Agressions du Nouvel An à Cologne : ce qu'il faut savoir de l'enquête en 4 points

ÉCLAIRAGE - Plus de 500 plaintes, dont 40% pour des agressions sexuelles, ont été déposées en Allemagne depuis la nuit de la Saint-Sylvestre. Une actualité qui réveille le débat sur les réfugiés.

La gare de Cologne photographiée le 7 janvier 2016
Crédit : ROBERTO PFEIL / AFP
La gare de Cologne photographiée le 7 janvier 2016

L'affaire est sordide et plonge Cologne sous le feu des projecteurs pour de bien mauvaises raisons. Le soir de la Saint-Sylvestre, une série de violences est perpétrée devant la gare. Au total, plus de 500 plaintes sont déposées dans les jours qui suivent pour des vols mais aussi des violences sexuelles. Mais cette crise est bien plus profonde outre-Rhin alors qu'une véritable vague de contestation s'est élevée dans tout le pays pour dénoncer la politique du gouvernement allemand mais aussi les moyens de la police locale et la position assumée dans la crise migratoire.

En 2015, pas moins d'un million de réfugiés ont franchi les frontières de l'Allemagne. Un chiffre bien supérieur à ses voisins européens qui est aujourd'hui pointé du doigt alors que certains migrants sont mis en cause dans cette affaire. 

1. Au moins 516 plaintes à Cologne

Les premiers chiffres étaient déjà effroyables alors qu'une petite centaine de plaintes avaient été déposées à Cologne. Mais comme le prédisait alors le chef de la police de la ville, les chiffres n'allaient cesser d'augmenter. Au total, pas moins de 516 femmes ont décidé de porter plainte à Cologne mais aussi à Hambourg où 133 autres dépositions ont été recensées.

Dans la ville de l'ouest de l'Allemagne, au moins 40% des plaintes sont pour des faits d'agressions sexuelles. Dans les faits rapportés par les victimes, les agresseurs agissaient en bandes de plusieurs dizaines de personnes aux abords de la gare de Cologne. Selon les témoignages des victimes mais également des policiers intervenus pendant les faits, les suspects "âgés de 18 à 35 ans" étaient "apparemment d'origine arable ou nord-africaine" et "en grande partie des demandeurs d'asile et des personnes se trouvant en Allemagne illégalement".

2. Manifestation contre la police

Cette crise a entraîné la mise à pied du chef de la police locale vendredi 8 janvier. Les premiers éléments ne sont en effet tombés que le lundi, soit trois jours après les événements de la nuit de la Saint-Sylvestre avant que l'ampleur de l'affaire ne soit réellement révélée le lendemain. Une communication trop tardive pour le ministre allemand de l'Intérieur Thomas de Maizière mais aussi pour le peuple qui s'est emparé de la rue pour manifester son mécontentement.


La manifestation des populistes du mouvement Pegida en est l'exemple le plus marquant. Au total, pas moins de 1.700 manifestants se sont réunis à Cologne, dont la moitié de hooligans, dénonçant la présence des réfugiés sur le sol allemand mais aussi pour en découdre avec la police locale. Si les affrontements ont été brefs, quatre personnes, trois policiers et un journaliste ont été blessés.

3. Angela Merkel change de discours

Mais ces événements représentent surtout un véritable frein à la politique d'immigration entreprise par Angela Merkel. Si elle martelait à tout va que l'Allemagne allait "y arriver", la chancelière a durci le ton affirmant vendredi 8 janvier qu'il y avait "encore beaucoup trop" de réfugiés qui continuaient à arriver. Au sein même de son parti politique, le mécontentement monte alors que le vice-président du mouvement a estimé que "Cologne avait tout changé". 

La chancelière, qui joue gros à moins de deux ans des prochaines élections législatives, a dû infléchir sa politique d'ouverture au cours du week-end en annonçant une procédure facilitée d'expulsion des demandeurs d'asile enfreignant la loi. Plusieurs responsables veulent aussi désormais ne plus laisser le choix de la domiciliation aux réfugiés et leur imposer le lieu de résidence afin d'éviter qu'ils se concentrent dans les grandes villes. 

4. Des suspects "presque exclusivement d'origine immigrée"

Une position qui devrait être décuplée par la sortie du ministre de l'Intérieur de l'État régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Ce dernier a affirmé que "les personnes qui ont commis ces crimes étaient presque exclusivement d'origine immigrée" parlant de "personnes originaires d'Afrique du Nord et du monde arabe". "En l'état actuel des investigations, il y a aussi parmi les suspects des réfugiés venus chez nous l'année dernière", a-t-il dit présentant un premier rapport d'ensemble sur ces événements.

Ralf Jäger a par ailleurs reconnu que l'action de la police "avait été inacceptable" dans cette situation. Une semaine après les faits, 14 des 19 suspects identifiés sont originaires du Maroc et d'Algérie alors que quatre d'entre eux a été placé en détention provisoire. Pour autant, le ministre refuse de "stigmatiser" les étrangers. "C'est ce que font les charognards de l'extrême droite, c'est leur seul argument", a-t-il clamé lors de la présentation de son rapport lundi 11 janvier alors que six Pakistanais et un Syrien ont violemment été pris à partie dans la nuit de dimanche à lundi à Cologne. 

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Agressions du Nouvel An à Cologne : ce qu'il faut savoir de l'enquête en 4 points
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ÉCLAIRAGE - Plus de 500 plaintes, dont 40% pour des agressions sexuelles, ont été déposées en Allemagne depuis la nuit de la Saint-Sylvestre. Une actualité qui réveille le débat sur les réfugiés.
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2016-01-11 07:59:00
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