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Paris : deux députés Les Républicains bloquent l'accueil de migrants dans un gymnase

Philippe Goujon et Jean-François Lamour ont bloqué l'entrée du gymnase prévu pour accueillir les réfugiés. Une réaction jugée "inadmissible" par Anne Hidalgo, la maire de Paris.

Un camp de migrants dans le XVIIIe arrondissement de Paris
Un camp de migrants dans le XVIIIe arrondissement de Paris Crédit : LEWIS JOLY/SIPA
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
et AFP

Un millier de migrants installés dans un campement à Paris devant la halle Pajol, dans le XVIIIe arrondissement, a été évacué mercredi 29 juin, suscitant l'irritation d'élus LR qui ont bloqué un gymnase prévu pour les reloger. Au total, 1.139 personnes dont 58 considérées comme "vulnérables" (femmes, enfants...) ont été conduites dans près de 70 centres d'hébergement à Paris et en banlieue, soit plus du double de la population estimée il y a quelques jours, a indiqué la préfecture de région. 

L'opération, la 25e du genre en un an et menée comme chaque fois par la préfecture de région, la préfecture de police, la ville de Paris, les associations Emmaüs et France Terre d'asile et l'Office français de l'intégration et de l'immigration (Ofii), a démarré dans le calme peu avant 06h30 et s'est achevée en fin de matinée, a constaté une journaliste de l'AFP. Les migrants, essentiellement soudanais, afghans et érythréens, se sont pressés pour monter dans des bus. 

Mais une fois arrivés dans les centres d'hébergement, certains "ont refusé de descendre des bus", et 150 migrants ont décliné les offres faites sur cinq sites en Île-de-France, a-t-on appris auprès de la préfecture de région. Le préfet Jean-François Carenco expliquait avoir "du mal à comprendre le niveau d'exigence des gens" : "Beaucoup ont connu la guerre ou la dictature et ne veulent pas aller en province ou dans un centre d'hébergement en Île-de-France".

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Un gymnase bloqué par des élus

Dans le XVe arrondissement, le maire LR Philippe Goujon et le député Jean-François Lamour ont bloqué l'entrée du gymnase prévu pour accueillir les réfugiés, une attitude jugée "inadmissible" par la maire de Paris, Anne Hidalgo. "Nous sommes dans un État de droit : lorsqu'une décision préfectorale est prise, celle-ci doit pouvoir s'appliquer", a réagi l'élue socialiste dans un communiqué évoquant des "mots vifs" prononcés et "des coups de pieds" "donnés dans les baluchons" des réfugiés.  

La ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, a pour sa part qualifié cette attitude de "scandaleuse et irresponsable", et "contraire aux valeurs de la République". "Aucun territoire, aucun élu de la République n'est dispensé de la nécessaire solidarité qui fait de la France une terre d'accueil", a-t-elle ajouté dans un communiqué. Joint par l'AFP, Philippe Goujon a assuré que "ni l'État ni la ville ne l'avaient prévenu" de la réquisition de l'enceinte sportive et qu'"injecter dans un gymnase, sans préparation, des centaines de personnes, ce n'est pas possible". 

Le maire LR de Palaiseau (Essonne), Grégoire de Lasteyrie, a lui aussi assuré ne pas avoir été informé de l'arrivée d'une soixantaine de migrants : "Il y a un manque de préparation flagrant de la part de l'État, on les déplace comme du bétail, ce n'est absolument pas respectueux des populations concernées ni des collectivités territoriales", a-t-il affirmé à l'AFP

12.000 offres d'hébergements faites par les pouvoirs publics

Devant la halle Pajol, le directeur général d'Emmaüs France, Bruno Morel, avait, lui, salué la mobilisation de l'État et de la ville de Paris, tout en soulignant que la capitale "ne peut pas tout concentrer sinon on va à l'explosion. Il faut qu'on arrive à une approche nationale", un diagnostic partagé par les autorités et les associations. Depuis un an, les campements se sont régulièrement reconstitués dans les quartiers proches de la gare du Nord, débouchant à chaque fois sur une évacuation. Au total quelque 12.000 offres d'hébergement ont été faites par les pouvoirs publics. 

"Cette répétition a quelque chose d'absurde. Il est nécessaire que les politiques prennent la mesure de la question", a commenté sur place Pierre Henry, directeur général de France Terre d'asile, en plaidant pour "des capacités d'accueil temporaires dans toutes les capitales régionales". Anne Hidalgo a annoncé la création à la mi-septembre d'un centre humanitaire de réfugiés dans le nord de Paris. 

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Philippe Goujon et Jean-François Lamour ont bloqué l'entrée du gymnase prévu pour accueillir les réfugiés. Une réaction jugée "inadmissible" par Anne Hidalgo, la maire de Paris.
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2016-06-30 16:45:05
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