L'assemblée a voté l'inscription de l'état d'urgence dans la Constitution

Ce premier volet du projet prévoit que l'état d'urgence soit appliqué en cas de "péril imminent résultant d'atteintes graves à l'ordre public."

L'hémicycle de l'Assemblée nationale (illustration).
Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
L'hémicycle de l'Assemblée nationale (illustration).

L'Assemblée nationale a voté lundi 8 février dans la soirée l'article 1er du projet de révision constitutionnelle visant à inscrire dans la loi fondamentale le régime de l'état d'urgence, disposition contestée par certains écologistes et le Front de gauche, comme par certains députés de droite. Ce premier volet du projet de loi constitutionnelle, qui prévoit que l'état d'urgence sera "décrété en Conseil des ministres" soit "en cas de péril imminent résultant d'atteintes graves à l'ordre public", soit en cas de "calamité publique" (événements naturels), a été adopté par 103 voix contre 26, en présence notamment de Manuel Valls. 

Comme actuellement, seul le Parlement pourra proroger l'état d'urgence au-delà des douze jours initiaux, par une loi en fixant la durée.  Avec l'avis favorable du gouvernement, les députés ont voté peu avant un amendement de l'UDI pour restreindre la durée de prorogation à une période maximale de quatre mois, renouvelable après un vote du Parlement. Face aux interrogations de certains députés, comme Jean-Frédéric Poisson (Les Républicains), sur le choix de quatre mois, le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde a évoqué, entre autres, un parallèle avec le délai au terme duquel le Parlement se prononce sur les interventions militaires de la France. 

L'Assemblée ne pourra pas être dissoute durant l'état d'urgence

Le Premier ministre, selon lequel cette durée "ne repose pas sur des éléments précis", a jugé que cette borne de quatre mois "ne modifie pas fondamentalement l'équilibre par rapport à ce qui a été voté de trois mois (pour l'état d'urgence en vigueur ndlr) et donne un peu plus de marge". Cela semble "raisonnable" en donnant "suffisamment de temps pour faire face au type de menaces que nous connaissons et de permettre au Parlement de le contrôler et de le proroger si nécessaire", selon lui. Pour Jean-Frédéric Poisson, aucun de ces "arguments ne justifie pleinement" ce passage à quatre mois pour un régime "pas attentatoire aux libertés fondamentales mais quand même restrictif". 

Les députés ont aussi ajouté dans le texte de révision constitutionnelle le principe du contrôle parlementaire de la mise en oeuvre de l'état d'urgence, souhaité par plusieurs groupes politiques, mais jugé superflu par certains députés Les Républicains. Au grand dam du gouvernement ainsi que de la droite, ils ont aussi voté un amendement socialiste prévoyant que l'Assemblée nationale se réunisse de plein droit et ne peut être dissoute pendant l'état d'urgence. 

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par Emeline Le Naour
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Ce premier volet du projet prévoit que l'état d'urgence soit appliqué en cas de "péril imminent résultant d'atteintes graves à l'ordre public."
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2016-02-09 04:01:26
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