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Pétrole : le prix du carburant va repartir à la hausse

Les pays de l'Opep ont convenu de réduire leur production mercredi 28 septembre à Alger, afin de faire repartir le prix du baril de pétrole à la hausse.

Un site de production de pétrole à Bakou en Azerbaïdjan. (illustration)
Un site de production de pétrole à Bakou en Azerbaïdjan. (illustration) Crédit : LUCAS SANTUCCI/ZEPPELINNETWORK/SIPA
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Geoffroy Lang
et AFP

Coup de théâtre à Alger dans la soirée du 28 septembre. Les pays de l'Opep sont parvenus à la surprise générale, à un accord "historique" pour réduire leur production d'or noir afin de soutenir des prix durablement affaiblis par une offre excédentaire. Depuis près d'un an, l'abondance de pétrole sur le marché mondial a engendré une baisse durable et historique du prix du baril de brut, et par conséquent du prix de l'essence et du gazole à la pompe. Au terme d'une réunion de près de six heures et de plusieurs semaines de tractations, l'Opep a annoncé mercredi soir avoir décidé de ramener sa production à un niveau de 32,5 à 33 millions de barils par jour, contre 33,47 millions de barils par jour en août selon l'Agence internationale de l'Energie (AIE).

Il s'agit de la plus grosse réduction de production depuis celle décidée après la chute des cours durant la crise de 2008. "C'était une très longue réunion, mais historique", a déclaré le ministre qatari de l'Énergie et président de la réunion, Mohamed Saleh Al-Sada, lors d'une conférence de presse. Bien que le marché montre "des signes positifs", avec notamment une reflux des stocks et une demande résistante, "nous devons accélérer le rééquilibrage du marché", a-t-il ajouté.

Un effet immédiat sur le cours du pétrole

À l'annonce de cet accord, les cours de pétrole étaient en hausse sur les marchés asiatiques. Les cours ont pris jusqu'à 6% et continuaient de grimper dans les échanges électroniques en Asie, bien qu'à un rythme plus faible. Les modalités de mises en oeuvre de cet accord seront discutées lors du sommet de l'Opep à Vienne, le 30 novembre. Un comité de haut niveau va notamment être mis en place pour déterminer les niveaux de production applicables à chacun des pays.

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Ce dernier va également engager le dialogue avec les pays non membres, principalement la Russie, deuxième producteur mondial de brut, pour participer aux efforts du rééquilibrage. Moscou s'est déjà dit favorable à un gel de sa production à son niveau record de septembre. Face au boom des hydrocarbures de schiste américains, le cartel de 14 pays avait abandonné son rôle de régulateur du marché pour adopter une stratégie de défense des parts de marché, en ouvrant à fond les robinets aux dépens des prix. Le niveau de production visé par l'Opep correspond peu ou prou au nombre de barils qui étaient pompés en mars dernier par le cartel pétrolier (32,47 mbj), d'après des chiffres de l'AIE.

La réduction reste toutefois inférieure à la hausse de la production observée sur un an au sein de l'Organisation : en août, le cartel a pompé 930.000 barils de plus sur un an. Les marchés s'attendaient à ce que la réunion d'Alger débouche sur un désaccord. Pourtant, estiment des analystes, un tel accord ne change rien aux fondamentaux du marché. Les analystes de BMO Capital Markets font remarquer que les quotas de production mis en place par l'Opep n'ont pas toujours été respectés par ses membres.

L'Arabie saoudite conciliante avec ses rivaux historiques

Les analystes jugeaient un accord d'autant plus improbable que dès la veille de la réunion, l'Arabie saoudite et l'Iran, grands rivaux au Moyen-Orient, avaient dit douter de la possibilité de trouver un terrain d'entente. Leur rivalité avait déjà fait capoter une précédente tentative de gel concerté en avril, à Doha. Mais le ministre qatari a assuré que la réunion s'était déroulée dans "une atmosphère très positive, reflétant la forte cohérence de l'Opep".

Il avait auparavant répété que Téhéran souhaitait avant tout rétablir ses niveaux de production antérieurs aux sanctions internationales liées à son programme nucléaire, soit environ 4 millions de barils par jour (mbj), voire un peu plus, contre 3,6 mbj aujourd'hui. L'Arabie saoudite, premier producteur de l'Opep, conditionnait dans un premier temps toute réduction de sa production à une mesure similaire de ses pairs.

Mais Ryad a fini par assouplir sa position, affecté économiquement comme les autres par la dégringolade des cours, qui ont perdu plus de la moitié de leur valeur. Le puissant ministre saoudien de l'Énergie, Khaled al-Faleh, avait déclaré que son pays consentirait à ce que l'Iran, mais aussi la Libye et le Nigeria, soient autorisés à "produire aux niveaux maximum qui fassent sens". Ces deux derniers pays, fragilisés par des conflits internes, pompent actuellement très en deçà de leur capacité et ne voulaient pas renoncer à des exportations génératrices de devises.

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Les pays de l'Opep ont convenu de réduire leur production mercredi 28 septembre à Alger, afin de faire repartir le prix du baril de pétrole à la hausse.
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2016-09-29 09:37:00
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