Kesha : la popstar coincée avec son producteur et violeur présumé

Le 19 février, une juge new-yorkaise a refusé de rompre le contrat liant la chanteuse à son producteur, Dr Luke, qu'elle accuse de viol. Plusieurs stars féminines lui ont apporté un soutien publique.

Kesha accuse son producteur Dr. Luke de l'avoir droguée, agressée à plusieurs reprises, et violée
Crédit : Mary Altaffer/AP/SIPA
Kesha accuse son producteur Dr. Luke de l'avoir droguée, agressée à plusieurs reprises, et violée

Voici le scandale qui fait vibrer l'industrie musicale américaine. Vendredi 19 février, une jeune femme quitte en pleurs la Cour suprême de New York, entourée d'une nuée de paparazzis, qui immortalisent ses larmes. À l'extérieur, des fans munis de pancartes l'attendent. Il s'agit de Kesha, chanteuse américaine de 28 ans. Une juge vient de lui refuser le droit de rompre son contrat avec sa maison de disque, Sony. Son but était de s'éloigner de son producteur, Dr. Luke, 42 ans, qu'elle accuse de l'avoir droguée, violée et harcelée moralement depuis ses 18 ans. 

93 millions d'albums vendus

Son nom ne vous évoque peut-être rien et pourtant, elle a vendu plus de 14 millions d'exemplaires de son single Tik Tok, l'un des tubes de l'année 2012. Une crinière de lionne, des paillettes et des couleurs fluo, Kesha est vite devenue l'une des nouvelles figures de la scène électro-pop américaine. Mais depuis la sortie de son 2e album, Warrior (2012), elle s'était réduite au silence. 

>
Ke$ha - "TiK ToK"

La raison ? Son refus de continuer à travailler avec son producteur, Dr. Luke, Lukasz Gottwald de son vrai nom, qui a aussi collaboré avec Britney Spears, Katy Perry, Miley Cyrus ou Nicki Minaj. Ensemble, Kesha et Dr. Luke ont réalisé deux albums, vendus à plus de 93 millions d'exemplaires

Kesha accuse Dr. Luke de viol et harcèlement moral

En 2014, Kesha porte plainte contre Dr. Luke. Elle l'accuse de l'avoir droguée à plusieurs reprises depuis ses 18 ans, avec ou sans son consentement, et de l'avoir violée. Dans une déposition auprès de la police, la chanteuse raconte en détails la nuit où aurait eu lieu l'agression. Kesha accuse également Dr. Luke de l'avoir battue à plusieurs reprises et harcelée moralement, ce qui aurait provoqué ses troubles de l'alimentation.

L'avocat de Kesha a par ailleurs soutenu que Sony, la maison de disque sur laquelle est signé le label de Dr. Luke, était au courant des agissements du producteur, l'un des plus influents au monde, aux côtés de Max Martin, son mentor. Dr. Luke a réfuté les accusations émises à son encontre, stipulant que Kesha souhaite relancer sa carrière aux dépens de sa réputation. Il a saisi la justice pour diffamation et tentative d'extortion. 

Déboutée par la justice

Kesha avait demandé une ordonnance restrictive, avec l'espoir que le contrat la liant à Sony, et donc, au label de Dr. Luke, soit rompu. "Ces poursuites sont un effort mené à bras-le-corps par Kesha pour reprendre le contrôle de sa carrière musicale et de sa liberté, après avoir souffert pendant dix ans de manipulation, de harcèlement moral et d'un viol aux mains de Dr. Luke", avait expliqué l'avocat de la chanteuse au site people TMZ.

Le 19 février 2016, la juge a cependant estimé que le contrat était "typique de l'industrie musicale", et qu'elle ne "voyait pas l'intérêt de prendre une mesure aussi exceptionnelle qu'une ordonnance". Elle a par ailleurs soulevé "le manque de preuves médicales, comme des relevés hospitaliers, pour confirmer les agressions". Elle a aussi invoqué la somme colossale investie par Dr. Luke dans la carrière de Kesha (60 millions de dollars, soit environ 55 millions d'euros), et le fait qu'il l'autorise à travailler avec Sony sans lui.

Soutien d'artistes féminines et appel au boycott

Symboliquement, la décision de justice a été mal reçue, aussi bien par les fans de Kesha que de nombreuses célébrités. Sur Twitter, le mot-dièse #FreeKesha ("Libérez Kesha"), a été l'un des plus utilisés durant le weekend du 20 février. Un appel au boycott contre Sony a été lancé. L'idée serait de ne plus acheter de disques signés sur la maison de disque, ce qui est bien sûr très peu réaliste. 

Plusieurs stars, surtout féminines, ont apporté leur soutien à Kesha, comme Ariana GrandeLorde ou Lily AllenMiley Cyrus est la première artiste du catalogue de Sony à l'avoir fait. Elle a même travaillé avec Dr. Luke sur son album Bangerz"Kesha, je suis si en colère pour toi. Ils ont eu tort. Je suis tellement désolée", peut-on lire sur une pancarte publiée sur son compte Instagram. 

Taylor Swift a quant à elle fait don de 250.000 dollars (226.000 euros) à Kesha, ce qui lui a valu les foudres d'une autre popstar, Demi Lovato. "Défendez un sujet à la Maison Blanche ou prenez parole publiquement, et là, vous m'impressionnerez", a-t-elle lancé sur Twitter en guise de pique. "Je préférerais lancer une discussion à propos des femmes qui osent dire avoir été violées plutôt que de jeter mon argent à la figure de quelqu'un", a poursuivi Demi Lovato sur Instagram. 

De son côté, Kesha a remercié tous ceux qui la soutiennent avec ce message : "L'espoir est la seule chose plus forte que la peur". 

La rédaction vous recommande
VOUS AIMEREZ AUSSI
PLUS DE VIDÉOS
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

article
7782001721
Kesha : la popstar coincée avec son producteur et violeur présumé
Kesha : la popstar coincée avec son producteur et violeur présumé
Le 19 février, une juge new-yorkaise a refusé de rompre le contrat liant la chanteuse à son producteur, Dr Luke, qu'elle accuse de viol. Plusieurs stars féminines lui ont apporté un soutien publique.
http://www.rtl.fr/culture/medias-people/kesha-la-popstar-coincee-avec-son-producteur-et-violeur-presume-par-la-justice-americaine-7782001721
2016-02-22 17:36:00
http://media.rtl.fr/cache/421JqG5g-0MG22YHV3Il1g/330v220-2/online/image/2016/0222/7782006450_kesha-accuse-son-producteur-dr-luke-de-l-avoir-droguee-agressee-a-plusieurs-reprises-et-violee.jpg