4 min de lecture États-Unis

États-Unis : que s'est-il passé à Charlottesville ?

Un rassemblement de l'extrême droite américaine le 12 août à Charlottesville (Virginie) a entraîné de violents affrontements, et la mort d'une femme renversée par une voiture.

Des suprémacistes blancs manifestant à Charlottesville (États-Unis) le 12 août 2017.
Des suprémacistes blancs manifestant à Charlottesville (États-Unis) le 12 août 2017. Crédit : ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP
109117333772423871640
Geoffroy Lang
et AFP

Des scènes d'affrontements entre groupes d'extrême-droite et contre-manifestants, des manifestants défilant sous des drapeaux confédérés et des croix gammées tout en reproduisant le salut nazi : c'est le triste spectacle qui s'est déroulé samedi 12 août à Charlottesville, dans l'état de Virginie. En marge de ce rassemblement polémique de l'extrême droite américaine, une femme de 32 ans a également perdu la vie après avoir été fauchée par une voiture qui a foncé dans un groupe de contre-manifestants.

Le FBI a ouvert une enquête sur "les circonstances de l'accident mortel impliquant un véhicule survenu samedi", a annoncé la police fédérale américaine. Les autorités locales ont donné un bilan de trois morts et 35 blessés, incluant le décès de deux policiers morts dans la chute de leur hélicoptère près de Charlottesville sans qu'un lien explicite avec les affrontements ne soit établi.

Une polémique trouvant ses origines dans la guerre de Sécession

À l’origine la convergence de ces groupuscules d'extrême-droite et de leurs contempteurs dans cette ville de Virginie, on retrouve la décision de la ville de Charlottesville de déboulonner dans un jardin municipal la statue d'un général sudiste favorable à l'esclavage : Robert E. Lee. Pour manifester leur désaccord, des groupes de la droite radicale et identitaire, dont le Ku Klux Klan et des néonazis, ont décidé d'organiser une journée de mobilisation baptisée "Unite the Right Rally".

À lire aussi
Donald Trump en conférence de presse à la Trump Tower (New York) le 15 août 2017. États-Unis
Charlottesville : Trump appelle "à l'amour" entre les Américains


Des centaines de manifestants et de contre-manifestants étaient arrivés dans la matinée à Charlottesville, une ville de l'est des États-Unis. Des échauffourées entre les deux camps ont rapidement éclaté, malgré le déploiement de la police anti-émeutes et de la garde nationale. Face à cette escalade de violences, le gouverneur de Virginie Terry McAuliffe avait déclaré l'état d'urgence en raison des affrontements qui opposaient des centaines de manifestants et de contre-manifestants avant même le début du rassemblement d'extrême droite.

Une fille au sol a été mutilée. C'était volontaire, ils ont fait exprès de faire marche arrière

Un témoin de l'accident
Partager la citation

Une femme de 32 ans a été tuée et 19 personnes ont été blessées lorsqu'une voiture a percuté une foule composée, selon des témoins, de contre-manifestants hostiles au rassemblement d'extrême droite. 
Le conducteur du véhicule a été placé en garde à vue et la police traite les faits comme un "homicide criminel", a déclaré le chef de la police de Charlottesville, Al Thomas. Selon la chaîne de télévision CNN, le suspect, James Alex Fields Jr, 20 ans, originaire de l'Ohio, a été inculpé de meurtre, de blessures et de délit de fuite.

Une vidéo montre une voiture de couleur sombre percutant un autre véhicule par l'arrière, qui lui-même rentre dans une troisième voiture devant lui. La voiture responsable de la collision repart alors vivement en marche arrière au milieu des manifestants paniqués. "On marchait dans la rue quand une voiture, une berline noire ou grise, nous a foncé dessus, elle a percuté tout le monde. Puis elle a reculé et nous a encore heurtés", a déclaré un témoin à l'AFP. "Une fille au sol a été mutilée. C'était volontaire, ils ont fait exprès de faire marche arrière", a raconté un autre homme qui avait assisté à la scène.

Le gouverneur de Virginie demande aux suprémacistes de rentrer chez eux

De nombreux partisans de l'extrême droite brandissaient des drapeaux confédérés, que beaucoup d'Américains considèrent comme un symbole de racisme. Certains faisaient le salut nazi. Les militants anti-racistes agitaient des drapeaux du mouvement Black Lives Matter (BLM), qui proteste régulièrement contre les décès de Noirs victimes d'usage excessif de la force par la police. Ils scandaient des slogans comme "Nous disons non à la peur raciste" ou "Pas de nazis, pas de KKK, pas de fascistes aux USA".

En fin d'après-midi, le centre de Charlottesville était pratiquement désert à part une forte présence des forces de sécurité. Dans la soirée, le gouverneur de Virginie a attaqué les groupes d'extrême droite lors d'une conférence de presse. "J'ai un message pour tous les suprémacistes blancs et les nazis qui sont venus aujourd'hui à Charlottesville. Notre message est simple et clair. Rentrez chez vous. Vous n'êtes pas les bienvenus dans cette belle communauté", a-t-il dit.

Par ailleurs, deux occupants d'un hélicoptère de la police sont morts lorsque l'appareil s'est écrasé dans une zone boisée proche de Charlottesville, a indiqué la police. Une enquête sur les causes de l'accident a été ouverte. 

Auparavant, les forces de sécurité n'ont pas été en mesure de contenir les multiples affrontements entre les manifestants des deux camps. 

Des manifestations condamnées à demi-mots par Donald Trump

Le président Donald Trump a condamné les violences de Charlottesville, sans se prononcer sur la responsabilité de l'un ou l'autre des camps en présence. "Nous devons TOUS nous unir et condamner tout ce qui représente la haine. Il n'y a pas de place en Amérique pour ce type de violences", a-t-il écrit sur Twitter. Dans un communiqué, le ministre américain de la Justice Jeff Sessions s'est montré moins pusillanime : "Quand de telles actions sont suscitées par l'intolérance raciale et la haine, elles trahissent nos valeurs fondamentales et ne peuvent être tolérées".

La démocrate Hillary Clinton, battue par Donald Trump à l'élection présidentielle de 2016, a critiqué le président des États-Unis sans le nommer. "Chaque minute où nous permettons à cela de se poursuivre par un encouragement tacite ou par inaction est une honte et un danger pour nos valeurs", a-t-elle tweeté. Le sénateur républicain de Floride, Marco Rubio, est lui aussi intervenu sur Twitter. "Très important pour la nation d'entendre le président décrire les événements de Charlottesville pour ce qu'ils sont, une attaque terroriste menée par des suprémacistes blancs". 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
États-Unis Racisme Affrontements
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7789701861
États-Unis : que s'est-il passé à Charlottesville ?
États-Unis : que s'est-il passé à Charlottesville ?
Un rassemblement de l'extrême droite américaine le 12 août à Charlottesville (Virginie) a entraîné de violents affrontements, et la mort d'une femme renversée par une voiture.
http://www.rtl.fr/actu/international/etats-unis-que-s-est-passe-a-charlottesville-7789701861
2017-08-13 06:57:00
http://media.rtl.fr/cache/TpD8iLfZ9UX1LGXsko20sA/330v220-2/online/image/2017/0813/7789701920_des-supremacistes-blancs-manifestant-a-charlottesville-etats-unis-le-12-aout-2017.jpg