2 min de lecture États-Unis

Automobile : les patrons "étonnamment dociles" face à Trump

ÉDITO - Les intimidations de Donald Trump à l'encontre des constructeurs automobiles commence à impacter le business : c'est le retour des frontières nationales.

François Lenglet Lenglet-Co François Lenglet
>
Automobile : les patrons "étonnamment dociles" face à Trump Crédit Image : SCOTT OLSON / GETTY IMAGES / NORTH AMERICA / AFP | Crédit Média : RTLNET | Durée : | Date :
La page de l'émission
François Lenglet et Loïc Farge

Le salon automobile de Détroit, aux États-Unis, ouvre ses portes. Ce n'est pas la voiture connectée, pas davantage telle ou telle technologie, qui agite les constructeurs mondiaux. Ces derniers n'ont qu'un mot à la bouche : Trump. Le nouveau président américain, avant même sa prise en fonction officielle, terrorise les Toyota, Ford et autres Nissan par ses tweets.

Dans chacun de ces messages, il leur enjoint de cesser les délocalisations et de produire aux États-Unis. Voilà vingt ans en effet que le Mexique est devenu la base industrielle de l'industrie automobile d'Amérique du Nord, avec dix-sept usines qui tournent à plein régime et cinq en construction. Renault-Nissan, par exemple, produit là-bas plus de 800.000 voitures, c'est-à-dire autant qu'en France. Le Mexique est désormais le quatrième exportateur mondial de voitures, principalement aux États-Unis.

À lire aussi
L'espérance de vie va continuer à augmenter d'ici à 2030 le chiffre du jour
Les femmes nées en 2030 vont vivre plus longtemps

Trump a vraiment les moyens d'obliger les constructeurs à rapatrier leur production aux USA. Il menace d'installer une taxe de 35% sur toutes les voitures fabriquées au Mexique. Voilà de quoi faire réfléchir les constructeurs, car il y aurait de quoi effacer complètement l'avantage compétitif du pays. En principe, une telle taxe est interdite par l'accord de libre-échange entre les pays d'Amérique du Nord (ALENA). Mais Trump n'en a cure. Il veut d'ailleurs sortir de cet accord, qui avait été négocié par Bill Clinton. 

Le retour des frontières partout dans le monde

Ford, il y a trois jours, a renoncé à son projet de délocalisation au Mexique. Toyota, de son côté, annonce son intention de poursuivre. Quant à Nissan, Carlos Ghosn dit vouloir connaître au plus vite les nouvelles règles du jeu pour s'adapter en conséquence. Loin de se révolter, les patrons sont étonnamment dociles. Pour Nissan, c'est la deuxième fois en quelques mois qu'ils se retrouvent  face au même problème exactement.

Avec le Brexit, il est possible que les voitures Nissan produites au Royaume-Uni soient frappées aussi, en Europe, d'une taxe à la vente. C'est le retour des frontières partout dans le monde. Le business commence à être impacté très sérieusement, après un quart de siècle où la Terre était plate, sans entrave ni obstacle au commerce.

Est-ce que ce sera bon pour l'emploi aux États-Unis ? Cela ne peut pas être mauvais. On va peut-être voir les usines américaines se développer à nouveau. Mais ce que Trump ne dit pas, c'est que le prix des voitures - et en particulier celui des petits modèles - va augmenter. Soit parce qu'ils seront désormais fabriqués aux États-Unis, où les coûts sont plus élevés ; soit parce qu'ils seront renchéris par une taxe. L'emploi va s'améliorer, mais c'est le consommateur qui va payer la note.

Nous avons aussi nos Mexique !

Peut-on faire cela aussi en France ? Il y aurait de quoi, puisqu'il n'y a quasiment plus une voiture de moins de 12.000 euros vendue en France qui ne soit fabriquée à l'étranger. En Slovaquie pour les petites Peugeot, en Slovénie pour la Twingo, en Turquie pour la Clio, mais aussi au Maroc. Nous avons aussi nos Mexique ! Le problème, c'est que l'arme fatale du protectionnisme façon Trump, c'est la taxe aux frontières. Cette taxe est interdite chez nous, pour tout produit fabriqué dans un pays de l'Union.

Une voiture fabriquée en Slovaquie est considérée comme française, elle n'est donc pas taxable. Quant à celles qui sont fabriquées dans un pays tiers, comme le Maroc ou la Turquie, il faudrait l'accord des 27 pays de l'UE pour les taxer. Inutile de dire que ça n'est pas plus simple.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
États-Unis Amérique du Nord Auto
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

article
7786648523
Automobile : les patrons "étonnamment dociles" face à Trump
Automobile : les patrons "étonnamment dociles" face à Trump
ÉDITO - Les intimidations de Donald Trump à l'encontre des constructeurs automobiles commence à impacter le business : c'est le retour des frontières nationales.
http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/automobile-les-patrons-etonnamment-dociles-face-a-trump-constate-francois-lenglet-7786648523
2017-01-09 08:56:00
https://media.rtl.fr/cache/sBF3nmd7MWXlzD2cRfplyg/330v220-2/online/image/2016/1220/7786359988_donald-trump-archives.jpg