Le Maire, Montebourg, Juppé : "On a tout sauf une nouvelle offre politique", estime Olivier Bost

REPLAY / ÉDITO - Bruno Le Maire lance sa campagne pour la primaire à droite ce mardi 23 février à Vesoul, dans l'espoir de représenter le renouveau. D'autres pourraient suivre sa route. Mais est-ce vraiment suffisant ?

Un bulletin de vote glissé dans l'urne (illustration) >
Le Maire, Montebourg, Juppé : "On a tout sauf une nouvelle offre politique", estime Olivier Bost Crédit Image : CHARLY TRIBALLEAU / AFP | Crédits Média : RTL | Durée : | Date :
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Nous voulons de la nouveauté, un bol d’air frais, du changement. L’idée d'une affiche Hollande, Sarkozy, Le Pen, Bayrou et Mélenchon désespèrent une écrasante majorité de Français. Nous n’en voulons pas. Chaque sondage le confirme de mois en mois. Personne ne veut de cet air de "déjà vu". Il y a Alain Juppé, dont ce serait la première candidature à une présidentielle ? Excusez-nous, mais pour le renouvellement… On ne va pas vous rappeler le CV du maire de Bordeaux. On ne veut pas être désagréable, mais c’est tout sauf une nouvelle offre politique. Comme nous l'a confié l’un de ses ennemis, Alain Juppé c’est "l’anticyclone de Nicolas Sarkozy". S’il est si haut dans les sondages, c’est  parce qu’une partie des électeurs ne veulent pas de l'ancien président. Si à un moment Sarkozy n’est plus candidat, Juppé va s’écrouler. Non, ce n’est pas Alain Juppé qui va faire oublier que 2017, pour l’instant, ne s’annonce pas comme une élection très très excitante.

Bruno Le Maire, qui se lance ce 23 février, est le plus jeune (il a 46 ans). Mais ce n’est pas le perdreau de l’année non plus. Pareil : si on écoute ses ennemis, pour le renouveau il faudra repasser. Bruno Le Maire est un énarque, passé par les cabinets et les ministères. Il n’arrête pas de dire qu’il est le seul et le vrai renouveau dans sa famille politique. Mais comme le font remarquer ses détracteurs, "quand on est le renouveau on n’a pas besoin de le dire". D'autres, plus sévères toujours dans sa famille politique, lui reprochent de surtout flotter au gré des études d’opinion. Il lui manquerait de vraies convictions. Pas de quoi y voir le nouveau penseur d’une nouvelle droite qui se réinvente.

Pour ceux qui voudraient se lancer dans la course hors parti, il y a des obstacles toujours plus hauts à franchir

Olivier Bost

À gauche, Arnaud Montebourg continue d’entretenir le suspens sur sa candidature en 2017. Là c'est pareil. L'ancien ministre du Redressement productif a 53 ans. Il compterait presque deux décennies de politique, s’il n’avait pas décidé de se mettre à l’écart. Il est aujourd'hui vice-président du conseil de surveillance d’Habitat. Ce recyclage dans l’ameublement n’a pas fini d’étonner, même ses plus proches. Pour eux, sa position est très difficile aujourd'hui : il est allé trop loin dans son retrait de la vie politique. Il reste cette question : veut-il vraiment se lancer dans la présidentielle ? C’est une question encore sans réponse. Un moment, il sera trop tard pour y répondre.

Pour tous ceux qui voudraient se lancer dans la course hors parti et hors système, il y a des obstacles toujours plus hauts à franchir. Il faut 500 signatures. Même si certains, comme le Front national, ont souvent instrumentalisé et entretenu le suspense autour de ces fameuses signatures, c’est un vrai challenge, un vrai gros travail pour tout petit candidat qui veut se lancer.

L’autre obstacle, c’est d’obtenir de l’argent d’une banque. Après les mésaventures de Nicolas Sarkozy, obligé de rembourser, et le risque de ne pas arriver à 5% des voix, c’est de plus en plus dur d’obtenir de l’argent d’une banque. C’est un vrai sujet, par exemple pour Cécile Duflot. Son parti n’a plus un sou et a perdu beaucoup d’élus pour les signatures. Sans vouloir être désagréable, ce n'est pas sûr que c’est avec la candidature de l'ancienne ministre que les Français se diront : "Voilà du renouveau, on va voter en 2017 !" Peut-être que nous aurons une surprise, une vraie d’ici la fin de l’année. Mais pour l’instant, elle se fait encore attendre.

Le carnet du jour

Savez-vous comment Nicolas Sarkozy choisit les librairies où il va dédicacer son livre ? Cela dépend des mouvements de ses adversaires. On appelle cela la stratégie du coucou. L'ancien chef de l'État avait pris un malin plaisir à aller à Bordeaux, chez Alain Juppé, au début du mois. Plus récemment quand il a appris que François Fillon allait tenir un meeting à Boulogne-Billancourt, près de Paris, il s’est empressé de programmer une séance de dédicace dans la ville. Nicolas Sarkoy ira-t-il à Vesoul, où Bruno Le Maire lance sa campagne pour la primaire ? T’as voulu voir Vesoul, et on a vu Vesoul…

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LoïcFarge42
par Journaliste RTL
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Le Maire, Montebourg, Juppé : "On a tout sauf une nouvelle offre politique", estime Olivier Bost
REPLAY / ÉDITO - Bruno Le Maire lance sa campagne pour la primaire à droite ce mardi 23 février à Vesoul, dans l'espoir de représenter le renouveau. D'autres pourraient suivre sa route. Mais est-ce vraiment suffisant ?
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2016-02-23 09:39:00
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