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Israël : avec Shimon Peres meurt le dernier survivant des pères fondateurs

PORTRAIT - L'illustre carrière politique de Shimon Peres, qui s'étale sur plus de 65 ans, a été marquée par son désir d'assister un jour à la coexistence entre juifs et Arabes.

Shimon Peres
Shimon Peres Crédit : Sipa
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Félix Roudaut
et AFP

Il était l'un des pères fondateurs d'Israël. Shimon Peres est décédé dans la nuit de mardi à mercredi 28 septembre des suites d'un accident vasculaire et cérébral à Tel-Hashomer de Ramat Gan, le plus grand établissement israélien, situé à Tel Aviv. Ce vétéran de la politique et fervent partisan du dialogue avec les Palestiniens était une figure inévitable de la scène politique pendant plus de 65 ans, depuis la création de l'État d’Israël en 1948 jusqu'à la fin de son mandat de président, en 2014.

Son illustre carrière politique a été marquée par la signature des accords d'Oslo en 1993, pour laquelle il obtient le Prix Nobel de la paix, de concert avec le Premier ministre de l'époque Yitzak Rabin et le président de l'autorité palestinienne Yasser Arafat. Malheureusement, Shimon Peres est décédé sans voir se concrétiser son rêve : l'établissement d'un État palestinien. Jusqu'à sa mort, il était resté actif à travers son Centre Peres pour la paix, qui continuait de promouvoir la coexistence entre juifs et Arabes, à une époque où les perspectives de règlement du conflit israélo-palestinien ont rarement été plus sombres. 

Il n'y a pas d'alternative à la paix. Faire la guerre n'a pas de sens

Shimon Peres
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Ce monstre politique naît à Vishneva en 1923, dans ce qui était alors la Pologne et aujourd'hui la Biélorussie. Il arrivera à l'âge de 11 ans en Palestine, alors sous mandat britannique. Avec son décès part l'ultime représentant d'une génération de dirigeants qui ont fait leurs premières armes au moment de la création d'Israël. Classé parmi les "faucons" travaillistes, il cautionne les premières colonies juives en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël, alors qu'il est ministre de la Défense dans les années 1970. Une posture à mille lieues de l'image d'homme de dialogue qu'il laisse derrière lui.

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Celui qui rejetait autrefois tout compromis avec les pays arabes hostiles disait avoir été converti après 1977 et la visite historique du président égyptien Anouar el-Sadate à Jérusalem. Une rencontre qui conduira au premier traité de paix arabo-israélien en 1979. "Il n'y a pas d'alternative à la paix. Faire la guerre n'a pas de sens", disait-il en 2013. Le processus de paix a un "objectif clair" : avoir "un État juif appelé Israël et un État arabe appelé Palestine qui ne se combattraient pas, mais vivraient ensemble dans l'amitié et la coopération".

David Ben Gourion rencontré en auto-stop

Shimon Peres entre en politique à 25 ans, sous l’œil bienveillant de David Ben Gourion, le fondateur de l'État hébreu, rencontré en faisant de l'auto-stop. Une longue carrière politique découlera de cette rencontre fortuite avec le "vieux lion", ponctuée de nombreuses déconvenues. En effet, il détenait peut-être le record d'échecs au Parlement, en manquant de décrocher la majorité lors des législatives de 1977, 1981, 1984, 1988 et 1996. S'il s'est relevé à chaque fois, une image d''éternel perdant" lui collera à la peau pendant longtemps.

Deux fois chef du gouvernement (1984-1986 et 1995-1996), ministre des Affaires étrangères, de la Défense, des Finances, de l'Information, des Transports ou encore de l'intégration, Shimon Peres aura eu une carrière politique féconde. Israël lui doit notamment ses puissantes entreprises d'armement et ses industries aéronautiques. Il est également considéré comme le "père" du programme nucléaire israélien

"Shimon Peres a été un président important grâce à son statue particulier dans les capitales du monde entier  et à la dignité qu'il a su restaurer en Israël après l'affaire Moshé Katsav"  son prédécesseur condamné et emprisonné pour viol, notait en 2014 Nahum Barnea, du quotidien israélien Yédiot Aharonot. Après avoir quitté ses fonctions de président, il n'avait rien perdu de sa vivacité et avait continué à sillonner le monde, en tant qu'orateur prisé dans les congrès mondiaux. Cet éternel battant avait confié en 2012 que le secret de sa longévité consistait à faire de la gymnastique tous les jours, à manger peu et à boire un ou deux verres de bon vin. Il précisait qu'il ne dormait que quatre ou cinq heures par nuit. 

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2016-09-28 06:00:00
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