Nucléaire : le sauvetage d'Areva pourrait coûter plusieurs milliards au contribuable

ÉCLAIRAGE - L'entreprise du nucléaire française s'était notamment mise en difficulté lors du chantier du réacteur nucléaire à Olkiluoto, en Finlande. Aujourd'hui, elle aurait besoin d'environ 4 milliards d'euros.

Le générateur pressurisé européen (EPR) en construction dans la centrale de Olkiluoto (Finlande).
Crédit : ANNE HAUTEFEUILLE / AFP
Le générateur pressurisé européen (EPR) en construction dans la centrale de Olkiluoto (Finlande).

C'est l'épée de Damoclès qui pèse au-dessus d'Areva autant qu'au-dessus de l'État français. Selon des informations du Figaro, le groupe nucléaire est en train de boucler sa restructuration, épaulée par l'État français et EDF. Une restructuration qui s'avère cependant complexe et qui pourrait coûter plusieurs milliards d'euros au contribuable. En cause dans l'affaire : le spectre du "bourbier finlandais", qui plane toujours au-dessus de l'entreprise français.

De quoi ce "bourbier finlandais" est-il le nom ? L'expression désigne en fait l'un des plus grands fiasco de l'histoire de l'énergie nucléaire française. Tout commence au début des années 2000, quand la Finlande énonce son souhait de construire une nouvelle centrale nucléaire à Olkiluoto, gérée par la compagnie d'électricité finlandaise TVO. Elle lance alors un appel d'offres pour l'installation d'un réacteur nucléaire. C'est Areva qui le remporte finalement.

Un chantier retardé de 9 ans

Les deux entreprises signent donc un contrat en 2003, en vertu duquel Areva s'engage à finir l'installation d'un réacteur pressurisé (EPR) mi-2009. Mais les problèmes techniques s'accumulent, notamment en lien avec la mise en oeuvre du béton. D'échéance en échéance, la fin du chantier est reportée à 2011, puis 2012, puis fin 2013... Et finalement à 2018, soit 9 ans après la date de livraison initiale.

TVO réclame évidemment des pénalités de retard à Areva, tandis que la société française renvoie la balle à la Stuk, l'agence de sûreté nucléaire finlandaise, dont elle juge les procédures trop lourdes. Les dirigeants de la centrale nucléaire se montrent cependant inflexibles, estimant que "le fournisseur d'une centrale clés en main est responsable du calendrier et des éventuelles augmentations de coûts".

L'État français actionnaire majoritaire d'Areva

Résultat : selon Le Figaro, Areva devrait avoir besoin de 4 à 4,5 milliards d'euros pour éponger ce retard. Le problème, c'est qu'Areva est détenu à plus de 86% par l'État français. C'est donc essentiellement sur lui et sur le contribuable que pèsera cette lourde facture. Après avoir longtemps refusé d'épauler Areva, EDF a également accepté de participer à la revalorisation de l'entreprise, fixée de manière indicative à 2,7 milliards d'euros fin juillet 2015. Désormais, Areva va devoir tout mettre en oeuvre pour soulager l'État, en tentant d'attirer d'autres investisseurs pour les inciter à miser sur cette recapitalisation.

La rédaction vous recommande
par Camille KaelblenJournaliste
Suivez Camille Kaelblen sur :
VOUS AIMEREZ AUSSI
PLUS DE VIDÉOS
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

article
7781337422
Nucléaire : le sauvetage d'Areva pourrait coûter plusieurs milliards au contribuable
Nucléaire : le sauvetage d'Areva pourrait coûter plusieurs milliards au contribuable
ÉCLAIRAGE - L'entreprise du nucléaire française s'était notamment mise en difficulté lors du chantier du réacteur nucléaire à Olkiluoto, en Finlande. Aujourd'hui, elle aurait besoin d'environ 4 milliards d'euros.
http://www.rtl.fr/actu/economie/nucleaire-le-sauvetage-d-areva-pourrait-couter-plusieurs-milliards-au-contribuable-7781337422
2016-01-14 14:12:12
http://media.rtl.fr/cache/5Ht3ITlCcwXfVgs0mhCMvA/330v220-2/online/image/2016/0114/7781339730_000-par3303012.jpg