En Côtes-d'Armor, des éleveurs qui ne craignent pas la crise

REPLAY - Les pratiques de Jean-Michel et Jean-Sébastien leur permettent de vivre dignement de leur travail malgré la baisse des cours.

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En Côtes-d'Armor, des éleveurs qui ne craignent pas la crise Crédit Image : Romain Boé Crédit Média : Adeline François Télécharger

Jean-Michel et Jean-Sébastien sont des éleveurs heureux. Des éleveurs "à bon porc" comme les appelle Libération, ce jeudi 18 février. En pleine crise agricole, au milieu de tout ces récits de producteurs pris à la gorge, le quotidien dresse le portrait de deux hommes heureux dans leur exploitation des Côtes-d'Armor.

Jean-Michel d'abord : "J’adore mon métier... Le respect de l’animal, faire naître les cochons, m’inquiéter de ce que je vais donner à manger aux consommateurs. Tout ce que je veux, c’est vivre de mon produit et non de subventions." Et son produit, il l'aime. "Je soigne mes cochons comme je me soigne. Avec des huiles essentielles et de l’homéopathie pour prévenir les problèmes digestifs". Son élevage est modeste : 130 bêtes, capables de produire 3.000 porcs par an. Il subit, bien sûr, de plein fouet la baisse des cours, et, s'il s'en sort, c’est parce qu’il a su limiter ses investissements, tout en mettant de l’argent de côté dans les bonnes années. Il n’a pas davantage investi dans du matériel agricole, et fait appel à des sociétés de service pour ses cultures.

Jean-Sébastien, 37 ans, lui, est élève 600 porcs "Bio" par an, sur l'exploitation juste à côté. Il vend ses bêtes 3,50 euros le kilo, soit plus du triple du cours du porc normal. La crise actuelle ne le touche pas le moins du monde et il revendique un statut de paysan-charcutier : "Je passe autant de temps sur l’élevage ou la culture des céréales que dans la découpe et la transformation." Aucun engrais chimique dans les cultures servant à nourrir les animaux, des porcs élevés sur la paille, aucun vaccin... Les règles sont drastiques, mais elles entraînent aussi peu d’investissements et permettent une indépendance quasi-totale. "Ma réussite  est liée à la désintensification."

Jean-Sébastien et Jean-Michel sont comme une réponse à tous les éditos qui s'interrogent, ce matin, sur la portée des annonces gouvernementales de mercredi. Une illustration aussi de ce qu'écrit Jean-Marc Chevauché dans le Courrier Picard. Il a noté un glissement sémantique : "On a cessé d'appeler les hommes de la terre des paysans, un agriculteur a les mains plus propres. On a cessé de les appeler paysans et on a commencé à les perdre. Le paysan est du pays ; l'agriculteur est de partout. Le pays-an fait corps avec le pays-age ; l'agriculteur l'exploite et le domine. " Pays, paysan, paysage... En tuant ce triptyque, on a tué une singularité pour s'adapter à un monde dont plus personne ne veut aujourd'hui.

Les touristes ont-ils peur de Paris ?

La tour Eiffel avec au premier plan un militaire en arme. La photo est en une du Parisien-Aujourd'hui en France. "Les touristes ont peur de paris", titre le journal qui révèle les derniers chiffres de la fréquentation touristique dans la capitale : -20% depuis les attentats du 13 novembre. Les hôteliers ont beau casser les prix, les touristes ne reviennent pas. Et la désertion a été immédiate. La gérante d'un hôtel de Montmartre raconte : "Le soir du 13 novembre, l'attaque du Bataclan a commencé à 21h30. À 22h05, premier coup de fil d'un client pour annuler sa venue. Le vendredi matin, mon hôtel était plein, le dimanche, il était vide." "La capacité du secteur touristique a remonter la pente sera", écrit Frédéric Vézard, "un bon indicateur de notre force de résistance collective."

De la résistance, il en faut aussi à la lecture de Valeurs Actuelles qui met aussi en une, cette semaine, une photo de la tour Eiffel avec un militaire "Vigipirate" au premier plan. Le titre : "L'attentat qui vient, les scénarios de la terreur". Dans le magazine, il est question de prise d'otage sur un bateau de croisière, d'attaque dans un centre commercial, de voiture piégée dans un lieu public et même de raid dans un village isolé, "façon Oradour-sur-Glane", précise le magazine.

Le bus de la peur

C'est un reportage incroyable à lire dans le Figaro, ce matin : voyage dans "le bus de la peur". Ce bus effectue la liaison entre Beyrouth au Liban et Raqqa en Syrie. C'est le dernier à assurer cette liaison quotidiennement. Un voyage sans garantie des bombardements anti-Daech pour les rares passagers qui tentent le périple. Sans garantie d'horaire non plus. Avant, le voyage mettait 5 à 6 heures, désormais cela peut durer 20 heures... À la gare routière de Beyrouth, c'est le seul bus dont la destination n'est pas affichée sur les panneaux. Elle se murmure comme un nom porte malheur, entre passagers. Raqqa. Le chauffeur du bus, Abou Hassa, a 35 ans,  et il raconte à Delphine Miniou ces voyages au bout de l'enfer, les check-points, les bombardements. À chaque fois, il arrête son bus avant d'arriver en zone Daech à Palmyre. "On vide les portables de photos compromettantes, on parfume le bus pour enlever l'odeur de cigarette, on éteint la musique". Ce boulot, il ne peut pas le quitter car il lui permet d'apporter de l'argent à sa famille restée en Syrie. C'est d'ailleurs le principal motif de voyage des passagers de son bus. "Quand je pars à Raqqa, j'ignore si je reviendrai vivant".

Thé ou café ?

Le journal le Monde nous emmène à Olney, au nord de Londres, à la rencontre des partisans très actifs de la sortie de l'Union européenne. "Je n'aime pas que l'Europe mette le nez dans nos affaires, on n'est plus britannique", dit David, un retraité qui contemple un tract avec satisfaction. La feuille est divisée en deux : en haut, un cliché noir et blanc représentant un nid de poule non réparé sur une route ; en bas, un superbe pont suspendu sur fond de ciel bleu. Il y a 35 millions de nids de poule en Grande-Bretagne. "Mais votre argent part dans des ponts comme celui-ci en Grèce", dit le tract. En une de Libération, ce n'est pas un pont mais un sachet de thé avant le sommet européen de ce soir et cette question : "Tu veux ou tu veux pas ? Si c'est yes c'est bien si c'est no tant pis".

Et puis si l'Angleterre n'est pas votre tasse thé, direction l'Italie avec du café. Le site Slate nous apprend ce matin la mort d'un génie, Renato Bialetti. Il restera a jamais comme le visage de la cafetière du même nom, la fameuse cafetière à moka, que l'on trouve dans tous les foyers italiens et chez les amateurs de bon café. Son usage est simplissime : de l'eau dans le réservoir du bas, du café dans le petit entonnoir, vous vissez, vous mettez sur le feu et vous attendez que ça glougloute. Renato Bialetti aimait tellement sa cafetière qu'il en a inventé un ultime usage, elle lui sert depuis hier d'urne funéraire. what else !

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par Adeline FrançoisJournaliste RTL
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2016-02-18 10:05:00
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