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"Crois-tu en Allah, Dieu, Yahvé ?" : enquête polémique dans une école

Un questionnaire distribué dans une école primaire corse a déclenché la polémique.

Une cour d'école (illustration)
Une cour d'école (illustration) Crédit : ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
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Clémence Bauduin
et AFP

Un questionnaire, élaboré dans le cadre d'une étude sur la diversité commandée par l'Assemblée de Corse, dirigée par les nationalistes, destiné aux élèves du primaire et secondaire en Corse et contenant des questions sur l'appartenance religieuse, fait polémique sur l'île de beauté. 

Dans un communiqué, le président indépendantiste de l'Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni a regretté que ce "projet de questionnaire", adressé aux chefs d'établissement, qui "avaient tout loisir de contester la forme ou le fond des questions posées afin de parvenir à un questionnaire définitif" ait été rendu publique à ce stade, dénonçant une "intention polémique".

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Ce formulaire d'enquête, "élaboré par les enseignants-chercheurs" de l'Université de Corse, "fait suite à la demande émanant du Président de l'Assemblée de Corse concernant les questions traitées par la commission permanente chargée de travailler sur la diversité culturelle", peut-on lire en introduction du document destiné aux élèves à partir de 8 ans. 

Une demande d'interdiction lancée

Le questionnaire est composé de nombreuses questions sur les langues parlées par les élèves, mais aussi au sein de leurs familles et par les parents voire dans le quartier ou les médias, sur les voyages à l'étranger ou la religion et sa pratique. "Est-ce que tu crois en Allah/Dieu/Yahvé ?", "Est-ce que ton père croit en Allah/Dieu/Yahvé ?", "Est-ce que ta mère croit en Allah/Dieu/Yahvé ?", interroge ainsi le questionnaire. D'autres questions portent sur les pratiques alimentaires et culturelles lors du Vendredi Saint, du Ramadan, ou du Shabbat, sur la consommation de viande, sur le port de signes religieux distinctifs, sur le sentiment d'appartenance à la Corse, à la France ou le sentiment de sécurité et l'intégration.

François Tatti, le président (DVG) de l'agglomération de Bastia et conseiller territorial, "profondément heurté par la démarche et par le contenu" a demandé son interdiction à la ministre de l'Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem. "J'ai prononcé en l'état la non diffusion de ce questionnaire dans le système éducatif corse", a indiqué Philippe Lacombe, le recteur de Corse, qui explique avoir pris cette décision vendredi 17 mars. Celui-ci met en avant la loi informatique et libertés de 1978 "qui interdit de collecter ou de traiter des données à caractère personnel qui font apparaître directement ou indirectement, les origines raciales ou ethniques, les opinions politiques, philosophiques ou religieuses", pour justifier cette non diffusion, d'autant plus concernant des mineurs.

Il nous a semblé nécessaire de tenter de traiter le problème, plutôt que de le nier et de pratiquer la 'politique de l'autruche.

Jean-Guy Talamoni
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Philippe Lacombe souligne également "la grande enquête menée par l'INSEE et l'INED" sur le sujet "qui a nécessité des mois, voire des années pour élaborer un protocole". Ce sont "des thématiques extrêmement sensibles", rappelle-t-il, expliquant qu'aucun élément ne plaidait" pour la diffusion du questionnaire, encore moins en année électorale. Évoquant "les tensions croissantes existant au sein de notre société, et spécialement dans le domaine éducatif", Jean-Guy Talamoni a justifié dimanche 19 mars dans un communiqué le fait de "procéder à un état des lieux". "Il nous a semblé nécessaire de tenter de traiter le problème, plutôt que de le nier et de pratiquer la 'politique de l'autruche'", écrit-il.

"Ce type d'enquête a déjà été réalisé dans l'Hexagone. La démarche qui a d'ailleurs servi de base aux chercheurs de l'Université est l'enquête de l'INSEE et de l'INED intitulée 'Trajectoires et origines' (2008-2009). Malheureusement la Corse n'avait pas été inclue dans cette enquête, d'où le déficit actuel de données", assure le président indépendantiste de l'Assemblée de Corse. 

Jean-Guy Talamoni affirme également avoir eu la "validation expresse et écrite" du rectorat pour mener ce travail et indique que les questionnaires sont "anonymes et conformes aux prescriptions de la CNIL". "J'espère que le dialogue prévu dans les heures à venir entre l'Université et le Rectorat permettra de trouver un terrain d'entente, car le traitement de cette délicate question implique nécessairement qu'un état des lieux soit réalisé, sur des bases scientifiques d'une parfaite rigueur", conclut-il. 

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"Crois-tu en Allah, Dieu, Yahvé ?" : enquête polémique dans une école
"Crois-tu en Allah, Dieu, Yahvé ?" : enquête polémique dans une école
Un questionnaire distribué dans une école primaire corse a déclenché la polémique.
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2017-03-19 21:54:00
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