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Ligue des champions : l'Atletico de Madrid, l'exemple à suivre pour l'OL et l'OM

DÉCRYPTAGE - L'Atletico de Madrid, qui s’apprête à jouer une deuxième finale de Ligue des champions en trois saisons, s'avère être un exemple de développement pour les clubs français.

Diego Simeone incarne complètement l'Atletico de Madrid
Diego Simeone incarne complètement l'Atletico de Madrid
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Ryad Ouslimani
Journaliste RTL

Et si l'Atletico de Madrid était le véritable exemple à suivre pour les clubs français censés être ambitieux ? "Pour être parmi les vingt meilleurs européens, il faut avoir au moins entre 200 et 500 millions d'euros de ressources annuelles. Notre objectif sera de nous situer autour de 250 millions d'euros". C'est ainsi que Jean-Michel Aulas présentait ses ambitions pour le moyen terme en janvier dernier, lors d'une interview accordée à L'Équipe au moment de l'inauguration de son nouveau stade de 60.000 places

L'objectif est donc raisonnable et conforme au business-plan lyonnais. Et tant qu'à ne pas pouvoir viser le modèle du Paris Saint-Germain, autant viser juste et prendre les bons exemples. À l'image de Lyon, qui a une vraie longueur d'avance et une stratégie établie pour revenir dans le jeu, le souffreteux Olympique de Marseille est l'autre membre d'un "PLM" (Paris-Lyon-Marseille) indispensable locomotive à la relance d'une Ligue 1 en berne dans les deux coupes d'Europe.

Une montée en puissance structurée

Été 2011, les Colchoneros choisissent de prendre comme entraîneur un ancien joueur connu aux références encore minces sur les bancs européens. Diego Simeone arrive avec des idées de jeu flexibles (il était très offensif en Argentine) mais une exigence absolue envers ses joueurs en terme d'implication et d'intensité. En trois saisons, l'Atletico devient un épouvantail que personne ne veut prendre en match à élimination directe. Avec deux demi-finales en 2014 et 2016, les Colchoneros ont frappé fort et se sont enlevés l'étiquette d'invité surprise. Tout ceci grâce à un travail structuré, pensé et admirablement exécuté, et en partant d'un budget de 250 millions d'euros, tournant autour des 300 (voire plus selon les recettes) aujourd'hui. 

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En effet, si l'Atletico de Madrid a pu être un club pointé du doigt pour vivre au-dessus de ses moyens, cumulant les déficits et les dettes, il est aujourd'hui géré de manière plus sérieuse depuis l'instauration d'un contrôle de gestion en Espagne et d'un fair-play financier européen strict. Le stade Vicente Calderon est constamment plein, avant le passage imminent dans une nouvelle enceinte de 65.000 places. Par ailleurs le groupe chinois Wanda a injecté 45 millions d'euros pour s'offrir 20% du club et lui offrir une visibilité en Asie, avant peut-être de monter en actionnariat et multiplier la puissance financière de l'Atletico. 

Jeter les bonnes bases, choisir les bons hommes

Le club se structure, sort de l'ère Jesus Gil gangrenée par des affaires judiciaires et s'offre une nouvelle virginité. Le président Enrique Cerezo, producteur de cinéma, est la figure médiatique et bon client pour donner une bonne image du club dans les médias. Les bases financières s'assainissent et le sportif, déjà sur les rails depuis plusieurs saisons, gagne en régularité et transforme le duel Real-Barça en "Big Three" façon Liga. Aujourd'hui, avec des stades de plus de 60.000 places, Lyon et Marseille partent sur les même bases (même si l'OM a le handicap de ne pas être propriétaire du Vélodrome) sur ce point, mais pour le reste il va falloir faire plus, et notamment du point de vue des hommes. 

Le premier point fort aujourd'hui de l'Atletico est aujourd'hui son entraîneur charismatique Diego Simeone. Ancien joueur international argentin de gros calibre, il est venu incarner l'esprit Colchonero, fait d'abnégation et de labeur dans le club des couches populaires de Madrid. Une politique "du sang et des larmes" à l'opposé du bling bling Real et qui colle parfaitement à Simeone et son style. L'Atletico a donc trouvé son homme idoine après avoir beaucoup tâtonné. En comparaison, l'OM est aujourd’hui dans un flou total et ne sait pas vraiment qui sera assis sur le banc la saison prochaine. Le propriétaire cherche un repreneur. C'est le moment sans doute de tenter de faire confiance à un entraîneur avec une personnalité mais aussi une vision claire du football. 

Des choix de recrutement malins et adaptés

L'expérience Bielsa, si décriée, est peut-être ce qui est arrivé de mieux au club sur le plan technique depuis le titre de 1993 (mis à part la période Deschamps mais qui évoluait avec des entraves internes). Mais à l'image de la fin de l'aventure d'El Loco, l'entraîneur doit avoir une liberté totale en terme de choix sportifs. S'il doit mourir, ça doit être avec ses propres joueurs et ses choix assumés. Aujourd'hui l'OM en est loin, mais pas plus que l'Atletico il y a moins de 10 ans, lorsqu'il était en état de mort clinique. Son formidable rebond est donc à étudier de près, à tous les points de vue tant il ne commet pas de fautes actuellement. Longtemps efficace sur le terrain grâce à des joueurs qu'il achetait via la multipropriété, l'Atletico continue de trouver de bons joueurs malgré l'interdiction de la pratique.

Avec un réseau de recrutement efficace, les Colchoneros arrivent à trouver des talents qui apportent une valeur ajoutée sans payer de prix exorbitants. Le tout agrémenté de joueurs du cru comme Koke et Saul Niguez. Diego Godin, Miranda, De Gea, Filipe Luis et Oblak sont autant de joueurs dégotés par l'Atletico mais aujourd'hui valorisés bien au-dessus de leur valeur d'achat. Quel que soit leur nom, les nouveaux doivent coller à l'esprit du coach et s'assoient sur le banc à leur arrivée afin de comprendre l'immense engagement que demande Diego Simeone. Grâce à cet exigence, Antoine Griezmann est devenu un top player mondial et Fernando Torres, qui était arrivé comme le fantôme de l'immense joueur qu'il a été, s'est relancé.

Remettre le club au-dessus des joueurs

Là encore, l'Atletico est un exemple à suivre, cette fois-ci pour l'OL qui en est capable dans son organisation. Bien qu'il semble que Jean-Michel Aulas ait opté pour un directeur technique fort en la personne de Gérard Houiller et un entraîneur moins clinquant avec Bruno Génésio, issu du club. Cela sera-t-il suffisant pour éviter de rééditer le flop en Ligue des champions ? Le recrutement sera une première clé afin d'aller plus haut. Les erreurs accumulées depuis plusieurs années (Gourcuff, Valbuena, pour les plus récentes) montrent une baisse de l'efficacité lyonnaise dans ce domaine

Des erreurs surtout de profil de joueur, l'entraîneur n'ayant peut-être pas toujours son mot à dire. Au haut niveau l'entraîneur doit être un homme indiscutable auprès de ses troupes, doit imposer le respect aux joueurs. Guardiola, Mourinho, Ancelotti, Simeone et même Zidane gardent une aura et un crédit qui rend les joueurs disposés à appliquer à la lettre les consignes. Une hiérarchie pas évidente en France, avec le joueur-roi qui sait qu'il est une rentrée d'argent indispensable à la revente et inverse le rapport de force. L'Atletico est entré dans un cercle vertueux lorsqu'il a arrêté d'être un club "vendeur" et qu'il a remis le club au-dessus des joueurs. 

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2016-05-28 10:30:00
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