Formule 1 : que faut-il attendre de Renault pour la saison 2016 ?

INTERVIEW / DÉCRYPTAGE - De retour en tant qu'écurie mère après avoir été uniquement motoriste durant plusieurs années, l'écurie française devrait connaître "une saison de transition" avant de pouvoir viser plus haut, comme l'explique Jean-Louis Moncet, consultant F1 pour RTL.

Le pilote danois Kevin Magnussen au volant de sa Renault, le 18 mars 2016
Crédit : Paul Crock / AFP
Le pilote danois Kevin Magnussen au volant de sa Renault, le 18 mars 2016

Comme toujours depuis 1985, à de rares exceptions près, le circuit d'Albert Park à Melbourne est le théâtre du départ de la nouvelle saison de Formule 1. L'une des principales curiosités de ce week-end australien (18-20 mars) consiste à découvrir les monoplaces jaune et noir de Renault, qui fait son grand retour en tant qu'écurie après avoir été exclusivement fournisseur de moteurs de 2011 à 2015. "Le monde de la Formule 1 se réjouit totalement du retour de Renault. Mercedes et Ferrari ont fait énormément pour que Renault revienne. C'est une marque populaire et elle a toujours une perception sportive importante. C'est aussi une bonne nouvelle pour le sport automobile français car Renault fait beaucoup pour cette industrie. C'est une vraie locomotive", observe Jean-Louis Moncet, consultant F1 pour RTL.

Au volant de ces voitures, pas de Français - Romain Grosjean ayant rejoint le baquet du nouveau venu américain Haas - mais deux jeunes pilotes : le Danois Kevin Magnussen (23 ans) et le Britannique Jolyon Palmer (25 ans). Avec eux, Renault compte bien prouver que son retour n'a rien de ridicule, même si son projet s'inscrit plutôt dans la durée, l'objectif annoncé étant d'être totalement compétitif d'ici trois ans. Monts et merveilles ne sont donc pas promis pour cette saison 2016, loin de là.

Une victoire en 2016 serait un miracle

Cette ambition mesurée s'explique notamment par une préparation qui ne s'est pas déroulée dans les meilleures conditions. Après avoir longtemps hésité à rester en Formule 1, à cause d'une dernière année très compliquée en tant que motoriste, Renault n'a officialisé qu'en décembre son retour en tant qu'écurie avec le rachat de la formation britannique Lotus F1 Team. À ces tergiversations s'ajoutent le fait que la structure reprise était à la traîne dans le développent de sa monoplace 2016, comme le confirme Jean-Louis Moncet à RTL.fr : "Sur la fin de saison 2015, Lotus avait quasiment trois mois de retard irrémédiablement perdus parce qu'il n'y avait plus d'argent. De plus, Renault a mis du temps à finaliser le rachat. Si on met tout ça bout à bout, Renault a quatre à cinq mois de retard qu'il faut combler en l'espace de quelques semaines".

Dès lors, comme les chronos réalisés par Renault lors des derniers essais d'avant-saison (11e et 16e) tendent à le montrer, Jean-Louis Moncet considère que "ce serait un miracle que Renault gagne un Grand Prix cette année". 63% des Français croient pourtant à une victoire en course, selon notre baromètre sport Odoxa pour RTL et Winamax. Mais la marque au losange, qui va inévitablement améliorer sa monoplace au fil des courses, devrait plutôt sans doute batailler ferme pour finir dans les points (les 10 premiers de chaque course), à la lutte avec Force India et McLaren, car les performances du châssis et du moteur Renault sont encore bien loin de ce que proposent Mercedes (tenant du titre constructeur) et Ferrari.

Difficile en plus d'imaginer que le duo de pilotes Magnussen-Palmer, quasi inexpérimenté (le premier n'a que 20 GP au compteur, le second est novice), réussira à faire des prouesses avec ces monoplaces. "Renault peut compter sur eux. Ce sont des professionnels. Ils peuvent se révéler, estime tout de même Jean-Louis Moncet. Mais pour l'instant, on sait très bien que ce sont des pilotes de transition".

Crédit : Hone/LAT/Shutterstock/SIPA
La firme au losange a décidé de s'appuyer sur Jolyon Palmer et Kevin Magnussen

Une écurie entre de bonnes mains

Mais ces pilotes de transition ont tout de même pour mission de tout mettre en oeuvre pour promouvoir sur la piste le travail effectué en coulisses, pour être au rendez-vous en 2017 et dans les années futures. A priori, Renault a des raisons d'être optimiste pour le développement de son écurie. En plus de sa bonne capacité d'investissement et de pouvoir compter sur les usines performantes d'Enstone (Royaume-Uni) et de Viry-Châtillon, le constructeur s'est attaché les services de Frédéric Vasseur, "sa meilleure recrue", selon Jean-Louis Moncet. Le Français est en effet connu pour avoir fondé ART Grand Prix, écurie à succès en GP2 (antichambre de la F1) et qui a su dénicher des talents tels que Nico Rosberg, Lewis Hamilton et Romain Grosjean.

Renault reprend donc tout doucement ses repères en Formule 1 avant de pouvoir jouer dans la cour des grands et peut-être revenir à son niveau de 2005 et 2006, années de ses deux titres de champion du monde avec Fernando Alonso. Mais cela passera sans doute par l'arrivée d'un pilote de référence, capable de tirer l'équipe vers le haut. "Pour espérer être champion du monde, il faut engager des pointures qui ne viendront que si elles ont compris que Renault peut le faire", affirme Jean-Louis Moncet. À moins que Romain Grosjean ne réussisse l'impossible avec Haas, il faudra donc encore patienter un peu avant de pouvoir entendre à nouveau La Marseillaise sur un podium de Formule 1. La dernière fois, c'était le 12 octobre 2008 au Japon. C'est Fernando Alonso qui avait triomphé... sur une Renault.

Crédit : AFP
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2016-03-19 10:30:00
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