Photos d'enfants sur Facebook : pourquoi la gendarmerie tire-t-elle la sonnette d'alarme ?

ÉCLAIRAGE - Les internautes n'hésitent plus à poster des photos de leurs enfants sur les réseaux sociaux. Un effet de mode considéré comme dangereux par les forces de l'ordre.

Le réseau social Facebook (illustration)
Crédit : LOIC VENANCE / AFP
Le réseau social Facebook (illustration)

De nombreux internautes décident de rendre publiques leurs grossesses sur les réseaux sociaux, tels que Facebook ou Twitter. Une fois le jour J arrivé, une avalanche de clichés du nouveau-né envahit le profil de ces jeunes parents. Bien que cette envie de partager l’arrivée d’un enfant avec ses proches soit légitime, publier des photos du enfant n'est pas sans danger. 

La gendarmerie nationale a récemment tiré la sonnette d'alarme. Une mise en garde a été publiée le mardi 23 février sur leur page officielle sur Facebook. En cause, le challenge viral "Fière d'être maman", qui affole la toile. Ce nouveau défi consiste à poster sur Facebook ou Twitter de photos de soi avec ses enfants. Il pose problème aux autorités : "Certes, vous pouvez être fières ou fiers d'être une maman ou un papa de magnifiques bambins, mais attention !", signale la gendarmerie. 

La publication de photos d'enfants n'est pas sans risque

Les risques concernant la publication de photos d'enfants sont nombreux. Le premier d'entre eux reste le risque de représailles à l'école. Selon Éric Delcroix, spécialiste de l'identité numérique cité par Atlantico, un enfant dont une photo gênante a été publiée peut craindre des moqueries de la part de ses camarades. Ce genre de taquinerie peut vite dégénérer et n'assure pas le bien-être de l'enfant. Il faut donc s'assurer que le cliché ne mette pas l'enfant dans une situation inconfortable. 

La publication de photos de mineurs n'est pas anodine contrairement à ce qu'on pourrait penser. En faisant cela, les parents créent un "casier numérique" pour leurs enfants, difficile à effacer par la suite, si jamais l'enfant ne souhaite pas apparaître sur Internet. 


Ce genre de pratiques est extrêmement dangereuse car elle facilite grandement la tâche des prédateurs sexuels. Ces derniers auront la possibilité de se créer une "banque" d'images d'enfants en bas âge. Ils sont également capables de repérer et identifier un enfant. Il est en revanche important de rappeler que ce risque ne concerne pas uniquement Facebook ou Twitter, mais bien Internet d'une manière générale

Comment protéger son enfant ?

Pour partager des photos en toute sécurité, la Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés informe qu'il est important de bien définir les paramètres de confidentialité, afin de limiter au maximum l'accès par le public. Il faut donc sélectionner "amis" et non "public" afin que seuls les proches puissent visionner les photos. 

L'utilisation des outils de "tag" qui permettent l'identification de personnes et la reconnaissance faciale doit être modérée. Ils peuvent notamment faciliter le travail des logiciels de reconnaissance faciale du site. Autre point : les réseaux sociaux modifient fréquemment leurs propres conditions générales d'utilisation. Il est donc conseillé de se tenir informer sur les différentes mises à jour et nouvelles options du réseau ainsi que de vérifier l'activation de vos paramètres de confidentialité.

Il est toutefois possible de partager les grimaces ou sourires de ses enfants en suivant certains conseils. Éric Delcroix préconise de créer un groupe privé sur Facebook ou de publier ses photos dans des albums privés accessibles en ligne de manière sécurisée. Néanmoins, la solution la plus efficace serait de laisser ses enfants publier leurs propres photos, lorsque ceux-ci ont l'âge de conscience (13 ans pour Facebook).

Facebook décide d'intervenir

Face à ce dilemme, Facebook n'est pas resté de marbre. Soucieux de préserver la vie privée des mineurs, Jay Parikh, vice-président de l'ingénierie de Facebook, cité par Madame Figaro, avait évoqué lors d'une conférence sur le sujet en novembre 2015, la création d'une notification. Cette dernière serait envoyée à tout parent qui publie une photo de ses enfants mineurs, alors que son compte est public et donc visible par tous. Mais jusqu'à présent, rien n'a encore été fait.

D'autant qu'en juin 2015, le géant des réseaux sociaux a dévoilé son programme de recherche "Deepface", concernant la reconnaissance faciale. Ce système n'est pour le moment pas destiné aux utilisateurs. Mais la société qui contient 250 milliards de photos personnelles devrait bientôt être dotée d'une technologie permettant d'identifier tout un chacun. 

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par Ana Boyrie
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2016-03-01 18:13:00
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