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Emmanuel Macron : retour sur la polémique de la colonisation française en 3 actes

ÉCLAIRAGE - Le candidat à l'élection présidentielle a maintenu ses propos à l'antenne de RTL, ce jeudi 16 février. "J'ai tenu un propos équilibré qui consiste à dire que des crimes ont été commis", explique-t-il.

Emmanuel Macron, le 14 février 2017
Emmanuel Macron, le 14 février 2017 Crédit : STRINGER / AFP
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

La polémique du jour est signée Emmanuel Macron. Le candidat à l'élection présidentielle a donné une interview à la chaîne privée algérienne Echourouk News. Au cours de cet entretien, il a qualifié le colonisation française de "crime contre l'humanité". 

Face au tollé provoqué par cette déclaration le fondateur du mouvement "En Marche !" a adressé un message à ses adhérents, intitulé "Colonisation : le courage de dire les choses". "Il est temps de clôturer ce deuil. Il faut pour cela avoir le courage de dire les choses et de ne céder à aucune simplification. C'est ce discours de vérité et de complexité que j'ai toujours tenu et que je tiens aujourd'hui. Dire que la colonisation a entraîné la négation du peuple algérien, que cela a produit une guerre qui n'était pas digne de la France (...) à tous nos anciens combattants je veux ici dire vous êtes nos enfants, les enfants de la France".

1. Qu'a-t-il dit à la chaîne de télévision algérienne ?

Sur la vidéo de l'interview à Echourouk News, Emmanuel Macron explique que : "La colonisation fait partie de l'histoire française. C'est un crime, c'est un crime contre l'humanité, c'est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l'égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes (...) La France a installé les droits de l'homme en Algérie. Simplement, elle a oublié de les lire".

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2. Des réactions virulentes

François Fillon a attaqué Emmanuel Macron, lors de son meeting de Compiègne. "Cette détestation de notre histoire, cette repentance permanente est indigne d'un candidat à la présidence de la République. Il y a quelques temps, Emmanuel Macron trouvait des aspects positifs à la colonisation. Ça veut dire qu'Emmanuel Macron n'a aucune colonne vertébrale. Il dit simplement ce que ceux qui l'écoutent veulent entendre", a-t-il déclaré. Bernard Accoyer, le secrétaire général des Républicains a indiqué que "ces propos constituent une insulte à l'Histoire de France et à la mémoire de millions de Français. Ils n'honorent pas le candidat à l'élection présidentielle qui fait le choix de la repentance plutôt que celui d'une lecture objective de notre histoire. Une repentance, toujours agitée par la gauche et l'extrême gauche, qui contribue malheureusement largement à la défiance d'une partie des nouvelles générations envers leur pays".

Marine Le Pen a qualifié les propos du candidat d'"En Marche !" de "crime". "Y a-t-il quelque chose de plus grave, quand on veut être président de la République, que d'aller à l'étranger pour accuser le pays que l'on veut diriger de crime contre l'humanité ? (...) En utilisant cette argumentation probablement pour des raisons bassement électoralistes, le crime, c'est Emmanuel Macron qui le commet. Il le commet contre son propre pays". Florian Philippot estime que "ce qu'il fait est irresponsable, parce qu'il poursuit dans la repentance d'Etat et nous, nous souhaitons stopper la repentance d'État. Cela fait des dizaines d'années que la France ne cesse de s'excuser. Il aggrave ce mouvement jusqu'à faire peser le poids d'un crime contre l'humanité sur le dos de la France et des Français. Je pense au contraire qu'il faut réapprendre à l'école le récit national, le roman national, les gloires de l'histoire de France".


Jean-Chistophe Cambadélis, le premier secrétaire du PS, a tweeté : "Le 'ni droite, ni gauche', c'est un jour pour la colonisation positive, un jour crime contre l'humanité".

3. Emmanuel Macron maintient ses propos

Au micro de RTL, le candidat qui se veut ni de droite, ni de gauche a affirmé : "J'ai tenu un propos équilibré qui consiste à dire que des crimes ont été commis, des barbaries, dans le cadre de la colonisation, en particulier dans des temps de guerre, et qu'en même temps, une modernité par effraction s'est faite dans le cadre de cette colonisation (...) J'avais tenu à peu près les mêmes propos il y a quelques mois, et j'avais eu droit à la polémique inverse, semble s'étonner le candidat. On m'avait dit qu'en quelque sorte, implicitement, je reconnaissais les bienfaits de la colonisation".

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Macron sur RTL : "Je pense qu'il est important de regarder en face notre passé" Crédit Média : RTLnet | Durée : | Date :
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2017-02-16 19:31:31
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