3 min de lecture Cinéma

"Santa & Cie" : Alain Chabat trouve l'équilibre parfait entre humour et tendresse

NOUS L'AVONS VU - Le film de l'ex-Nuls est un conte de Noël réussi, familial sans être mièvre et irrévérencieux sans être vulgaire.

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SANTA & CIE Bande Annonce ¿ Palmashow, Alain Chabat, Audrey Tautou (2017) Crédit Image : Nicolas Guiraud / Légendaire / Gaumont |
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Aymeric Parthonnaud

Le père Noël, Santa Claus, a un gros problème. Ses lutins (incarné par un Bruno Sanches démultiplié) sont tous tombés malades. Un burn-out contagieux conséquence de la générosité sans borne du vieux barbu vêtu de vert. Plus de lutin, plus de cadeaux. Plus de cadeaux, plus de Noël. Plus de Noël, c'est l'Apocalypse sur Terre.

Le père Noël, Alain Chabat, avec sa barbe et ses longs cheveux blancs, demande alors conseil à sa tendre épouse Wanda (Audrey Tautou). D'un grimoire, elle apprend que son mari doit simplement inoculer de la vitamine C à ses lutins pour qu'ils retrouvent leurs forces. Voilà la quête qui attend Santa Claus dans Santa & Cie.
On pourrait s'attendre à un conte de Noël au charme désuet et trop sucré pour être honnête. Après tout, Alain Chabat campe un père Noël d'une délicatesse et d'une naïveté infinie. Il n'en est rien. Le premier dialogue entre Chabat et Tautou fixe le cadre du film avec quelques phrases bien senties à l'endroit des Parisiens. L'ex-Nuls n'a pas oublié d'être drôle. Loué soit le Pôle Nord.

Drôlerie variée et effreinée

Ce dernier film d'Alain Chabat n'est pas un simple conte de Noël revisité qui ne mériterait que d'être diffusé à la télévision un 23 décembre après-midi. C'est une vraie comédie, réussie, bien écrite et avec un rythme soutenu. Une comédie qui n'oublie pas de parler à tous les publics : les plus grands s'amuseront des quiproquos et des références audacieuses et les plus jeunes s'amuseront des gags de situation et des téléportations intempestives de Santa.

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David Marsais et Grégoire Ludig dans "Santa & Cie"
David Marsais et Grégoire Ludig dans "Santa & Cie" Crédit : Légendaire / Gaumont

Le jeu d'équilibriste est assez spectaculaire pour être noté. Les amoureux de Chabat y retrouveront son amour des jeux de mots tellement patauds qu'ils en sont irrésistibles : "Ralph, le rêne" (Ralph Lauren) ou encore lorsque deux personnages se présentent enfin, cela donne cet échange : "Vous vous appelez ? Santa. Barbara". David Marsais et Grégoire Ludig (Le Palmashow) campent deux policiers délicieux dont chacune des apparitions apporte un élan comique nouveau. 

Les sous-entendus sur des sujets sensibles ("Oh mais j'aime les enfants" / "Ne le dites pas aux policiers, vous allez avoir des problèmes"), les blagues méta sur les affiches de films ou les adorables trouvailles ("Pour sortir de prison il faut faire un double avec des dés") offre une variété et une jolie richesse.

Le couple du film, Amélie et Thomas, joués par Golshifteh Farahani et Pio Marmai, est d'une justesse incroyable. Avec leurs deux enfants, ils incarnent un modèle moderne d'une famille aimante et bienveillante (film de Noël oblige) mais n'oublie pas la frénésie et les frustrations de notre époque. 

Golshifteh Farahani et Pio Marmai dans "Santa & Cie"
Golshifteh Farahani et Pio Marmai dans "Santa & Cie" Crédit : Légendaire / Gaumont

Golshifteh Farahani est une mère, une fille, une épouse, une femme, une travailleuse, une Shiva de 2017. Pio Marmai incarne son époux, un avocat qui retombe en enfance en rencontrant "le vrai" Père Noël alors qu'il est commis d'office pour le sortir de prison. Il faut dire que se revendiquer "être le Père Noël" dans une pharmacie de Pigalle en exigeant avoir besoin de 92.000 gélules de Vitamine C est un excellent moyen de se retrouver en cellule de dégrisement. Leurs deux enfants sont des boules d'énergie qui feront fondre les cœurs les plus endurcis.

Du charme et un feu d'artifice numérique

Sur la comédie, il n'y a pas grand chose à dire. Chabat maîtrise de bout en bout la technique et si on constate un léger ralentissement à mi-parcours après un début tonitruant, on rit très fréquemment et de bon cœur pendant 1h35. 

Le film est aussi une franche réussite sur les effets spéciaux nettement au-dessus de n'importe quelle production du genre (et made in France). Les apparitions du traîneau sont dignes d'un Harry Potter, les accélérations finales pourraient faire une excellente animation 3D dans un parc d'attraction et le grand final est un feu d'artifice 100% numérique. 

Les quelques instants sombres ou dramatiques ne sont pas véritablement exploités et quelques questions subsistent. La vision noire d'un futur sans Noël ou le regain final de motivation de Santa Claus tombent un peu à côté. On ne saura jamais non plus pourquoi Thomas (Pio Marmai) trouve que Santa ressemble tant à son père. Sans doute là une occasion manquée de créer une séquence émouvante qui aurait eu toute sa place dans un film qui n'oublie pas d'être absolument charmant.

Santa Claus sort dans les salles le mercredi 6 décembre 2017.

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2017-12-06 10:45:00
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