2 min de lecture Sexisme

Deux collègues échangent leur prénom et mettent à jour le sexisme ordinaire

En échangeant, pendant deux semaines, leur prénom, l'homme a pu découvrir la réalité du sexisme ordinaire. Leur histoire a été relayée plus de 10.000 fois sur les réseaux sociaux.

Le sexisme dans la rue, au travail, sur les bancs de l'université.
Le sexisme dans la rue, au travail, sur les bancs de l'université. Crédit : iStock
Ceciledeseze75
Cécile De Sèze
Journaliste RTL

Il suffit d'un prénom de femme pour vivre une semaine bien différente de celle de ses collègues en entreprise. L'histoire commence par ce tweet : "Voici une petite histoire de la fois où Nicole Knacks m'a appris qu'il était impossible pour une femme, professionnelle, de se faire respecter".

La personne qui a posté ce message n'est autre qu'un collègue de cette Nicole Knacks, Martin R. Schneider. Son histoire, qui date de 2014, il l'a racontée sur Twitter. Elle a été relayée et aimée plus de 10.000 fois.

À lire aussi
Un bulletin de vote (image d'illustration) élections sénatoriales
Sénatoriales : quand la Mayenne supprime "suppléante" d'un bulletin de vote

Martin raconte qu'un jour il échangeait des e-mails avec un client qui lui répondait de manière "malpolie, dédaigneuse, ignorant [ses] questions". "Il me disait que je ne comprenais rien aux termes qu'il employait (alors que si). Je commençais à en avoir marre de cette merde quand j'ai remarqué un détail. Grâce à notre boîte mail partagée, je signais tous mes emails en tant que Nicole. Ce n'était pas envers moi qu'il était malpoli, mais envers Nicole", explique l'employé sur Twitter. 

Martin R. Schneider poursuit son récit. Il raconte qu'il a prévenu son interlocuteur qu'il était bien Martin et pas Nicole. À la suite de quoi, il note une "AMÉLIORATION IMMÉDIATE". "Note : ma technique et mes conseils n'ont jamais changé. La seule différence, c'était que j'avais un nom d'homme désormais", analyse-t-il. 

Deux semaines d'enfer pour lui, les plus "productives" pour elle

Cette expérience d'une fois leur a donné l'idée, à Nicole et Martin, d'échanger leurs emails pendant deux semaines. "Les gens. C'était vraiment la merde. J'étais en enfer. Tout ce que je demandais ou suggérais était mis en doute. Un de mes clients m'a demandé si j'étais célibataire". 

Les gens. C'était vraiment la merde. J'étais en enfer

Martin R. Schneider
Partager la citation

À l'inverse, sa collègue Nicole a eu la "semaine la plus productive de toute sa carrière. Je me suis rendu compte que la raison pour laquelle elle mettait plus de temps, c'est parce qu'elle passait son temps à devoir convaincre les clients."

Martin R. Schneider a donc vécu le sexisme ordinaire en entreprise de plein fouet. Il s'est également rendu compte que, "ce qui est vraiment n'importe quoi, c'est que pour moi, c'était choquant. Alors qu'elle était habituée. Elle pensait que ça faisait juste partie du job". Même s'il précise qu'elle savait bien qu'elle était traitée différemment du fait d'être une femme.

De son côté, Nicole avait alors tenté de convaincre son supérieur de cette différence de traitement. Ce à quoi il ne l'a pas crue et pensait que cela pouvait venir de n'importe quel autre critère que le genre. Nicole a donc démissionné. Le 9 mars dernier, elle a même publié une tribune sur son blog intitulée "Travailler quand on est femme" (en anglais).

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Sexisme Entreprises Société
Pour ne rien manquer
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7787662668
Deux collègues échangent leur prénom et mettent à jour le sexisme ordinaire
Deux collègues échangent leur prénom et mettent à jour le sexisme ordinaire
En échangeant, pendant deux semaines, leur prénom, l'homme a pu découvrir la réalité du sexisme ordinaire. Leur histoire a été relayée plus de 10.000 fois sur les réseaux sociaux.
http://www.rtl.fr/girls/identites/deux-collegues-echangent-leur-prenom-et-mettent-a-jour-le-sexisme-ordinaire-7787662668
2017-03-14 10:29:16
http://media.rtl.fr/cache/vDMLOAKvQ5DMky3FiMal8A/330v220-2/online/image/2017/0105/7786602292_le-sexisme-dans-la-rue-au-travail-sur-les-bancs-de-l-universite.jpg