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Réforme territoriale : comment choisir la capitale de région

DÉCRYPTAGE - Les nouveaux ensembles régionaux nécessitent la désignation de capitales. Une question épineuse nécessitant un arbitrage qui ménage les sensibilités.

Photographie d'une carte de France prise le 17 mai 2014 (illustration)
Photographie d'une carte de France prise le 17 mai 2014 (illustration) Crédit : JOEL SAGET / AFP
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Romain Renner
Journaliste RTL

"L'État fixera par décret les capitales des régions". Après avoir proposé son redécoupage administratif de la France, le gouvernement poursuit sur sa lancée et annonce, par la voix de Matignon, se préparer à choisir les villes qui serviront de tête aux nouveaux ensembles régionaux.

Mais l'exécutif le sait, désigner une ville au lieu d'une autre risque de créer des tensions et va provoquer des polémiques bien plus importantes que celles créées par la réforme annoncée lundi 2 juin. L'exécutif commence déjà à prévoir ses issues de secours et précise que "si les régions souhaitent que leur assemblée reste dans une autre ville (que la capitale, ndlr), elles pourront le faire".

Choisir la ville la plus importante

La manière la plus simple de trancher consisterait à attribuer le rôle de capitale à la ville la plus importante de la région. Pour ce faire, plusieurs critères peuvent être envisagés : la population et/ou la puissance économique. Ainsi des villes comme Lyon (3e ville de France, Auvergne-Rhône Alpes), Strasbourg (7e ville de France, Alsace-Lorraine), Toulouse (4e, Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon), Reims (12e, Picardie-Champagne-Ardenne), Le Havre (13e, Normandie), Dijon (17e, Bourgogne-Franche Comté) et Limoges (26e, Centre-Poitou Charentes-Limousin) seraient-elles les choix les plus logiques.

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Les environs de la ville

Ce critère quasi-mathématique et relativement rationnel sera toutefois difficilement tenable lorsque plusieurs villes revendiqueront le titre de capitale régionale. Si des villes d'importance européenne comme Strasbourg et Lyon sont peu contestables malgré la présence dans leur région de cités telles que Nancy, Metz ou Clermont, d'autres vont devoir cravacher pour conserver leur statut.

Ce sera particulièrement le cas de Toulouse, soumise à la concurrence de Montpellier. Ces deux villes du top 10 français ont autant de légitimité à se réclamer du titre de capitale. "A part Toulouse, là-bas, c'est le désert. Moi, je n'ai pas fait un désert autour de Montpellier", attaque Christian Bourquin, président PS du Languedoc-Roussillon.

Un argument de poids qui pourrait peser lourd dans la balance au moment du choix. La ville qui a le plus de chances de constituer une métropole forte sera sûrement plus encline à séduire le gouvernement au moment de désigner la capitale. La ville de Rouen s'avance sur le même terrain. "En janvier 2015, notre agglomération deviendra la Métropole Rouen Normandie, capitale d'une région de 3,4 millions d'habitants", rappelle le maire PS de Rouen, Yvon Robert. Caen et Le Havre n'ont pas encore réagi à cette prise de position.

La décentralisation des pouvoirs

L'une des solutions à ce cas problématique consisterait à désigner une capitale et lui adjoindre des antennes afin de décentraliser un certain nombre de décisions. C'est la proposition avancée par René Souchon, président PS de la région Auvergne. "Il faut bien des antennes de la grande région déconcentrée. On ne va pas dire aux 400 agents que j'ai dans la région : 'C'est terminé, on fusionne, vous partez à Lyon'", estime-t-il.

Ce mode opératoire, parfait pour des régions dans lesquelles une ville assure une domination sans partage, s'avérera toutefois plus compliqué là où la rivalité est forte. C'est le cas de la grande région Centre-Poitou Charentes-Limousin, composée de plusieurs villes pouvant prétendre à un rôle de capitale.

Tours, Orléans, Poitiers et Limoges sont par exemple des prétendantes tout à fait crédibles à ce titre. Ainsi le maire de Poitiers évoque-t-il la possibilité de former un "tripôle Tours-Poitiers-Limoges" qui exclurait de facto Orléans, actuelle capitale du Centre.

Il est envisageable que de tels pôles se répartissent les compétences et les attributions afin que chaque ville ait un rôle bien défini, en différenciant, par exemple, les capitales politique (siège du Conseil régional, centres de décisions) et économique.

Choisir une ville intermédiaire

S'il ne parvient pas à trouver un accord avec les responsables locaux, le gouvernement pourra toujours adopter la voie de la ville intermédiaire, en choisissant une troisième ville lorsque deux communes sont en concurrence. C'est la solution qui a notamment prévalu en Corse, au moment d'installer une université sur l'île. 

Incapable de mettre d'accord Ajacciens et Bastiais, les autorités avaient finalement opté pour Corté, capitale historique de l'île.

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2014-06-04 13:41:00
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