3 min de lecture Santé

Comment mieux prévenir les risques de mort subite chez les sportifs ?

INTERVIEW - La mort subite par crise cardiaque chez les sportifs est un phénomène qui provoque 800 décès par an, mais qu'on peut mieux appréhender grâce aux formations aux premiers secours.

Le joueur camerounais Patrick Ekeng a été victime d'une crise cardiaque lors du match Dinamo Bucarest - Viitorul Constanta
Le joueur camerounais Patrick Ekeng a été victime d'une crise cardiaque lors du match Dinamo Bucarest - Viitorul Constanta Crédit : AP/SIPA
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Ryad Ouslimani
Journaliste RTL

Le 6 mai 2016, lors d'un match de championnat de Roumanie, le joueur camerounais du Dinamo de Bucarest, Patrick Ekeng, s'écroulait sur le terrain après être entré en jeu 7 minutes auparavant. Victime d'un malaise cardiaque, l'ancien joueur du Mans est décédé en pratiquant sa passion et son métier, renvoyant aux images de la mort de son compatriote Marc-Vivien Foé en 2003 lors de la Coupe des confédérations, à Lyon. Treize ans après, un footballeur professionnel peut donc encore mourir d'une crise cardiaque. 

Pourtant, des progrès énormes ont été réalisés en termes de contrôle et de prévention chez les athlètes de ce niveau. Les accidents restent toutefois possibles. Les staffs médicaux et les pratiquants eux-même sont sensibilisés et connaissent désormais pour la plupart d'entre eux les signes avant-coureurs. Une sensibilisation qui s'est étendue également au monde amateur. 

Les sportifs de haut niveau hautement surveillés

Depuis les accident de Marc-Vivien Foé, Milos Feher et Serginho (2004), les contrôles des clubs de football sont devenus bien plus pointus en termes de prévention de maladies cardiaques. En premier, "sur les sportifs de haut niveau, il y a un interrogatoire, c'est très important", explique à RTL.fr le professeur Xavier Jouven, cardiologue à l'hôpital Georges Pompidou, et spécialiste de la mort subite chez les sportifs. Une étape importante afin de parler des sensations du joueurs pendant l'effort et l'aider à reconnaître d'éventuels problèmes. Ce n'est qu'ensuite que la batterie de tests est lancée.

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Électrocardiogramme, échographie cardiaque, tests d'efforts et enregistrement du rythme cardiaque sont donc au menu pour pousser au maximum les examens. En 2008, ce genre de tests a permis de détecter une malformation cardiaque chez Lilian Thuram et fait capoter sa signature au PSG, le forçant à mettre un terme à sa carrière. Mais au-delà des tests en amont, qui ne peuvent pas détecter 100% des problèmes, le professeur Jouven insiste sur d'autres avancées. "Ce qui a été amélioré, c'est la prise en charge sur le terrain", indique-t-il. Au-delà de la formation des secouristes présents, la mise à disposition de défibrillateurs a été primordiale dans les progrès des soins prodigués lors des premières minutes après le malaise. D'ailleurs, le professeur souligne qu'il n'y avait pas de défibrillateur sur le terrain de Bucarest au moment du décès de Patrick Ekeng

Former la population, multiplier les défibrilateurs

Ces appareils permettent de sauver des vies sur les terrains de sport, à tous les niveaux. "Il faut former la population", insiste le professeur Jouven. Les formations aux premiers secours sont aujourd'hui plus répandues, bien que basés sur le volontariat. Certains diplômes d'entraîneurs contiennent un module obligatoire de premiers secours, et ce à des niveaux fédéraux (pour encadrer des amateurs). Savoir faire un massage cardiaque est donc un premier geste qui peut sauver une vie. Vient ensuite la présence d'un défibrillateur dans une enceinte. Le professeur Jouven indique qu'il y a chaque année, dans le sport, 800 morts subites d'origine cardiaque en France. Un chiffre très important mais plutôt stable. 

L'autre donnée cruciale concerne le taux de survie en cas de malaises, d'autant que la batterie de tests très coûteux subis par les sportifs de haut niveau ne peut pas être systématisée dans le monde amateur. Ainsi, selon le niveau de formation des bénévoles dans les associations sportives, le taux de survie après un malaise cardiaque peut passer de 50% dans certains départements à 10%. Une différence immense, qui montre bien tout l'enjeu de former les acteurs du monde sportif aux premiers secours, ainsi que d'équiper les lieux publics en défibrillateurs. 

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INTERVIEW - La mort subite par crise cardiaque chez les sportifs est un phénomène qui provoque 800 décès par an, mais qu'on peut mieux appréhender grâce aux formations aux premiers secours.
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2016-05-29 10:00:00
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