Conflit syrien : des relations de plus en plus tendues entre la Turquie et la Russie

REPLAY - La tension monte entre les deux puissances qui ont des intérêts contraires en Syrie.

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REVUE DE PRESSE 17/02/2016 Crédit Image : Maxime Villalonga Crédit Média : Adeline François Télécharger

En arrière plan, le ciel est tout bleu, pas un nuage, quelques arbres tiennent encore debout au milieu des gravats... Au premier plan deux chars d'assaut en pleine action. "Syrie : la Turquie et la Russie au bord du clash" titre ce matin à sa une, le Figaro. La tension est à son comble entre Moscou qui bombarde les opposants au régime syrien et Ankara qui pilonne les kurdes. En résumé chacun bombarde les rebelles soutenus par l'adversaire. Et l'on parle désormais de risque de conflagration régionale. Un nouveau seuil a été atteint ces dernières heures : la Turquie accusant la Russie de crime de guerre et se dit prête à une intervention terrestre. Pour Renaud Girard, l'heure de vérité est arrivée, 5 ans après le début du conflit syrien. La bataille lancée par la Turquie  est une bataille pour le contrôle des 820 km de frontières qu'elle partage avec la Syrie.

Le Figaro s'est aussi rendu sur une autre ligne de front, à Lesbos, en Grèce,dans le bourbier des hotspots pour migrants. Ici sont arrivés, l'an dernier, quelque 500.000 personnes qui ont rejoint la côte grecque depuis la Turquie. Une délégation de sénateurs français vient de visiter ce hotspot et ce qu'ils y voient n'est guère rassurant. L'envoyé spécial du Figaro raconte la scène qui se déroule dans le baraquement qui sert à l'enregistrement des réfugiés : "Un agent est chargé de prendre les empreintes digitales des réfugiés, et de les rentrer dans un fichier d'identification. Et ça marche lui demande un sénateur français? Oui mais on 'na pas de retour... Comment ça? Le réfugié nous donne l'identité qu'il veut mais l'ordinateur ne sait pas nous dire si la personne est connue du système par ses empreintes. Et alors? Bah on peut enregistrer un Ben Laden ou un Abbaoud, on ne le saura pas.

Ce sont chaque jour 2000 migrants qui arrivent à Lesbos. Chacun pensait que l'hiver allait tarir le flux de réfugiés et permettre une meilleure organisation, mais c'était sans compter le cynisme des passeurs. lls proposent en ce moment des prix réduits pour les traversées par mer agitée. 

Nicolas Sarkozy mis en examen

Sur la photo, l'ancien président apparaît avec les yeux dans le vide, le visage émacié, à l'arrière d'une voiture à la sortie du pôle financier. Il fait nuit, et pour la presse c'est aussi l'avenir politique de Nicolas Sarkozy qui s'est obscurci, mardi 16 février. Un obstacle sur le chemin de l'Élysée, "un coup d'arrêt", "un coup dur", "une nouvelle épine dans le pied", titrent les journaux.

"Nicolas Sarkozy fragilisé", titre le Monde de cet après-midi. "Désormais avec cette mise en examen, c'est évidemment la question de sa candidature qui se pose. C'est-à-dire celle de sa survie politique", n'hésite pas à écrire Jean-Marie Montali, dans Le Parisien. "Sarkozy devra rendre des comptes", titre Libération en une avec un édito étonnamment magnanime de la part de Laurent Joffrin : "la mise en examen si elle n'est pas anodine ne signifie pas la culpabilité", écrit-il. "On doit donc s'arrêter là dans le commentaire : le soupçon, fort heureusement, ne suffit pas à condamner un homme, ni devant la justice, ni devant l'opinion."

"L'affaire Bygmalion c'est un peu", écrit Pascal Coquis dans les Dernières Nouvelles d'Alsace, "le bout de sparadrap du capitaine Haddock, il colle aux basques, passe de l'un à l'autre et revient inévitablement se scotcher sur Nicolas Sarkozy et ce doit être ça le plus douloureux. Ce Sarkozy-là, c'est celui que le Sarkozy d'aujourd'hui voulait faire oublier. Il a écrit un livre pour ça. Pour dire qu'il avait changé, que la politique ce n'était pas mieux avant. Seulement, il y a ce sparadrap qui ne se décolle pas" 

On s'amusera par ailleurs du thème choisi par la revue le 1 : "Politique : comment ranimer la flamme ?" Comment redonner de l'énergie à un système usé, en panne d'idée où les élus sont contestés et caricaturés, les électeurs désabusés ou en colère... Autre réponse possible dans les Inrocks en kiosque ce matin. On y apprend qu'un chercheur américain vient de mettre au point un algorithme capable de générer des discours politiques sur n'importe quel sujet avec une version démocrate et une version républicaine. À quoi bon se fatiguer à répéter des éléments de langage si un robot peut le faire. Cela dit, le coté répétitif c'est aussi une figure de style, on appelle ça l'anaphore, "moi président, moi président"...

Les "ex" du gouvernement reviennent sur le devant de la scène

Une semaine après le remaniement, les langues se délient avec deux interviews. Christiane Taubira qui a démissionné avant le remaniement fait la une des Inrocks. "Rester en négligeant un désaccord majeur, j'en aurais crevé", dit l'ex-ministre de la Justice avant d'ajouter : "Je suis prête au combat", sans préciser quelle sera sa ligne de front.

Et puis, sur l'Obs.fr, première interview de Fleur Pellerin qui raconte comment elle a été évincée du ministère de la Culture en 4 minutes. "Va au spectacle et flatte ! J’avais pris ces mots du président pour une boutade", dit-elle, "en fait ils étaient ma feuille de route. Je n'ai pas assez flatté." Fleur Pellerin dit aussi ne rien exclure pour l'avenir. "Je ne peux pas imaginer une seconde ne pas jouer un rôle dans le destin de ce pays. Je prendrai une initiative dans les prochaines semaines. Je suis et resterai une militante du changement." On lui pardonne cette formule devenue robotique, ça ne fait qu'une semaine qu'elle a quitté le gouvernement !

Le restaurateur anti-banquiers

Ça se passe à Rueil-Malmaison, dans les Hauts-de-Seine, le Figaro.fr nous raconte l’initiative de ce patron d'un restaurant gastronomique qui a décidé d'interdire l'entrée de son  établissement aux banquiers. C'est même écrit sur le panneau à l'entrée "chiens  acceptés, banquiers interdits". Sauf s'ils paient un droit d'entrée de 70.000 euros, soit le montant de l'emprunt qu'il n'a pas obtenu pour lancer un deuxième resto. Il explique qu'il a du se mettre à quatre pattes pour demander ce crédit, et qu'il a essuyé une vingtaine de refus. "Aujourd'hui, les banquiers ne font pas leur métier", dit-il. Son restaurant s'appelle les Écuries de Richelieu, ce même cardinal qui disait que “les grands embrasements naissent de petites étincelles.”

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par Adeline FrançoisJournaliste RTL
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2016-02-17 09:27:00
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