, il a déclaré : "D'abord, je lui (Emmanuel Macron, ndlr) demande : 'Viens participer à la primaire. Il veut un débat, mais il y aura plusieurs débat dans cette primaire (...) Il a encore quelques jours pour réfléchir (...) Ceux qui le trouvent sympathique, ceux qui trouvent qu'il a du talent, des propositions intéressantes, je leur dis : venez vous aussi voter à la primaire".

Selon Challenges, "la stratégie de culpabilisation menée par Valls et le PS a ses limites. Plus les uns et les autres lancent d’appel à l’unité autour de leur primaire, plus ils affichent leur faiblesse. Le PS, à commencer par Manuel Valls, est pris dans un étau dont Macron et Mélenchon sont les impitoyables mâchoires. Le vieux Parti socialiste n’est plus perçu comme le pôle rassembleur du peuple de gauche mais comme un appareil obsolète et dépassé, coupable d’un échec politique majeur depuis 2012 (...) Chaque appel à l’unité pour la primaire, lancé par Manuel Valls et les socialistes, accusant Macron et Mélenchon de nuire au PS tout en les sacrant, de fait, comme ceux qui pourraient le sauver, est en fait le révélateur d'un aveu implicite: le PS est électoralement au bord de la mort clinique".

Une "machine à disloquer le PS"

Emmanuel Macron a balayé l'idée. À BFMTV, il explique qu'on lui a fait beaucoup "de procès" mais qu'il a "toujours" pris ses responsabilités. "Cambadélis me traite de peureux, me qualifiait de ministre d'ouverture quand j'étais au gouvernement. Et maintenant que notre rassemblement commence à faire peur, il faudrait qu'on se perde dans la primaire ? (...) Je suis clair depuis le début. Je me suis lancé seul sans appareil politique et sans financements publics". L'ancien ministre va même plus loin et juge que les résultats des primaires sont mitigés. "La légitimité qui m’intéresse c'est celle du premier tour de la présidentielle. Puis d'aller au second tour pour le gagner (...) Je dénonce le jeu des primaires parce qu'à droite, François Fillon a pris la main sur un appareil politique mais il a déjà ses frondeurs de demain au sein de son propre camp". 
 
De son côté, Jean-Luc Mélenchon a expliqué sur France 3 que "ce n'est pas la primaire de la gauche, je vous prie de bien vouloir l'admettre. C'est la primaire du Parti socialiste (...) Le parti radical de gauche a son candidat à l'extérieur (Sylvia Pinel a depuis rejoint la primaire de la gauche, ndlr), le parti EELV a son candidat à l'extérieur, et qui plus est Yannick Jadot qui était un chaud partisan des primaires. Pourquoi vient-on me demander à moi de rallier cette primaire ? Personne ne peut croire un instant que je vais y aller". Le concept de la primaire ne l'emballe pas davantage. Dans Le Parisien, il explique que "la primaire de gauche va être une machine à disloquer le PS. Valls et Hollande sont dans un processus de pulvérisation qui va s'aggraver. Car Valls est des deux celui qui a le plus à perdre. Hollande l'a entraîné dans le siphon. On comprend qu'il ait envie de remonter du fond de la piscine !".

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2016-12-10 07:30:00
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