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Civitas : qui se cache derrière l'association catholique devenue un parti politique ?

ÉCLAIRAGE - L'association catholique d'extrême droite a obtenu en toute discrétion le statut de parti politique le 23 avril dernier. Mais qui trouve-t-on derrière ce mouvement qui veut "rechristianiser la France" ?

Qui se cache derrière Civitas ?
Qui se cache derrière Civitas ? Crédit : DAMIEN MEYER / AFP
Paul Véronique

Le mouvement catholique d'extrême droite Civitas n'était auparavant qu'une association. Mais depuis le 23 avril dernier,  il bénéficie aussi du statut de parti politique. Une décision parue au journal officiel le 13 juin. Les dons que perçoit la formation pourront donc désormais faire l'objet d'exonérations fiscales à hauteur de 66%. L'organisation semble plutôt bien mener sa barque au sein des courants identitaires.

Les Civitas s'étaient surtout fait connaître en 2012 à l'occasion du débat sur le mariage pour tous. L'association militait alors pour un retrait du texte, à l'instar de "la Manif pour tous". Pourtant, considéré trop proche de l'extrême droite, Civitas n'avait jamais été convié aux manifestations officielles. Alain Escada, déjà président de l'association catholique, déclarait à l'époque : "Un nouveau mariage déboucherait sur la légitimation future du mariage polygame et incestueux". Pas vraiment du goût de la Manif pour tous qui, à ce moment, essayait plutôt de lisser une image parfois rêche. Civitas avait organisé ses propres rassemblements, réunissant parfois jusqu'à 9.000 personnes, selon la police. Fortement médiatisé, le groupuscule commençait alors à être connu du grand public. Pourtant, il ne s'agissait pas de son premier combat.

Aux origines de Civitas

L'association naît en 1999, de l'éclatement de La Cité catholique, une organisation créée par Jean Ousset, un intellectuel vichyste proche des milieux royalistes. Pendant longtemps, elle va rester dans une sorte de clandestinité propre aux mouvements d'extrême droite, avant de se faire connaître des médias sous l'impulsion d'Alain Escada. Cet homme au visage poupin, originaire de Belgique, est actif depuis ses 18 ans dans les milieux identitaires. Au cours de sa vie militante, il va petit à petit se rapprocher des catholiques traditionalistes et plus particulièrement de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, une société de prêtres intégristes qui n'est pas reconnue par l'Église catholique.

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Dans les années 2000, il va prendre part à différentes actions à Bruxelles, comme les manifestations contre l'adoption pour les couples homosexuels ou les mouvements hostiles à l'avortement. Après ces années de militantisme, il rejoint finalement Civitas, dont il devient secrétaire général en 2009 puis président en 2012. À cette époque, l'association revendique 1.250 membres et 170.000 abonnés à sa lettre d'information.

Quelles sont ses prises de position ?

"L’institut Civitas est une œuvre de reconquête politique et sociale visant à rechristianiser la France", peut-on lire sur son site internet. Du reste, le programme du tout récent parti politique reste assez nébuleux. Alain Escada déclarait ce mercredi 29 juin au micro de RTL vouloir, "défendre la famille, la vie et une vision chrétienne de la société". Difficile d'y voir clair, alors que jusqu'à présent l'association se contentait principalement d'un lobbying assez actif auprès des élus locaux. 

En juin, la revue de Civitas était consacrée aux "mensonges démocratiques". Reprenant les mots de Charles Maurras, royaliste et antisémite notoire, "la démocratie c'est le mal, la démocratie c'est la mort", l'organisation traditionaliste expliquait vouloir "montrer la nature congénitalement menteuse (de la démocratie ndlr) lorsqu'elle se veut représentative". Moins que par des propositions concrètes, Civitas s'est surtout distingué par ses nombreuses oppositions au fil du temps. Ses sujets de prédilection sont notamment l'islam, l'homosexualité et la pilule contraceptive. Pour le moment, la formation politique n'envisage pas de présenter de candidats à l'élection présidentielle a indiqué à RTL Alain Escada. "Civitas précisera en septembre la stratégie choisie à cet effet", précise-t-il sur son site internet. 

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2016-06-30 08:00:00
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