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Bachar al-Assad : "Nous sommes sur le chemin de la victoire"

DOCUMENT RTL - Le chef de l'État syrien a accordé une interview à RTL ce dimanche 8 janvier à Damas, avant de rencontrer une délégation de trois députés français, Thierry Mariani, Jean Lassalle et Nicolas Dhuicq.

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Bachar al-Assad : "Nous sommes sur le chemin de la victoire" Crédit Image : AFP / JOSEPH EID | Crédit Média : RTLNET | Durée : | Date :
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Thomas Prouteau avec Marie-Baptiste Duhart et Clémence Bauduin

Le chef de l'État syrien Bachar al-Assad est l'un des hommes les plus critiqués au monde, les mieux protégés aussi. RTL l'a rencontré dans son palais présidentiel à Damas, capitale du pays. Le régime de Bachar al-Assad contrôle depuis plusieurs semaines la majeure partie d'Alep, deuxième ville de Syrie, au prix de lourds bombardements dans cette guerre qui a coûté à la vie à 310.000 personnes et fait des millions de réfugiés depuis mars 2011.

"Bien entendu, il est très douloureux pour nous, Syriens, de voir une partie notre pays détruite, et de voir un bain de sang quoi qu’il arrive. Je n’ai jamais entendu parler, dans l’histoire, de bonne guerre. Toutes les guerres sont mauvaises", déclare celui qui occupe le pouvoir depuis seize ans, seize années au cours desquelles son pays s'est enfoncé dans un cycle de violences, dénoncées par une large part de la communauté internationale, aujourd'hui impuissante.

Sans scrupules

Mais le leader syrien dit légitimer ces bombardements par la nécessité de lutter contre le terrorisme. "La question est de savoir comment libérer les civils des terroristes dans ces quartiers. Est-ce qu'il est mieux de les laisser sous leur pouvoir, avec les décapitations, les exécutions ? Est-ce le rôle de l’État ? Non, il faut les libérer et c’est parfois le prix à payer mais, à la fin, les gens sont libérés des terroristes. C’est ce que nous avons à faire", estime, sans scrupules, Bachar al-Assad, alors que la ville d'Alep n'est plus qu'un champ de ruines, dévastée par les bombardements sans merci des Syriens et des Russes.

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Reste que le régime syrien, qui quadrille Damas, estime ne pas avoir encore remporté la guerre. "Une victoire, ce sera quand nous aurons éliminé tous les terroristes. Mais c’est un moment critique dans cette guerre, et nous sommes sur le chemin de la victoire". Une trêve, globalement respectée, a été décrétée le 30 décembre en Syrie. Elle doit ouvrir la voie à des négociations de paix prévues fin janvier à Astana au Kazakhstan.

La France renvoyée à son action en Libye

Face aux nombreux pays dont la France qui accusent le régime de crime de guerre notamment pour avoir bombardé volontairement des civils à Alep, le président syrien botte donc en touche et réfute les exactions. "Vous ne pouvez pas avoir le soutien populaire, si vous tuez vos propres citoyens", explique Bachar al-Assad, concluant que "toute cette histoire ne tient pas debout". Le dirigeant en profite même pour égratigner la France au passage qui n'est selon lui  pas "en position de nous accuser." "Si on parle de la France, attaquer la Libye, cela faisait partie des droits de l’homme ? Donc ils ne sont absolument pas en position de discuter de cela avec un quelconque pays dans le monde".

Autre point de friction avec la communauté internationale, l'armée régulière bombarderait plus volontiers les zones tenues par la rébellion que les positions de l'État islamique. Une stratégie ambiguë qui laisse une question en suspens : le gouvernement syrien souhaite-t-il vraiment éradiquer Daesh ? Pour le dirigeant, la problématique se résume "à une question purement militaire". Bachar al-Assad fait d'ailleurs peu de différences entre les forces en présence qui sont tous, à ses yeux, des groupes terroristes : "Qu'ils s’appellent État islamique, Nosra, qu’ils se disent modérés ou bien Casques blancs. Au point de vue national, nous n’avons pas de priorité", tranche-t-il dans un discours bien rôdé.

Fillon ? "Sa vision est la bienvenue"

Concernant la politique française et l'échéance présidentielle à venir, le dirigeant syrien affiche sa préférence pour François Fillon étrillé à plusieurs reprises par ses adversaires pour avoir défendu le régime Assad. "Sa vision concernant les terroristes, ou disons la priorité du combat contre le terrorisme sans s’ingérer dans les affaires des autres pays, est bienvenue", se félicite-t-il tout en restant prudent sur les positions du candidat Les Républicains et en précisant "n'avoir aucun contact avec lui". Autre élection présidentielle mais même promesse de renforcer les relations avec la Syrie, Bachar al-Assad estime "positive" l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche. Pour le président syrien, le réchauffement des échanges entre les États-Unis et la Russie rejailliront de manière indirecte le conflit qui fait rage dans son pays.

Fidèle à sa position depuis le début de la guerre, Bachar al-Assad n'a aucunement l'intention de quitter son costume de dirigeant le plus controversé de la planète. Loin de remettre en cause sa légitimité, il aborde le prochain scrutin visiblement serein. Le message adressé aux pays occidentaux est clair : le droit de vote n'est pas en danger en Syrie. "Les citoyens votent pour celui qui sera le prochain président. Selon la Constitution, c'est au peuple de décider qui sera le président ou pas. Cela vaut pour moi car j’ai le droit d’être désigné, et j’ai aussi le droit de ne pas être candidat si je ne veux pas l'être". Des propos à prendre avec beaucoup de précautions puisque le pays n’a jamais connu d’élections transparentes et que Bachar al-Assad a succédé à son père, président à vie.

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2017-01-08 18:04:00
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