Emmanuel Macron est-il en route vers l'élection présidentielle de 2017 ?

ÉCLAIRAGE / INTERVIEW - Le ministre de l'Économie jouit d'une liberté de parole qui lui permet de mieux mettre en place son plan pour l'élection présidentielle de 2017.

Emmanuel Macron à l'Assemblée nationale, le 29 mars 2016
Crédit : ALAIN JOCARD / AFP
Emmanuel Macron à l'Assemblée nationale, le 29 mars 2016

"En Marche". Le message est clair d'autant plus quand il s'agit des mots choisis par Emmanuel Macron pour nommer son mouvement politique. "J'ai mis du temps, j'ai réfléchi, j'ai consulté, j'ai associé des gens et j'ai décidé qu'on allait créer un mouvement politique, un mouvement politique nouveau", a-t-il déclaré lors d'une rencontre citoyenne dans sa ville natale, fermée aux journalistes mais retransmise sur Internet. 

L'ambition d'Emmanuel Macron ne fait plus aucun doute. Le ministre de l'Économie commence à préparer le terrain pour la prochaine élection présidentielle. Il explique qu'il n'a "pas la moindre idée" du poste qu'il occupera dans dix ans, dans un long entretien à L'Express. Mais cela ne l'empêche pas de vouloir faire "plus pour le pays". Il poursuit en expliquant qu'il réunit, "de manière régulière, des intellectuels, des élus, des élus de terrain pour réfléchir, préparer, cogiter" et surtout qu'il continuera de "préparer des choses au-delà son action".

Un pas de plus vers la présidentielle ?

Discrètement, le patron de Bercy fait un pas de plus vers la présidentielle de 2017. Son poste de ministre de l'Économie ne l'empêche pas de faire des critiques contre le gouvernement. Déchéance de nationalité35 heures, sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne… les "macronades" sont désormais célèbres. Partie intégrante d'un système qu'il dénonce, à quoi joue Emmanuel Macron ?

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Les jeunes se mobilisent pour le ministre de l'Économie. Surnommés les "macronistes", ils ont décidé de lancer un mouvement : "La gauche libre", samedi 12 mars. L'histoire a commencé en juin dernier avec des consultants, avocats, analystes financiers et entrepreneurs qui ont décidé de créer un site pour faire de la pédagogie sur la loi Macron. "Fort de leur succès (35.000 visites par mois), ils sont passés à l'étape supérieur", raconte Challenges. Et pour cause, un événement est organisé dans le XIe arrondissement de Paris et est retransmis sur YouTube. Pour Emmanuel Macron, pas question d'y assister... mais ce dernier leur a donné l'ultime conseil : "Allez-y. Foncez", confie le magazine. 

Des rapports conflictuels avec Manuel Valls

Le ministre de l'Économie semble être arrivé au bout de sa relation avec Manuel Valls. La loi Macron 2 s'est transformée en réforme du Code du travail, portée par Myriam El Khomri. C'est alors qu'a émergé l'hypothèse d'une démission. "Il sentait bien que Valls ne pouvait pas le dégager, mais qu'il ne rêvait que d'une chose : l'émasculer ! Il se pose alors la question de rester ou de partir", rapporte un proche à L'Obs. La proposition de François Hollande, de défendre les mesures au Parlement, n'a pas suffi à le séduire.

Ces derniers mois ont laissé émerger un nouvel Emmanuel Macron. "Le temps des petites phrases est révolu. Place aux grandes manœuvres", assure le magazine. Selon Bruno Cautrès, chercheur au CNRS et au Cevipof contacté par RTL.fr, Emmanuel Macron "possède l'image d'un briseur de tabous de la gauche".

Une association pensée depuis plusieurs mois

Le 2 mars dernier, l'hebdomadaire révélait que le ministre s'apprêtait à lancer, dans la plus grande discrétion, son association. Elle consisterait en un mouvement "à mi-chemin du laboratoire d'idées et du parti politique". Le ton est donné, l'association ne "s'interdisant pas de soutenir des initiatives proprement politiques ou de participer à des campagnes électorales". "Cela fait plusieurs mois que l'on s'organise, mais ça y est, ça va venir vite, ce n'est plus qu'une question de semaines", explique un proche dans la confidence.

La création de cette association n'est pas soudaine. L'Obs explique que même si les statuts ne sont pas encore déposés, "l'opération" avait débuté à l'automne mais "avait été mise sous le boisseau par les attentats du 13 novembre". Mais à la question "allez-vous créer un mouvement pour réunir vos soutiens ?", posée par L'Express, Emmanuel Macron répond : "Je ne commente jamais les rumeurs". Et son lancement semble déjà tout tracé. Première étape : les idées. Pour les appuyer, le ministre compte publier deux livres, "un ouvrage dense qui explique la place que la France doit avoir dans le nouveau monde et un autre, plus petit, en forme de manifeste", explique un collaborateur au magazine. Deuxième étape : la diffusion des idées. Le recrutement de soutiens est en cours d'étude.

Opération séduction auprès des lésés du gouvernement

"En une semaine, le ministre de l'Économie intensifie les rendez-vous à Bercy avec des parlementaires, souvent en tête-à-tête. 'Voyons-nous pour discuter', écrit par SMS le ministre à ses hôtes, avant d'envoyer la date et l'heure des agapes, dans un autre texto", explique L'Express. Emmanuel Macron part du constat que "le Président ne parle qu'aux corps intermédiaires, or les syndicats et les partis sont morts", et c'est justement aux oubliés que le patron de Bercy veut s'adresser. 

Il cible tout "ce que le PS compte d'orphelins ou d'élus en plein doute : des hollandais en froid avec Manuel Valls, des proches de Dominique Strauss-Kahn ou de Pierre Moscovici, des compagnons de route d'Arnaud Montebourg ou de Vincent Peillon", poursuit le magazine. Et cette technique du "réseautage" agace : "Il ne bosse pas, il se déplace peu, il est tout le temps en train de flatter, c'est tout pour sa gueule", confie un ministre à L'Express.   

Un pas de plus vers l'élection ?

L'idée prend de plus en forme. Selon Mediapart, l'actuel ministre de l'Économie serait en train de se préparer à l'élection présidentielle et pourrait même l'annoncer aux alentours du 10 juin. Et plus étonnant : François Hollande serait dans la confidence. "C’est Jean-Pierre Jouyet, l’ancien secrétaire d’État sarkozyste devenu secrétaire général de l’Élysée sous la présidence de François Hollande, qui suit pas à pas son protégé qui, comme lui, a d’innombrables liens avec les milieux de la haute finance. Le bras droit du chef de l’État est ainsi de longue date dans le secret de ces préparatifs".

Des "témoignages concordants" attestent que "le ministre de l’Économie dit, dans ses rencontres privées avec les milieux d’affaires, pis que pendre de François Hollande et assure qu’il ne fera plus jamais équipe avec lui. Et c’est la raison pour laquelle, dans les milieux financiers, il a reçu de solides appuis ; celui par exemple d’Henri de Castries, le patron d’Axa".

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2016-03-10 10:00:00
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