3 min de lecture Présidentielle 2017

Présidentielle : François Hollande et le "jeu d'équilibriste du stratège politique"

INTERVIEW - Le président de la République a refusé de se présenter pour un nouveau mandat mais cela ne l'empêche pas de vouloir peser sur l'élection présidentielle.

François Hollande, le 23 avril 2017
François Hollande, le 23 avril 2017 Crédit : GEORGES GOBET / AFP
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

L'affiche du second tour était connue depuis moins de 24 heures que François Hollande avait déjà exprimé son choix pour la présidence de la République. "Pour ma part, je voterai Emmanuel Macron", a déclaré le président de la République, mettant un terme au faux suspense concernant son soutien au candidat d'"En Marche !". Cependant, le chef de l'État ne s'est pas arrêté à cette annonce. Selon lui, "il n'y a pas eu de prise de conscience de ce qui s'est passé dimanche" avec la qualification de Marine Le Pen pour le second tour de l'élection présidentielle. "Tout le monde a regardé le résultat avec un ordre d'arrivée. Et on a oublié que c'était quand même Marine Le Pen qui était au deuxième tour. Ce n'est pas rien que l'extrême droite soit au deuxième tour d'une élection présidentielle", a-t-il déclaré lors d'un aparté avec la presse à Laval.

François Hollande ajoute que "l'enjeu, c'est que le Front national soit le plus faible possible. Ce n'est pas la même chose pour un pays de savoir que l'extrême droite est à 20, 30 ou 40%. Je pense qu'il convient d'être extrêmement sérieux et mobilisé, de penser que rien n'est fait parce qu'un vote ça se mérite, ça se conquiert, ça se justifie, ça se porte".

Se placer en mentor d'Emmanuel Macron

Concernant la temporalité de l'annonce de François Hollande, "il ne pouvait sans doute pas faire autrement. Ce n'est pas un cadeau pour Emmanuel Macron. Le Président risque surtout de lui enlever des suffrages", analyse Christian Moulinard, universitaire contacté par RTL.fr. Pourquoi ? "À cause du discrédit général. Tout le drame pour le président de la République est de trouver un moyen de continuer à exister afin de conserver un poids politique", explique-t-il. Les diverses mises en garde du locataire de l'Élysée ont fait réagir Emmanuel Macron. Le candidat "En Marche !" a explique n'avoir "jamais considéré que quoi que ce soit était gagné". "Vous m'avez entendu vous dire il y a plusieurs semaines que je ne voulais pas me résoudre au fait que tout le monde avait communément admis que le Front national était forcément qualifié pour ce second tour. Certains se réveillent avec la gueule de bois, grand bien leur fasse ! Ils n'avaient qu'à s'activer avant, ils l'ont nourri !", a-t-il ajouté.

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François Hollande est entré dans "un jeu d'équilibriste en se présentant comme le mentor d'Emmanuel Macron. Il veut apparaître comme celui qui a mis le pied à l'étrier au potentiel futur président et qui a inspiré son programme. Mais il n'est pas certain que le candidat le reconnaisse comme tel. Comme tous les présidents de la République, il veut rester dans l'Histoire. Il y restera surtout comme celui qui n'a pas pu se représenter et s'est infligé un désaveu considérable", analyse Christian Moulinard. Et si l'ancien ministre de l'Économie souhaite s'affranchir de son "mentor" c'est parce que "son intérêt et la raison d'être de son action est d'apparaître comme un homme nouveau. Il n'est pas souhaitable pour lui d'apparaître comme l'héritier de celui qui n'a pas réussi à se représenter". 

Il est fort possible que François Hollande agisse par tactiques politiciennes

Christian Moulinard, universitaire
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Le chef de l'État multiplie les interventions dans les médias depuis l'annonce de l'affiche du second tour de l'élection présidentielle. Le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll a rapporté les propos du Président : "Tous les ministres" doivent s'engager "pleinement" dans la campagne afin que "Marine Le Pen fasse le score le plus bas possible. Plus que jamais, il faut refuser la banalisation du Front national". Selon les informations du Canard Enchaîné du mercredi 26 avril, le chef de l'État a recasé "pas moins de 18 ambassadeurs et 22 consuls généraux (...) Pour François Hollande, placer avant de partir des hommes sûrs à des postes clés est une manière de garder un peu de pouvoir". Selon Christian Moulinard, "il est fort possible que François Hollande agisse par tactiques politiciennes. Il a fait preuve de beaucoup de talent lors qu'il n'était pas président de la République. Lors de la primaire de la gauche en 2011, il a su jouer entre les courants qui divisaient le Parti socialiste".

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2017-04-29 08:00:00
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