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Édouard Philippe, premier ministre : la pièce maîtresse d'Emmanuel Macron

ÉCLAIRAGE - C'est la première fois sous la Ve République qu'un président de la République ne choisit pas un premier ministre issu de son camp.

Édouard Philippe, lors de la passation de pouvoir à Matignon, le 15 mai 2017
Édouard Philippe, lors de la passation de pouvoir à Matignon, le 15 mai 2017 Crédit : Joel SAGET / AFP
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

"Je suis moi-même un homme de droite". La qualification est simple, précise et sans détour. C'est ainsi que s'est défini Édouard Philippe lors de la passation de pouvoir avec Bernard Cazeneuve à Matignon. À son prédécesseur, il déclare : "Vous avez dit que vous étiez un homme de gauche (...) Il se trouve que je suis moi-même un homme de droite (...). Comme vous, je sais que l'intérêt général doit guider l'engagement des élus, l'engagement des agents de l'État et, d'une certaine façon, l'engagement de nos concitoyens".

La nomination du premier ministre était un événement attendu et devait lancer le mandat d'Emmanuel Macron. Pourquoi ? À l'époque où il était candidat, Emmanuel Macron n'a eu de cesse de rappeler que son premier ministre devait être en mesure de "tenir une majorité parlementaire de projet. Ça veut dire qu'il faudra qu'il ou elle ait une forte expérience de l'art parlementaire et de la capacité à gouverner". Cela marque ainsi l'orientation que souhaite impulser le président de la République d'ici les élections législatives. 

L'affiche du renouvellement

Édouard Philippe est "un bon choix", selon Alain Duhamel car "il coche les cases qu'Emmanuel Macron voulait remplir. Il est le symbole d'un renouvellement. C'est un élu qui a 46 ans, mais un élu encore jeune qui n'est député que depuis une législature. Il a été tardivement maire, il a des expériences dans le privé. Ce n'est pas un ténor, c'est un espoir ou un pari. C'est un capitaine que l'on vient de nommer général". Et si Édouard Philippe est devenu général, c'est parce qu'il a la délicate tâche de rassembler autour du président de la République. Et pourquoi pas d'attirer d'autres Républicains issus de la droite dite "modérée"

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Invité au Journal Télévisé de TF1, Édouard Philippe a expliqué avoir accepté le poste de premier ministre car "la situation" du pays impliquait de "tenter quelque chose qui n'a jamais été tenté" avec des hommes et des femmes de droite, du centre et de gauche dans un même gouvernement. "J'ai réfléchi, j'ai consulté un peu et je me suis dit que la situation dans laquelle nous étions était suffisamment unique pour que nous tentions (...) Ce que propose le président de la République, ce que je vais essayer de construire avec lui pour faire réussir le pays, c'est une majorité, avec des gens issus de la droite comme je le suis, des gens issus de la gauche, comme lui peut l'être, des gens qui viennent de la société civile (...) pour essayer de faire avancer le pays", a ajouté le maire Les Républicains du Havre.

Un nombre de ministères réservés à la droite ?

Son objectif est clair : "Le ciment, c'est l'idée qu'il faut recomposer la vie politique (...) C'est un ciment puissant (...) Ce qui nous importe" dans la composition du gouvernement, "c'est de trouver les bonnes personnes qui partagent cette ambition pour la France et ce refus du sectarisme, a-t-il ajouté. Comment compte-t-il s'y prendre ? "Je suis en train de constituer un gouvernement" en suivant "les orientations claires" données par le Président. Ce gouvernement "sera rassembleur de compétences" et devra "donner une majorité de progrès" au président de la République.

Le premier ministre d'Emmanuel Macron tient un rôle central car la nomination d'un gouvernement est "un savant dosage à faire entre la société civile, la parité, la droite et la gauche. C'est une recette plus compliquée que d'habitude", est-il expliqué dans les colonnes du Monde. "Le Président et le Premier ministre ont également dû se mettre d’accord sur un point-clé : le nombre de ministères réservés à la droite. Car les proches d’Alain Juppé et de Bruno Le Maire ont posé leurs conditions pour participer à l’action gouvernementale : que le premier ministre soit de leur camp et que plusieurs portefeuilles leur soient réservés. Un impératif pour franchir le Rubicon en groupe", peut-on lire dans le journal.

Aspirer une partie des Républicains ?

En plus de constituer un nouveau gouvernement, Emmanuel Macron et Édouard Philippe dessinent le nouveau cadre politique. "L’arrimage de juppéistes et de lemairistes au gouvernement doit permettre de faire décrocher de LR une partie de la droite modérée, notamment chez des candidats aux élections des 11 et 18 juin. Ces derniers prendraient l’étiquette La République en marche, qui distribue ses dernières investitures mercredi. Une source proche d’Alain Juppé évoque vingt à trente candidats qui pourraient faire ce choix. Une estimation irréaliste, selon plusieurs responsables LR", ajoute Le Monde. Et cela ne s'est pas fait attendre puisque 28 élus Les Républicains et UDI, souhaitent répondre favorablement à la "main tendue" par le président de la République. "La droite et le centre doivent prendre la mesure de la transformation politique qui s'opère sous leurs yeux", expliquent-ils dans un communiqué. 

Selon Alba Ventura, "le but, si ça fonctionne, c'est de créer un appel d'air, et de faire en sorte que les électeurs Les Républicains votent pour des candidats La République En Marche aux législatives le mois prochain. Le but c'est de dire "la droite est avec moi", et de rafler la mise. Soit Édouard Philippe parvient à réunir suffisamment de tête d'affiches de droite et de centre-droit (en clair, est-ce que cette première brèche permettra de faire céder la digue ?), soit Édouard Philippe reste un cas isolé, un éclaireur qui ne sera pas suivi par les autres. Sur cette nomination et sur l'équipe gouvernementale à venir, Emmanuel Macron joue la dynamique de son quinquennat".

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ÉCLAIRAGE - C'est la première fois sous la Ve République qu'un président de la République ne choisit pas un premier ministre issu de son camp.
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2017-05-16 15:26:38
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