"Nous devrons, en 2017, revenir avec une méthode de gouvernement", estime Jean-François Copé

REPLAY - REPLAY / INVITÉ RTL - L'ancien dirigeant de l'UMP affirme avoir tiré des enseignements des dix-huit mois passés loin des arcanes du pouvoir.

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Jean-François Copé répond aux questions des auditeurs d'"RTL" Crédit Image : Frédéric Bukajlo / SIPA Crédit Média : Yves Calvi

Après dix-huit mois d'absence, Jean-François Copé fait son retour sur le devant de la scène politique. Le maire de Meaux signe Le Sursaut français (Stock), dans lequel il propose une nouvelle manière d'organiser la gouvernance de l'État. Invité d'Olivier Mazerolle, Jean-François Copé a prolongé sa visite dans le studio d'RTL pour répondre à quelques questions d'auditeurs


En tant que député de Seine-et-Marne, Jean-François Copé affirme qu'il votera la déchéance de nationalité, discutée le 5 février prochain à l'Assemblée nationale. Toutefois, il estime que cette mesure "ne va pas contribuer à la lutte contre le terrorisme". "Je pense que c'est une manière d'apaiser un peu la tristesse et la colère des Français face à ces jeunes devenus des barbares, totalement endoctrinés par des sectes qui instrumentalisent la religion à des fins de violence très lâches", précise-t-il.

Un retour sous le signe de la nouveauté

Pour l'heure, Jean-François Copé affirme qu'il n'a pas encore décidé de se présenter ou non à la primaire de la droite. "Je n'ai pas pris cette décision, prématurée aujourd'hui, affirme-t-il. Je reviens de 18 mois d'entretien avec les Français dans toutes les régions, avec énormément d'idées nouvelles, des mots nouveaux, une méthode de gouvernement très différente de tout ce que nous avons pu faire jusqu'à présent". Lucide sur la gravité des accusations qui lui ont été portées dans l'affaire Bygmalion, le député de Seine-et-Marne semble vouloir prendre le temps de solidifier son retour. "J'ai été extrêmement sali, caricaturé, mais au-delà de la caricature il y a mon engagement personnel, fondé sur ce que j'ai entendu."

Quand il est interrogé sur la polémique des pains au chocolat, Jean-François Copé relativise. Selon lui, cet épisode a fait l'objet d'une déformation. "L'histoire était vraie et, rétrospectivement, cela paraît mineur à côté de ce qu'on a pu voir ailleurs. Au moment où je l'ai racontée, en 2012, en pleine campagne interne, l'image n'a pas permis à l'idée d'être développée. J'en ai tiré une leçon : à chaque fois que l'on dénonce un problème, il faut en même temps proposer des solutions. Dans mon livre, je dénonce avec la plus grande fermeté tout ce qui de près ou de loin instrumentalise la religion à des fins de violence. Je propose un concordat pour que nos compatriotes de confession islamique aient aussi un cadre pour ce qui concerne les lieux de culte", affirme Jean-François Copé avant de se raviser : "De confession musulmane." 

Le CDI, contrat désuet ?

À l'antenne, un membre du parti Les Républicains l'interpelle. "Je suis un élu et quand on est élu c'est pour servir les autres et non pour se servir. Comment comptez-vous servir votre famille politique ?". L'ancien premier secrétaire de l'UMP propose "un débat sur les idées". "Le numérique a transformé, en quinze ans, la vie quotidienne. Il y a des concepts sur lesquels nous vivions avant, comme le CDI - le même poste dans la même entreprise toute sa carrière - qui aujourd'hui ne sont plus adaptés." Jean-François Copé envisage que chaque jeune, dès 16 ans, obtienne un numéro SIRET "en même temps que son numéro de sécurité sociale, pour pouvoir travailler, venir découvrir ce que c'est de créer une petite structure".

"Aujourd'hui, les politiques n'ont plus de crédit, les Français sont fatigués de vos discours. Comment comptez-vous regagner votre capital crédit ?", poursuit un auditeur. "On reproche aux hommes politiques de ne pas avoir de résultats, embraye le député. L'obligation de résultats devrait être dans tous nos débats. Nous devrons, en 2017, revenir avec une méthode de gouvernement". Jean-François Copé insiste sur l'importance d'annonce les grandes décisions à venir en début de mandat présidentiel. "Un président, lorsqu'il est élu au mois de mai, dépose au Parlement, dès le mois de juillet, un texte par lequel il va, par ordonnance, pendant trois mois, prendre les dix ou quinze décisions qui débloquent le pays".


"Vous revenez avec de la bienveillance. C'est bien", lance un auditeur, qui a remarqué les occurrences nombreuses du mot "bienveillance" dans le discours du maire de Meaux. "Est-ce que vous ne pensez pas que l'état de l'opinion, sur la politique en particulier, est liée à une forte demande d'éthique et d'honnêteté ?", poursuit l'auditeur, manifestement agacé. "Je demande juste qu'on ne condamne pas avant d'avoir tous les éléments, rétorque Jean-François Copé. J'ai été désigné coupable idéal il y a 18 mois. Aujourd'hui je ne suis l'objet d'aucune poursuite, j'ai pourtant été entendu en audition libre. Il faut laisser la justice établir, sur la base des faits, ce qu'il en est réellement".

"On a tiré tous les enseignements de nos propres loupés"

"On peut être avocat et député et débattre sur l'honnêteté politique ?", demande Yves Calvi. "Je ne vois pas ce que ça a de malhonnête ou alors on ne peut rien être d'autre, pas fonctionnaire, pas médecin... Je pense qu'être député et maire d'une ville moyenne, ça peut avoir du sens, ça permet de créer des complémentarités, raconter à Paris ce que l'on voit sur le terrain et vice-versa. Ce sont des choses que l'on ne peut pas faire si l'on n'est pas maire", avance-t-il.

Le député se dit confiant quant aux conditions dont la primaire va s'organiser chez Les Républicains. "Je n'ai jamais été inquiet. On a tiré tous les enseignements de nos propres loupés". Interrogé sur son rôle dans l'affaire Bygmalion, il peine à expliquer ses manquements en tant que dirigeant de l'UMP. "Il y a une enquête en cours et il m'est difficile d'aller plus avant dans la réponse", précise-t-il. "J'ai été tenu tout à fait à l'écart de ce qui s'est décidé. Je ne signais aucun chèque, n'était associé au paiement d'aucune facture" affirme-t-il, précisant qu'il s'en remettait à "un cercle de confiance" qui gérait cela pour lui. "Toute personne qui a à diriger une organisation quelle qu'elle soit ne peut pas jurer avec certitude qu'il est au courant de tout et que rien ne lui échappe", poursuit Jean-François Copé.

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2016-01-20 11:43:28
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