Meurtre d'Aurélie Fouquet : "Je resterai marqué à vie par ce qu'il s'est passé", témoigne un policier qui était au cœur de la fusillade infernale

DOCUMENT RTL - Aurélie Fouquet est la première policière municipale morte dans l'exercice de ses fonctions. C'était le 20 mai 2010.

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Meurtre d'Aurélie Fouquet : "Je resterai marqué à vie par ce qu'il s'est passé", témoigne un policier qui a assisté à la scène Crédit Image : WITT/SIPA/130 Crédit Média : Cindy Hubert

Un braquage avorté, une course-poursuite infernale sur l'autoroute, et au bout la mort d'une jeune policière municipale : Aurélie Fouquet. Mardi 1er mars, s'ouvre le procès d'un fait divers sanglant qui avait connu en 2010 un fort retentissement politique. Le président de la République de l'époque, Nicolas Sarkozy, avait assisté aux obsèques, tandis que plusieurs milliers de policiers municipaux avaient défilé pour exprimer leur malaise, et réclamer des équipements. 

Neuf hommes, dont un braqueur médiatique, Redoine Faïd, doivent être jugés par la Cour d'assises de Paris lors d'un procès-fleuve : 33 jours d'audience sont prévus, une centaine de témoins et 25 experts interviendront. Celui qui a été pendant six semaines en 2013 l'homme le plus recherché de France, après une spectaculaire évasion à l'explosif, Redoine Faïd n'est pas accusé de meurtre parce qu'il n'a pas participé en personne, selon les résultats de l'enquête, à la fusillade mortelle. Mais le braqueur multirécidiviste n'en risque pas moins, lui aussi, la réclusion criminelle à perpétuité.               

Tout commence par le braquage d'un fourgon blindé

Le 20 mai 2010 à Créteil (Val-de-Marne), le plan, dont l'objectif était de braquer un fourgon blindé, déraille lorsque des policiers repèrent une camionnette blanche, dont la carrosserie porte deux trous ressemblant à des impacts de balles. Pris en chasse, le véhicule fonce sur l'autoroute A4 : ses occupants tirent sur les policiers qui les suivent "pour tuer du flic", affirmeront ces derniers. Des automobilistes sont blessés grièvement. 


À Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne), une voiture de police municipale essuie une vingtaine de tirs : c'est une "véritable exécution". Les deux policiers à bord sont blessés : Thierry Moreau au thorax, et Aurélie Fouquet, 26 ans à la tête. Cette mère d'un tout jeune enfant décédera quelques heures plus tard.

Ils étaient là pour tuer du flic

Benoît, collègue d'Aurélie Fouquet

Au cœur de la fusillade infernale, Benoit, brigadier de police, va, avec un collègue, prendre en chasse le fourgon sur l'autoroute A4. Les braqueurs ouvrent le feu à l'arme de guerre sur les policiers. "Ils étaient là pour tuer du flic" raconte Benoit, au milieu des centaines d'automobilistes coincés dans un bouchon. Une balle blesse d'ailleurs un automobiliste au poumon droit..

Le fourgon réussit finalement à les semer. 6 ans plus tard, Benoît reste détruit par cette journée. Il a développé le "syndrome du survivant" et il est tenace : lui est vivant, quand sa collègue de la police municipale Aurélie Fouquet n'est plus là. "Je pense que je resterai marqué à vie par ce qu’il s’est passé. On a beaucoup de mal à dormir, on a un peu de mal à refaire surface et à reprendre pied avec la réalité… En dix minutes de temps, ils nous ont gazés, ensuite ils ont vidé des extincteurs. De mémoire, il y en a eu cinq vidés et jetés sur le véhicule, pour ensuite arriver à des tirs à l’arme de chasse, pour finir à l’arme automatique et au fusil d’assaut sur l’autoroute A4."

Il est hors de question que je finisse là, par terre sur la route comme ça sur une intervention

Benoît, collègue d'Aurélie Fouquet

L'homme cherche à se protéger, se mettre à l'abri. "Moi j’arrive à me mettre derrière un parapet en béton. J’ai une pensée pour ma femme et mon fils… Et je me suis dit ‘Il est hors de question que je finisse là, par terre sur la route comme ça sur une intervention’. Je ne sais même pas en gros ce qu’il se passe. Je pense effectivement que si on était sortis à Villy, on était derrière eux, ils étaient coincés à ce feu, on aurait eu malheureusement le même sort qu’Aurélie Fouquet. Ça aurait pu être nous, on pense à elle, on pense à ses proches. Mère d’un enfant ça nous touche encore plus… On se dit toujours avec le recul ‘Et si on avait géré l’intervention d’une autre manière, et si on s’était fait tirer dessus à sa place…’. Ce que j’attends moi, c’est de comprendre, de comprendre ce qu’il s’est passé. On ne comprend pas pourquoi ils se sont mis à tirer à tout va, que ce soit sur nous, que ce soit sur des civils, que ce soit sur la police municipale… Et surtout, j’attends de savoir qui est responsable de la mort d’Aurélie Fouquet."

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par Cindy HubertJournaliste RTL
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Meurtre d'Aurélie Fouquet : "Je resterai marqué à vie par ce qu'il s'est passé", témoigne un policier qui était au cœur de la fusillade infernale
Meurtre d'Aurélie Fouquet : "Je resterai marqué à vie par ce qu'il s'est passé", témoigne un policier qui était au cœur de la fusillade infernale
DOCUMENT RTL - Aurélie Fouquet est la première policière municipale morte dans l'exercice de ses fonctions. C'était le 20 mai 2010.
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2016-03-01 08:55:00
http://media.rtl.fr/cache/b163RokGQUdl7TDtozdLMA/330v220-2/online/image/2016/0301/7782129878_des-agents-de-police-municipale-lors-d-un-hommage-a-aurelie-fouquet-le-20-mai-2012-a-villiers-sur-marne.jpg